Camille me fait chanter

     

    Elle est talentueuse, singulière, bien allumée. Camille a donné, jeudi soir, un concert à la Maison de la culture d’Amiens. Et c’était grandiose. Après l’interview, elle m’a demandé de lui chanter une chanson. Je lui chanté “Da Doo Ron Ron”, des Crystals, en yaourt.  Elle a aimé; j’étais aux anges.

    Adorable Camille ! Elle ne dort pas, non; elle fait semblant. En fait, elle pense à moi.

    Qu’est-ce qu’elle est belle! Camille me rappelle Valérie Lagrange que j’ai croisée, à Paris, quand elle avait son âge (34 ans). (Privilège de l’âge : c’est affreux!) Même sensualité du visage; même corps élancé, terriblement féminin. Grâce féline qu’on retrouve sur scène au cours d’un spectacle d’une qualité inouïe, tout en nuance, en intimité (éclairages doux, jeux d’ombres). Piano préparé, guitare, violon, violoncelle, contrebasse. Ambiance musicale acoustique et boisée. Très réussi. A l’issue de cette interview bien cinglée, elle m’a même fait chanter. Listen, lectrices!

     

    Eclairez-nous Camille : vous venez de recevoir un prix, je crois? Lequel?

    Je viens de recevoir le Grand prix de la Sacem. Je n’ai rien eu aux Victoires de la Musique cette année. La remise des prix aura lieu le 25 novembre, mais on le sait avant. Ce n’est pas le grand suspens.

    Le concert de ce soir, à la Maison de la culture d’Amiens dans le cadre d’une tournée?

    Oui, c’est la tournée de promotion de mon disque Ilo veyou qui est sorti il y a un an; la tournée se prolonge. C’est le prolongement de ce disque sur scène, mais je ne chante pas que des chansons de ce disque; j’en chante d’autres. Mais ce sont les titres du CD qui sont le fil conducteur des concerts.

    Qui sont les musiciens qui vous accompagnent?

    On est quatre sur scène : moi; une violoniste qui s’appelle Christelle Lassort; Clément Ducol qui a fait les arrangements du quatuor à cordes du disque mais qui, là, est à la guitare et au piano préparé (on y mis des punaises, du papier aluminium). C’est un piano qu’on a utilisé, sous cette forme, dans le disque et qu’on a réutilisé sur scène. Il y a aussi un contrebassiste qui s’appelle Martin Gamet.

    Gamay, comme le cépage?

    Non, ça s’écrit Gamet. C’est un musicien qui me suis depuis très longtemps, depuis… dix ans. L’ambiance est très acoustique, très boisé.

    Vous disiez que vous aviez trafiqué le son du piano. Vous aimez aussi jouer avec voix. Et détourner, parfois, les instruments de leur son initial.

    Je ne pense pas que je détourne les instruments; les instruments, eux-mêmes, sont pleins de ressources, au même titre que le corps humain qui est un instrument de musique. Mais il arrive qu’à un moment, il se produit une sorte de sclérose; on en oublie toutes les ressources, les caisses de résonance et tout… Ceci dit, je n’ai pas inventé le piano préparé; la musique contemporaine en avait fait l’expérience avant moi.

    C’est peu usité, tout de même, le piano préparé…

    C’est peu usité, c’est vrai, mais à partir du moment où vous demandez aux instrumentistes d’utiliser d’autres sons, ils sont ravis de réaliser des ponts entre la musique contemporaine, la pop, la musique classique… Les musiciens titulaires d’une bonne formation trouvent rapidement plein de choses. C’est pour ça aussi que j’aime les formations minimaliste; là, on n’est pas très nombreux sur scène, ça nous permet de pousser nos instruments. J’ai envie de dire : il y a les instrumentistes mais il y a les instruments également. Les instruments sont des interprètes, eux aussi. Ce sont des personnes sur scène avec nous.

    Et ce sont toujours les mêmes, les instruments sur scène?

    Oui, on retrouve les mêmes. Ils ont leurs déboires car ils sont trimballés dans tous les sens.

    Quel est le prénom du piano par exemple?

    Je n’en ai pas, mais j’y pensais justement…

    Vous devriez leur donner des prénoms. Et la guitare n’a pas de prénom, elle non plus?

    (N.D.L.R. : la mémoire lui revient.) Si, je crois que le violon s’appelle Etienne. Oui, le violon, c’est Etienne.

    Pour le piano, je vous suggère Philippe. C’est un joli prénom, n’est-ce pas? Comme ça vous penserez à moi constamment quand vous serez sur scène.

    C’est d’accord.

    C’est très aimable à vous.

    De rien. Vous voulez qu’on appelle la contrebasse Philippe, elle aussi?

    Non. Je souhaiterais que vous l’appeliez Susie, comme ma compagne. C’est possible?

    Oui, c’est tout à fait possible. Et la guitare?

    Marine. Oui, Marine, c’est le prénom de ma fille. Etienne, c’est le prénom de mon fils. Vous le ferez vraiment?

    Oui, sans problème.

    C’est très gentil. Je vais l’écrire dans ma chronique « Les Dessous chics » qui paraît tous les dimanches (N.D.L.R. : pub!).

    J’espère qu’on pourra l’ajouter au générique; en tout cas, entre nous, on saura que c’est comme ça.

    C’est merveilleux.

    Est-ce que vous pouvez me chanter une petite chanson?

    (N.D.L.R. : Je réfléchis un peu… et je lui chante Da Doo Ron Ron des Crystals.)

    Ca vous a plu?

    J’adore.

    C’est adorable!

    Propos recueillis par Philippe Lacoche

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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