“Avec les Vélo maniacs, on est bien calés dans le peloton”

    Comme chaque été, le Courrier picard remet la bande dessinée au goût du jour. Et au rythme quotidien. Première série, débutée ce jour : les Vélo maniacs, opus 10 avec Laurent Jalabert en guest star. Et entretien introductif avec le scénariste, Jean-Luc Garréra.

    Alain Julié et Jean-Luc Garréra, en tandem pour leur série sur le vélo.
    Alain Julié et Jean-Luc Garréra, en tandem pour leur série sur le vélo.

    Il n’y a pas que le Tour dans le monde du vélo, même si elle demeure l’épreuve reine du cyclisme. Il y a aussi tous ces coureurs du dimanche, individuels ou dans des petits clubs, qui empoignent leur vélo (ou leur VTT) dès les beaux jours arrivés pour enquiller les cols ou les kilomètres. C’est un peu du premier et beaucoup du deuxième univers dont traite les Vélo Maniacs, la série de Jean-Luc Garréra et Alain Julié, aux éditions Bamboo. Avec un humour jamais méchant et qui parvient à se renouveler quand même depuis dix albums déjà. Jusqu’au 3 août, les lecteurs du Courrier picard pourront en juger, avec des planches issues du tout récent album, opus 10. Une série de bande dessinée idéale pour accompagner le Tour jusqu’à fin juillet.

    “On avait proposé
    un projet sur le tuning”

     

    Jean-Luc Garréra, comment est née cette série des Vélo Maniacs ?

    Ce n’était pas mon premier choix. Avec Alain Julié, le dessinateur, nous avions présenté un autre projet à l’éditeur… sur le monde du tuning. Et comme cela arrive souvent dans le métier, Bamboo n’a pas vraiment retenu notre idée, mais il a bien aimé la mécanique scénaristique, les gags, le dessin, etc. Olivier Sulpice (NDLR: éditeur chez Bamboo) nous a demandé si j’avais quelque chose dans le domaine du sport. Il voulait développer des collections autour de ce thème, car les Rugbymen commençaient à connaître le succès.

    Le départ de la course: le tome 1
    Le départ de la course: le tome 1…

    … Et vous avez choisi le vélo?

    Comme Alain et moi, nous avons toujours bien aimé le vélo, que l’on pratique dans notre région de Narbonne – où à défaut du Mont Ventoux on a des petits cols très bien pour se casser les pattes – on lui a proposé ça, sans vraiment penser qu’il pourrait être intéressé. Et il a aimé. Aujourd’hui, ça fait dix albums… Et nous n’avons jamais regretté de ne pas avoir pu faire notre série sur le tuning !

    Aujourd’hui, on peut dire des Vélo maniacs qu’il s’agit d’une série qui marche… et qui roule même, bien ?

    Pour le moment, oui. Je touche du bois ! Nous ne sommes pas mal situés parmi les albums de Bamboo. Et, par exemple, pour les dix ans de la maison d’édition, on a fait partie des dix séries choisies dans l’album anniversaire. Nous n’avons pas la chance ni le bonheur d’être au niveau des Profs, bien sûr. Mais on ne se plaint pas ! D’autant qu’une BD sur le vélo, ce n’était pas si évident. Aujourd’hui, on a vraiment la série sur le vélo qui dure. Disons que nous ne sommes pas mal placés dans le peloton.

     

    “Je m’étais dit que si on arrivait à 10 albums,
    je proposerai à Jalabert d’être dans le livre”

     

    Au bout de dix albums, est-ce aussi facile de se renouveler, de trouver de nouveaux gags ?

    Personnellement, plus que jamais ! Il y a encore beaucoup à dire et mon fichier de gags est encore assez fourni. Suivant la thématique de l’album, j’ai des gags qui ne vont pas coller, mais qui pourront resservir. C’est inépuisable. Au départ, on s’était imposé plusieurs thématiques. Et puis Richard Virenque est arrivé un peu par hasard, parce que ses enfants aimaient bien la BD. Donc, j’ai pensé à des histoires avec lui. Après, on a fait un truc sur la Bretagne, ce qui ouvrait encore vers d’autre chose encore. Du coup, les gags non utilisés auquel je pensais au départ s’accumulent. Je n’ai pas d’inquiétude pour la suite.

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    Le tome 10 est paru en ce mois de juin.

    Vous avez déjà pensé au prochain album ?

    On commence à discuter avec notre éditeur, pour voir si on part sur une idée particulière ou si on reste sur un album plus classique.

    Après Virenque, vous accueillez un nouveau champion du cyclisme dans votre dernier album: Laurent Jalabert…

    Nous refaisons un peu ce qui s’est passé avec Richard Virenque. Avant l’expérience avec Virenque, nous n’aurions jamais eu la prétention de proposer à un tel champion d’intervenir comme cela dans la série. Et de le caricaturer, avec son accord. Mais, en croisant souvent Laurent Jalabert, sur le Tour de France, notamment, je me suis aperçu que lui aussi aimait bien la BD. et il était d’accord sur le principe d’être le parrain d’un album. Inutile de préciser que c’est quelqu’un de très sympa et très ouvert. Un grand monsieur. On a donc gardé à l’esprit l’idée. Et je m’étais dit que si on arrivait à dix albums, pour «fêter ça», je lui ferait la proposition. Cela fait un album qui sort du lot.

     

    “J’essaie de construire mes gags
    de telle façon que chacun
    puisse s’y retrouver”

     

    Mais les vrais héros de vos albums, ce sont quand même les cyclo amateurs, comme vos personnages du club de Pignon-sur-Rut…

    C’est cela qui est drôle ! Dès le début, c’était une BD qui était faite pour ça. Si j’avais voulu parler du monde professionnel, du business, de l’effet médiatique, du haut niveau, on aurait pris un autre angle d’attaque. D’entrée, on a voulu s’adresser à « Monsieur tout le monde », aux cyclistes qu’on a été – et qu’on est de moins en moins – Alain et moi. Ces gens qui prennent leur vélo et qui roulent, les membres des petits clubs, des gens qui croient aux valeurs et au plaisir que procurent le vélo.

    Ce côté très «universel» et humain fait d’ailleurs que la série peut faire rire aussi des gens qui ne connaissent rien au cyclisme…

    Je l’espère. On veut en effet s’adresser aussi aux gens qui n’y connaissent rien. J’essaie de construire mes gags de telle façon que chacun puisse s’y retrouver. Celui qui n’y connaît rien doit comprendre le gag. Et le public connaisseur pourra retrouver des allusions, des expressions typiques du cyclisme dans le déroulement du gag. Du coup, beaucoup de coureurs s’identifient à certains de nos personnages.

    Des personnages plutôt sympathiques, d’ailleurs…

    le but est de faire entrer un peu le lecteur dans l’imaginaire du monde du vélo. Il n’y avait rien de vraiment calculé. C’est simplement que j’habite dans un petit village, j’aime bien le vélo, et voilà, j’ai restitué cette ambiance dans la série.

     

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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