Fusillés de 14-18 : Frédéric Mathieu fait sauter les scellés

    Dans « 14-18, les fusillés », un livre remarquable et passionnant, Frédéric Mathieu, un chercheur indépendant donne noms, vies et parfois visages à des pauvres bougres qui ont eu la malchance de servir d’exemple.

    Quel a été votre parcours?

    Je suis scientifique de formation. Je viens de Châlons-en-Champagne. Je suis arrivé à l’histoire par passion. J’ai mené de recherches de façon indépendante, essentiellement sur les combattants des XIXe et XXe siècles. J’ai travaillé sur les derniers survivants des guerres napoléoniennes, un travail qui n’avait jamais été entrepris jusqu’à présent. J’ai également travaillé sur les derniers survivants de la guerre de 14-18.

    Pourquoi avoir écrit ce livre?

    En fait, il existait beaucoup de chose écrites sur une cinquantaine de fusillés de la Grande Guerre, fusillés qui avaient été réhabilités. Lors de mes recherches au service historique de Vincennes, j’ai vu que le nombre des fusillés était beaucoup plus important que cette cinquantaine de cas. Je me suis dit qu’il y avait un travail à faire pour apporter quelque chose à la communauté scientifique; c’est ce qui m’a motivé. Quand j’ai mis le nez dans ces archives, j’ai vu des cas très intéressants.

    La cinquantaine de cas que vous évoquiez, qui étaient-ils?

    Il s’agissait de soldats réhabilités ou dont la procédure de réhabilitation avait échoué.

    Comment avez-vous travaillé pour écrire ce livre?

    J’ai lu les travaux du général Bach et de Nicolas Offenstadt qui sont vraiment très intéressants. J’ai utilisé un certain nombre d’éléments de ces travaux qui sont cités dans mon ouvrage. Mais j’ai voulu travailler de façon indépendante, uniquement avec les archives, grâce à une dizaine de sources différentes, dont les fameux dossiers des conseils qui, depuis peu, sont accessibles au grand public et aux historiens. Ils se trouvent à Vincennes. Je me suis rendu compte qu’un grand nombre n’avaient jamais été ouverts; j’ai enlevé les scellés sur les trois quarts des dossiers que j’ai consultés. C’est là que j’ai vu qu’il y avait vraiment du travail à faire. Je me suis rendu compte que je n’étais pas un pionnier, mais pas loin! Et j’ai profité de toutes les archives qui arrivent sur internet. Archives du Ministère de la Défense (les fiches des soldats morts pour la France), les actes de naissance, de décès, les registres matricules… J’ai recopié toutes ces informations, avec les témoignages des soldats qui avaient assisté à ces exécutions et qui avaient témoigné soit dans une lettre, soit dans un carnet de guerre. J’ai essayé d’utiliser toutes ces archives pour retrouver le plus grand nombre de combattants fusillés par l’armée française.

    Selon vous, faut-il réhabiliter les fusillés de la Grande Guerre, et de quelle manière?

    Je n’ai pas fait ce travail dans l’optique d’une réhabilitation, mais dans l’optique d’apporter le plus grand nombre d’informations par le biais de plus de sources possibles, ce pour mieux les connaître, et ensuite pour mener à bien une étude qui constitue la dernière partie de mon ouvrage. Mon but était de mettre ces informations à disposition du grand public ou des politiques pour qu’ils puissent se prononcer pour une réhabilitation individuelle ou collective. A titre personnel, tous les cas que j’ai rencontrés ne méritaient pas de mourir pour des motifs la plupart du temps futiles. Il faut trouver une façon de les réhabiliter… Je ne suis pas spécialiste; j’émets diverses possibilités. J’ai fait mon travail les sortant ces soldats de l’oubli, en les nommant; c’est déjà une forme de réhabilitation. Ensuite, si un grand nombre d’entre eux étaient réhabilités, je serais personnellement très content. Sous quelle forme? Ce n’est à moi d’en décider. Je pense mon ouvrage fait bouger les lignes en ce moment. Personnellement, je ne suis pas favorable à faire une distinction entre ceux qui sont récidivistes ou non récidivistes. Récidivistes ou non, ils ne méritaient pas d’être fusillés.

