Daniel Darc dans la lumière

    Le livre d’entretiens menés par le journaliste Bertrand Dicale éclaire le regretté rocker d’un jour nouveau. « Son chemin vers la lumière… »

    Qui était réellement Daniel Darc? Difficile à dire. Toujours difficile quand on se trouve en face d’un tel personnage. Longtemps, Daniel ne fut qu’excès de toutes sortes. Il incarna le rock’n’roll à lui tout seul, comme continue de l’incarner l’increvable Keith Richards ou comme l’incarna aussi le sulfureux Johnny Thunders. Les journalistes n’ont pas besoin d’humains; ils n’ont besoin que de légendes. Daniel Darc devint donc, comme Keith Richards, le miraculé. Celui qui a survécu à des doses d’héroïne, aux produits divers, à l’alcool, aux shootes les plus douteux

    Daniel Darc photographié à la Comédie de Picardie, à Amiens, en 2011, avant un concert.

    en une époque où les victimes du sida et de l’hépatite tombaient comme de pauvres petits soldats sous la mitraille de cette maladie fasciste et injuste. Daniel Darc était tout ça, certes; il ne s’en cachait pas. Était-il nécessaire d’en rajouter? Ses albums parlaient d’eux-mêmes. Ils étaient aussi beaux que lui. Aussi purs. Ils ne parlent que d’amour, de mort, de littérature. Daniel était fasciné par l’écriture. Il est certain qu’il eût préféré être romancier, poète, écrivain, que chanteur. Ses paroles sont des nouvelles, de petites histoires, de romans minuscules. Il se fichait de sa carrière comme d’une guigne.Il ne pensait qu’à la taille de son âme. Comme s’il eut voulu se racheter.

    Bertrand Dicale eût pu faire un livre lugubre, mortifère. Il n’en est rien. Il est le fruit de longs et nombreux entretiens que le journaliste a menés. Daniel Darc y parle de ses passions, de ses souvenirs, de des amis, de rock. Beaucoup de rock. Mais aussi de sa démarche spirituelle. «Il y a deux raisons à ce que Daniel Darc ait accepté la proposition que je lui avais faite d’écrire un livre ensemble, selon ce qu’il m’en a dit et que m’ont rapporté ses proches», confie Bertrand Dicale dans la préface éclairante qu’il nous donne à lire. «Deux raisons qui lui avaient fait refuser plusieurs offres de collaboration. Premièrement, nous étions frères en Christ. Nous n’étions pas seulement deux protestants membres de l’église réformée de France. Nous partagions la ferme certitude – et même expérience – que la parole du Seigneur n’est pas une lampe destinée à éclairer en plein soleil, mais qu’elle apporte la lumière dans la nuit.» La deuxième raison: «(…) je n’ai jamais été particulièrement séduit par la mythologie du rock’n’roll et de ses excès.» D’où certainement, le ton singulier et très juste de ce livre.

    PHILIPPE LACOCHE

    «Tout est permis mais tout n’est pas utile», Daniel Darc, entretiens avec Bertrand Dicale. Fayard, 223 p.; 18 euros

    A noter qu’un album posthume de Daniel Darc, intitulé «Chapelle Sixteen», est sorti le 30 septembre. Au moment de sa disparition, en février dernier, il travaillait à la conception d’un nouveau disque avec Laurent Marimbert (qui avait déjà œuvré sur l’album précédent, « La taille de mon âme»). Une bonne partie des voix avait été enregistrée; Laurent Marimbert a eu la tâche d’achever la composition et la réalisation du disque à partir de ces enregistrements. «Chapelle Sixteen» est sorti chez Jive Epic.

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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