Echappée belge pour les “Lulus”

    guerre-des-lulus_t4_couvLa guerre des Lulus, tome 4: 1917, la déchirure. Éd.Casterman, 64 pages, 13,95 euros.

    On les avait suivis, au quotidien, cet été encore dans les pages du Courrier picard. On les retrouve en bloc cette fois, et dans une version (joliment) mise en couleurs pour ce quatrième tome de leurs aventures au milieu de la Première Guerre mondiale.

    À la fin du troisième tome, les « Lulus » des deux auteurs picards Hardoc et Hautière pensaient être tirés d’affaire. Les quatre orphelins axonais toujours accompagnés de Luce, jeune réfugiée belge, avaient réussi à quitter le Familistère de Guise occupé par les Allemands dans un train… qui se dirigeait malheureusement vers l’Allemagne ! Au début de ce nouvel album, onze mois se sont passés. Une ellipse mystérieuse qui dévoilée dans un spin-off à venir, La perspective Luigi, cette fois dessinée par Damien Cuvillier.

    En attendant, les enfants se retrouvent en Belgique occupée en cette année 1917 où la guerre semble devoir être éternelle. Ils sont décidés à accompagner Luce jusqu’à son village, afin qu’elle puisse retrouver sa famille. L’objectif sera, en partie, atteint. Mais avec une part d’amertume et de tristesse, car la guerre n’a épargné personne. Sur le chemin, les Lulus vont aussi faire de nouvelles rencontres, plus ou moins sympathiques: un paysan labourant avec son éléphant, un camelot photographe, « marchand de rêve » faisant songer au personnage décrit dans le film du même nom de Guiseppe Tornatore. Et puis, Léandre, garçon débrouillard peut-être pas si gentil qu’il n’en a l’air…

    D’album en album, La Guerre des Lulus gagne en densité. Et étoffe sa galerie de personnages.  Toujours aussi enlevé, nourri de rebondissements de diverses natures, ce nouvel épisode – conçu comme un grand flash-back – s’assortit d’une plus grande gravité. Car l’échappée belle (et belge, donc) des Lulus se confronte de plus en plus à la réalité de la guerre, même si ces effets les plus durs sont éludés.
    Ce glissement reflète aussi l’avancée en âge des héros. Toujours aussi débrouillards et sympathiques, mais déjà plus vraiment des ados (et la féminité croissante de Luce n’arrange pas les choses).

    Côté graphisme, le trait semi-réaliste de Hardoc est désormais pleinement assuré et gère fort bien l’évolution de ses personnages, qui grandissent subtilement dans les planches d’albums en albums. Le même soin est apporté aux décors et au découpage de l’histoire, qui sait alterner les moments dynamiques et les temps plus propices à l’émotion ou aux sentiments.

    Comme c’est devenu une tradition, l’album s’enrichit d’un « supplément illustré » de croquis et de deux planches extraites du prochain épisode de nature à provoquer une grande attente pour la suite de la série.

    guerre-des-lulus_t4_planche

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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