    Les exécutions ont été nombreuses en Picardie, importante zone de fronts avec les batailles de la Somme et celles du Chemin des Dames. Comment analysez-vous ce phénomène?

    J’ai remarqué que l’armée française exécute au moment où les batailles sont les plus intenses et dans les lieux où les combats sont les plus terribles. On retrouve exactement les mêmes distinctions que quand on analyse les morts aux combats de la guerre 14-18. Sur le front de l’ouest, la Marne arrive en tête et représente 26% des exécutions. Ensuite la Meuse avec 18% (essentiellement dû aux combats de Verdun), arrivent ensuite le Pas-de-Calais et l’Aisne avec 8%, puis la Somme avec 6%. L’Oise arrive avec 5% des exécutions. L’armée française exécute là où elle pense qu’elle doit appliquer une discipline de fer en exécutant des soldats pour servir d’exemples.

    Quels sont les motifs les plus nombreux (abandons de poste, désertions, rébellions, refus d’obéissance, etc.)?

    La très large majorité des motifs sont des refus d’obéissance en présence de l’ennemi, et l’abandon de poste. Concrètement, il peut s’agit de personnes qui désertent, qui quittent la ligne de front et tentent de partir. Il y a aussi des soldats qui ont été exécutés car ils n’avaient pas fait une corvée, ou qui traînaient des pieds à l’infirmerie. D’autres ont été victimes de l’obusite, évacués vers l’arrière. Les gradés n’ont plus de nouvelles; ils décident d’en faire des exemples. Il y a aussi un grand nombre de mutilations volontaires. J’ai dénombré plus de 80 cas. Ce sont des soldats qui, soit volontairement, soit involontairement, se blessent sur la ligne de front. Ils sont accusés d’abandon de poste et d’automutilation. Certains le reconnaissent; d’autres nient mais sont tout de même exécutés.

    Les exécutions sommaires ont-elles été nombreuses?

    L’exécution sommaire, c’est un gradé qui, dans l’instant, tue un soldat qui quitte son poste. C’est impossible à quantifier car, bien évidemment, il n’y a pas de procès. Il n’y pas eu de conseils de guerre. On a des traces par les témoignages de soldats. J’ai dénombré soixante-dix cas environ, mais je pense que ce chiffre est en réalité bien plus important. Il y a aussi l’exécution sommaire plus organisée. Tel haut gradé qui décide, sans passer par un conseil de guerre, d’exécuter le soldat fautif. Il souhaite agir dans l’urgence. Il met en place un peloton d’exécution. Les choses sont faites en règles, sauf qu’il n’y a pas de conseil de guerre. Par exemple, Pétain reconnaît avoir fait exécuter sommairement (devant un peloton) le soldat Henri Burgund (N.D.L.R. : page 205, 206 du livre). C’était un parisien d’origine; il a été exécuté à Sainte-Catherine, dans le Pas-de-Calais, pour désertion.

    Comment réagissaient les autres soldats qui étaient contraints d’assister à l’exécution de l’un ou de plusieurs de leurs camarades?

    A l’unanimité, ils étaient choqués. On a beaucoup de témoignages à travers des lettres écrites aux familles, ce malgré la censure. Des témoignages sont parvenus. Le choc était parfois tel que des soldats s’évanouissaient. On a des exécutions où trois ou quatre soldats qui assistaient perdaient connaissance. Même des arrêts cardiaques.

    Avez-vous retrouvé des éléments sur les gradés qui ont perpétré des exécutions sommaires? Ont-ils été découverts? Ont-ils été jugés après coup?

    Un petit nombre de famille de soldats exécutés ont obtenu des procès en réhabilitation après la guerre. Certains hauts gradés ont été interrogés, mais ce n’est jamais allé au-delà; il n’y a jamais eu de sanctions.

