Bécassine reprend du service

    COUVERTURE VACANCES DE BECASSINE.inddLes vacances de Bécassine, Corbeyran (scénario), Béja (dessin). Editions Gautier-Languereau, 48 pages, 13,95 euros.

    Il y avait déjà eu Astérix, Corto Maltese, Bob Morane ou tout récemment Gai-Luron. La relance des héros classiques de la bande dessinée s’enrichit d’un nouveau chapitre avec cette fois Bécassine.
    La vénérable petite bonne bretonne, avec ses multiples aventures et 111 ans au compteur quand même, méritait donc bien un peu de vacances. L’opportunité lui en est offerte ici par une carte postale de son ami Zidore, qui lui propose de venir passer quelques jours en Provence. Le séjour, et déjà le voyage pour s’y rendre, va prendre la forme d’un périple à rebondissements pour Bécassine, entre la découverte d’un “bouchon” lyonnais, de la vie sur une péniche ou celle – plus fondamentale – des lois de la pétanque, lorsqu’elle va se voir contrainte de remplacer son ami, blessé à la suite d’un accident d’auto, pour le fameux concours de boules du village…

    [youtube]http://youtu.be/mPv3S0Q79HM[/youtube]

    La tendance croissante à aller ressusciter les vieux héros du 9e art a un côté un brin mordide ou pour le moins conservateur (ou participe tout simplement à l’exploitation cyclique d’un nouveau filon, jouant sur la nostalgie des lecteurs). Il y a cependant une forme de légitimité incontestable à voir la maison d’édition originelle (désormais dans le giron d’Hachette) éditer ce nouvel album. Et une manière de perpétuer et de faire vivre auprès du jeune public cette héroïne du patrimoine culturel hexagonal.
    De plus, si tout le monde n’a pas lu les aventures de l’héroïne du dessinateur amiénois Émile-Joseph-Porphyre Pinchon et de Jacqueline Rivière (puis à partir de 1913, de Caumery, pseudonyme de Maurice Languereau), tout le monde connaît la silhouette du personnage, avec sa coiffe et sa bouille ronde qui paraît avoir inspiré Tintin. Toute chose qui rend familier le retour sur les planches du personnage.

    Ici, Bécassine apparaît donc égale à elle-même : simple, naïve, gentille et serviable (avec son côté “nunuche”, qui agace tant les Bretons), mais aussi déterminée, indépendante et généreuse (ce qui en fait, au yeux de certains, une vraie héroïne féministe).

    Le dessin de Béja s’inscrit au mieux dans la fidélité à l’univers graphique originel, avec des personnages tout en rondeur et une absence de cases qui donne un côté suranné aux pages.

    Reste à voir si l’histoire, ténue et bâtie essentiellement sur des petits quiproquos et des malentendus (le côté “nunuche” de Bécassine qui agace tant les Bretons), a encore de quoi séduire aujourd’hui. Au-delà du côté “patrimonial” de l’album, qui s’accompagne d’une version “luxe” et d’un “album-hommage” d’une trentaine de dessinateurs s’étant emparé du personnage (d’Aurel à Zep en passant par Chabouté, Chantal Montellier, Catel ou Rabaté).

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

    • Voir les commentaires

    • Di Giani

      Étant fan de “ligne claire” j’ai été enchantée par cet album. l’élégance et le raffinement du trait sont remarquables. L’absence de cases donne une liberté au dessin et nourrit l’imaginaire du lecteur. La mise en couleurs est elle aussi très réussie. Une Bécassine revisitée avec beaucoup de tendresse !

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