Angoulême, dernier retour sur un fau(ve) pas…

    A défaut de comique de répétition, le Festival d’Angoulême s’est spécialisé, cette année, dans la rectification et la contrition à répétition et avec retard.

    FIBD-rectifAprès les multiples virages pris pour la désignation du Grand prix de l’année (qui a couronné sans polémique cette fois le Belge Hermann), c’est au tour de la cérémonie de clôture de susciter son mea culpa. En cause, donc, la mise en scène se voulant humoristique de la soirée et qui, incontestablement, a réussi au moins en ce qui concerne l’animation mise dans le petit monde de la BD. Avec l’énoncé de “faux Fauves”, précédant le vrai palmarès.

    Pour ceux qui n’étaient pas dans la salle, le FIBD s’est résolu, ce dimanche, au lendemain de la cérémonie, à publier le verbatim complet des propos de Richard Gaitet, animateur littéraire sur Radio Nova et comédien embauché pour jouer le rôle d’animateur…

    De fait, à froid, l’initiative peut sembler amusante et très innocente. Mais dans l’émotion du moment du palmarès, ou chaque auteur et éditeur nominés joue forcément une partie de son année, c’est autre chose. L’envoyée spéciale du Figaro décrit bien ces sentiments d’humiliation et de cruauté vécus par les personnes présentes dans la salle.

    Surtout quand, jouant l’ambiguité jusqu’au bout le choix des “faux lauréats” se fait au sein de la “vraie” sélection officielle. Voire en récompensant le même album (comme Père et fils, en catégorie patrimoine). Et quand les figures de style animalière caractérisant chaque prix pouvaient être interprété, à chaud, comme une manière justement stylisée et humoristique de présentation.

    Et surtout quand, ce palmarès “alternatif” ne s’avère d’ailleurs pas si incongru que cela.

    Ainsi, pour le « Polar », avec le manga Inspecteur Kurokôchi des Japonais Koji Kôno et Takaski Nagasaki, aux éditions Komikku (au lieu donc de Tungstène), le Fauve du Public, désigné par les librairies Cultura et attribué à Carnet de santé foireuse de Pozla (qui se rattrapera quelques instants plus tard avec le “vrai” prix spécial du jury) ou le Fauve de la meilleure série pour Saga et son “effrayant minou venu des tréfonds du cosmos et criant au mensonge, qui n’est pas sans rappeler Bastet, la divinité égyptienne de la joie du foyer, mais en moins chaleureux“. Une excellente série qui aurait mérité une telle récompense.

    Il en va aussi de même avec le fauve « Spécial », “qui récompense généralement un album un peu bizarre mais quand même sympa”, attribué aux Intrus de l’Américain Adrian Tomine ou au Fauve d’Or pour Arsène Schrauwen du Belge Olivier Schrauwen, aux éditions L’Association.

    A trop jouer avec les Fauves, on risque de se faire griffer.

     

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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