    Les exécutions pour espionnages ont-elles été nombreuses?

    Les cas d’espionnages qui ont donné lieu à une exécution de la condamnation à mort sont minimes. Une poignée. Ce ne sont jamais des espions d’envergure. Ce sont de pauvres bougres qui se sont faits avoir. Et le procès s’est mal passé pour eux. Même le capitaine Paul Antoine Estève (N.D.L.R. : pages 355 et 356 de l’ouvrage) qui serait allé en Espagne, qui aurait rencontré des Allemands pour proposer ses services, n’aurait jamais fait d’activités d’espionnage. Il se serait fait rejeter par les Allemands. Il s’est fait prendre par un courrier adressé aux Allemands. Il faut savoir que les cas d’espionnages sont minimes.

    Parlez-nous des mutineries du Chemin des Dames.

    On a longtemps cru, par méconnaissance, que les fusillés de la Grande Guerre étaient tous des mutins. Or, c’est faux. Car le nombre des fusillés au printemps 17 sur le Chemin des Dames est de l’ordre d’une trentaine. A titre de comparaison, j’ai retrouvé 668 combattants fusillés par l’armée française suite à un conseil de guerre (sans compter les exécutions sommaires). Mais ça reste un épisode intense ce qui s’est produit sur le Chemin des Dames sur une durée d’un mois. Pétain était parvenu à obtenir l’autorisation d’appliquer une justice militaire d’exception comme celle qui existait au début de la guerre. C’est pour cela, appliquant cette justice d’exception, il a pu fusiller une trentaine de soldats. Pétain à l’origine de nombreuses exécutions. Quand il dirigeait le 33e corps d’armée, il en a fait procéder en grand nombre au début de la guerre.

    Y a-t-il eu des cas révélés d’exécutions sommaires lors de la dernière guerre mondiale?

    Par l’armée française, je ne sais pas. Ce que je sais c’est qu’au cours de la guerre de 1870, il a eu des cas d’exécutions sommaires et dans les armées napoléoniennes.

    Quelles idée maîtresse, quelle philosophie, retirez-vous de vos recherches sur ce douloureux sujet?

    Ce qui apparaît c’est qu’une très grande majorité des fusillés de la Grande Guerre, l’a été pour des abandons de poste, des refus d’obéissance, qui étaient extrêmement courants dans les régiments à cette époque; les victimes des exécutions n’ont pas eu de chance : c’est tombé sur eux. Il fallait faire des exemples. Il ne méritaient pas d’être exécutés pour de tels motifs. Je retiens le côté arbitraire des exécutions. On pense maintenant qu’il y a plus de 700 exécutions. On commence à rattraper l’Italie qui compte 735 exécutions. Un siècle plus tard, il me semble nécessaire de réhabiliter la mémoire de plupart d’entre eux. Après, se pose la question de ceux – très très rares – qui ont commis des crimes de sang; là, c’est à chacun de voir ce qu’il pense…

    Avez-vous trouvé des cas de soldats qui ont refusé de participer aux pelotons d’exécution?

    C’est rarement mentionné dans les procédures. Il y a sûrement eu des arrangements. Il est sûr que certains ont refusé; ils étaient envoyés au bagne. L’exécution est codifiée au niveau de la justice militaire. Le pelotons devaient appartenir au même régiment que le fusillé pour l’exemple. Parfois, c’était des soldats de la même compagnie. Il y a quelques rares témoignages des personnes qui ont participé aux pelotons d’exécution. C’est un drame que la personne porte toute sa vie. Déjà c’est drame pour les personnes qui assistent… Les soldats acceptaient car ils avaient peur d’être exécutés eux-mêmes en cas de refus.

    Propos recueillis par

    PHILIPPE LACOCHE

    « 14-18, les fusillés », Frédéric Mathieu.

    Frédéric Mathieu, écrivain, auteur du livre "14-18, les fusillés". Paris, L'Aquarium, boulevard Voltaire,. Octobre 2013

    (2, rue Raymond-Fassin, 92240 Malakoff). 905 p.; 29 .

