Atterrissage réussi sur Zarkass

    Piège sur Zarkass, tome 1: une chenille pour deux, Yann, Didier Cassegrain, éditions Ankama, 56 pages, 13,90 euros.

    Ankama avait déjà bien réussi sa promo. Cette nouvelle déclinaison de l’univers de Stefan Wul confirme les attentes. Plus “librement inspiré” que les albums des autres séries en cours, grâce à l’apport jubilatoire de Yann au scénario, ce Piège sur Zarkass propose une vraie immersion dans cet univers foisonnant.

    Le principal apport de Yann, par rapport au texte initial est d’avoir fait des héros… des (affriolantes) héroïnes. En effet, dans ce futur plus ou moins lointain, les hommes s’en sont retournés à leurs vraies priorités (“jeux vidéo, football, philatélie, alcoolisme et homosexualité“) laissant la maîtrise de la société aux femmes, qui dirigent désormais une Terre unifiiée, rebaptisée Gaïa. Autre évolution, les prénoms sont désormais asexués et les prénoms masculins ont la cote pour nommer les fillettes. C’est ainsi que l’on va suivre les péripéties aventureuses de Louis, délicate scientifique et de Marcel, baroudeuse tout juste sortie de prison, embarquées dans une expédition aux objectifs encore mystérieux sur la planète Zarkass. La colonie terrienne établie là subit en effet la menace de mystérieux engins aliens. Et le pouvoir terrien soupçonne le peuple zarkassien (sorte de gros cafards humanoïdes) de double jeu… Un joli terrain de jeu pour déployer tout le joyeux mauvais esprit du scénariste. Mais ce ton humoristique et caustique ne se fait jamais au détriment de l’aventure et de l’histoire.

    Cette plongée dans la jungle zarkassienne s’avère en effet d’une belle richesse. Autant dans la description de la faune et la flore locale (particulièrement pittoresque) que dans la description des personnages. Chenilles géantes (et péteuses), plantes donnant des claques, insectes de toutes tailles, Yann en rajoute aussi, dans le deuxième degré, avec ses références clin d’oeil à la politique actuelle (des prescriptions génétiques Dabinter-Toldo-Veauboir à l’ambassadeur Segolin Lepen…), tout en distillant un récit rythmé et dynamique. Le dessin un peu carré et les planches aux teintes sombres de Didier Cassegrain surprennent au départ, mais il déploie ensuite une belle énergie convaincante pour restituer la luxuriance ambiante. Et, c’est avec impatience que l’on attend donc “les vraies emmerdes (qui) vont enfin commencer” lors de la deuxième partie de ce diptyque drôle et haut en couleurs.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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