Asgard, Viking of the world

    Asgard, tome 1 : Pied-de-fer, Xavier Dorison, Ralf Meyer, éditions Dargaud, 56 pages, 13,99 euros.

    Asgard, c’est un peu Moby Dick chez les vikings. Ses créateurs ne se cachent d’ailleurs pas de l’influence de l’oeuvre de Herman Melville (au point d’avoir fait la soirée de lancement de l’album avec un “Ciné-BD” associant la projection du film de John Huston). Mais ce diptyque est surtout une belle bande dessinée d’aventures, épique, humaine et d’une grande force.

    Au départ, ce ne devait être qu’une déclinaison de l’univers des Mondes de Thorgal, un simple one-shot, dans l’esprit des XIII Mystery par rapport à la série mère – où Xavier Dorison et Ralph Meyer s’étaient déjà retrouvés pour raconter, non sans talent, l’histoire de la Mangouste.

    Finalement, c’est une histoire à part entière. Et même un sujet avec la consistance pour être décliné au-delà, autour de son personnage central : Asgard, guerrier viking estropié de naissance, paria devenu guerrier d’élite, puis mercenaire misanthrope (ou pas tant que ça ?), au potentiel de vrai héros récurrent.

    Après un rapide – mais déjà intense – prologue en trois planches contant la naissance contrariée d’Asgard et les raisons de la malédiction planant sur lui, on plonge d’entrée dans l’action. Quarante ans après avoir failli disparaître à sa naissance, Asgard, dit “pied-de-fer”, à cause de son amputation et de sa prothèse métallique, retrouve un village de pêcheurs qu’il connaît bien, victime des attaques à répétition d’un monstre marin. A la tête d’une petite équipe hétéroclite, il va partir à la recherche de ce krökken gigantesque.

    Puisant dans les récits historiques, tout comme dans la mythologie nordique, Xavier Dorison brosse un portrait très convaincant de la société viking du Xe siècle, avant de ce centrer sur cette quête du monstre, qui prend la forme d’une démarche de plus en plus personnelle pour son chasseur.

    Ralph Meyer – dont on avait pu apprécier la virtuosité, notamment, dans Page noire, par exemple – retranscrit la violence de cet univers hostile à travers un dessin réaliste très dynamique et des couleurs à dominante froides et métalliques. Une vraie immersion pour un beau et fort voyage au bout des fjords.

     

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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