    Commentez ou exprimez-vous grâce aux emojis !
    0
    J'AIMEJ'AIME
    0
    J'ADOREJ'ADORE
    0
    HahaHaha
    0
    WOUAHWOUAH
    0
    SUPER !SUPER !
    0
    TRISTETRISTE
    0
    GrrrrGrrrr
    Merci !

    Tags:

    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

    • Voir les commentaires

    • LECLERCQ

      Je viens de subir le décès de ma maman , de ce fait au dernier des vivants il faut tout vendre. Après avoir ranger les souvenirs je retrouve une Photo de Militaires certains debouts d autres assis avec un couteau et une pomme de terre dans chaque MAINS cela vous signifie quelque chose MERCI A BIENTOT

    • rudi

      Je suis actuellement en train de traduire un documentaire anglais sur le sujet des activités des psychiatres dans l’armée et notament le rôle du docteur Kaufmann et de sa “cure” pendant la 1re guerre mondiale. En anglais, j’ai “Kaufmann Cure”, connaîtriez-vous l’équivalent français?

      • Philippe Lacoche

        Bonjour, Non, je ne connaîs pas ce sujet; je vous conseille de vous rapprocher de l’Historial de la Grande Guerre, à Péronne, dans la Somme. Peut-être le professeur Duvauchelle, du centre hospitalier d’Amiens, qui a travaillé participé à des colloques et conférences sur les gueules cassées, pourrait vous fournir quelques indications. Bien à vous. Ph.L.

    • viot

      J’ai travaillé sur les fusillés et au fil du temps réussi en en retrouver un grand nombre j’ai comparé ma liste avec celle de Frédéric Mathieu pour en arriver à plus de 750. J’ai été interrogé dans le cadre de la commission d’enquête qui a servi à la réalisation du rapport remis au ministre Kader Arif. Pour plus d’informations Je vous invite à visiter mon blog :
      http://les-blessures-de-l-ame.over-blog.com/

      Cordialement

    • Emile

      Bonjour
      M’intéressant au sujet, j’ai acquis votre livre et en ai tiré une mine de renseignements très intéressants.
      Au final je suis partagé.
      En tant que chercheur, je suis intéressé par la masse de travail effectuée, même si cette liste circulait depuis quelques temps sous diverses formes.
      En tant que citoyen, je suis plus circonspect. Vous citez des cas de personnes, exécutées sommaires, dont les fiches MDH sont Mort pour la France, avez-vous contacté les familles, qui n’étaient donc pas obligatoirement au courant, avant de publier leurs noms?

    • VERNIER

      Bonjour les passionnés !

      Je suis à la recherche de preuves de l’exécution de 3 soldats :

      – Cocrelle Amer du 25° RA fusillé le 4/10/1914. Sur les JMO du 25 RA, il est question ce jour là à RUPT d’une parade d’exécution du canonnier “Co…”(illisible), de la 1ère batterie, condamné à mort pour abandon de poste.

      – PZELLETON Fernand Charles du 54 RI exécuté le 14 mai 1915.
      – THERMEAU Charles du 132 RI exécuté le même jour.

      Avec leurs dates et lieu de naissance, j’ai recherché leur acte de naissance
      sans succès.

      Pouvez-vous m’aider ? Merci !

    • dartiguelongue

      Bonjour,
      Trouve-t-on dans ce livre la liste complète de tous les fusilles ?
      Merci de votre réponse!

    • VIGIE

      L’ouvrage de F. MATHIEU est intéressant et résulte d’un travail de recherche impressionnant.
      Sensibilisé sur ce dossier des “fusillés” de 14-18 par une “affaire” remontant à une dizaine d’année, celle “du Bois des Loges” à Beuvraignes (Somme), provoquée par l’immonde projet de création d’une décharge de déchets ultimes sur 33 des 110 ha d’une propriété boisée privée, lieu qui fut le théâtre de combats successifs de 1914 à 1918 (Batailles de Picardie), le cas des quelques centaines de disparus en ces lieux et aussi et surtout celui du Sous-Lieutenant CHAPELANT fusillé le 11.10 là, blessé, après un simulacre de procès et un injuste procès, j’ai appris de vive voix par un témoin toujours vivant, que le père de l’officier fusillé était venu dans les années 25-30, se renseigner et rechercher l’emplacement de la fosse commune qui contenait son corps.

      Je ne suis pas du tout certain que ses restes se trouvent dans le caveau familial du cimetière communal à Ampuis (Rhône), des affirmations prétendent le contraire. Ayant contacté les services régionaux et nationaux gérant les récupérations, remises aux familles, ou inhumations de restes de combattants retrouvés après guerre, aucune trace du fusillé n’existe, et il est prétendu qu’à Ampuis, son corps n’a jamais été ramené !!!
      Avec d’autres, ils se reconnaîtrons, et particulièrement 2 personnes ayant écrit sur l’affaire CHAPELANT et ce traumatisant dossier des fusillés de 14-18, j’ai œuvré depuis des années afin que le Sous-Lieutenant CHAPELANT soit officiellement réhabilité par les pouvoirs publics, 3 présidents de la République successifs, plus du double de premier ministres, autant de ministres de la défense et aux anciens combattants furent sollicités : mince mais relatif succès, il fut déclaré M.P.F. à la veille du 11.11.2012.
      Ironiquement, est-ce l’occasion, certains prétendent qu’effectivement il est reconnu Mort Par la France !
      L’opération du Centenaire fut lancée officiellement par le Président de la République, coïncidence, le rapport de la commission Prost sortit dans l’ombre, résultat tonitruant : le musée de l’armée serait ouvert aux fusillés, de qui vous moquez-vous, celui qui parle et ceux qui décident en coulisses ?
      CHAPELANT et plein d’autres, une majorité comme reconnaissaient Messieurs JOSPIN et SARKOZY aux commandes du pays en leur temps, doivent réintégrer la mémoire collective de la nation. Cela ne fut que de vains mots………………..

      • paulette malartre

        Je suis originaire de Haute-Loire et je cherche pour un travail d’histoire de la Libre Pensée, des informations sur l’affaire chapelant. Pourriez-vous me donner les coordonnées ( ou me mettre en relation d’une façon ou d’une autre ) avec “les 2 personnes ayant écrit sur l’affaire CHAPELANT” dont vous faites état dans votre commentaire ?
        merci d’avance

        • VIGIE

          Les auteurs sont :
          1°) Philippe PUCCINI
          “EN AVANT” la vie du capitaine LE MOEL

          2°) Christian ROLLAT
          “Les Années Folles 1918-1931 – La Garçonne”

          Ouvrages sortis entre 2004 et 2008.

          • robin des bois

            je suis un infatigable chineur de vieux bouquins sur les thèmes qui m’intéressent . Rayon 14-14, j’ai ainsi mis la main sur
            “Les Crimes des conseils de guerre” de R-G. REAU (aux éditions du Progrès civique- 1926… je pense ???)
            – Le chapitre 3 est consacré à CHAPELANT, des pages 96 à 143
            et il débute ainsi : ” la seule condamnation du lieutenant CHAPELANT, évoquée dès le mois de mai 1920 par le “Progrès Civique” suffirait à déshonorer les cours martiales …”
            – ce bouquin – daté donc de 1925/26 évoque dans l’ordre :
            * Les quatre caporaux de Suippes
            *Vingré
            * Chapelant
            * Brrsot
            * Flirey
            * Herduin et Milan
            * Prouilly
            * L’affaire des gardes- sacs ( !!- incroyable)
            * les mutilés de VERDUN
            * Loiseau
            * Leymarie

    • baccarelliV

      Bonjour,
      Je tenais tout d’abord à remercier monsieur Mathieu pour son livre excellent, et l’énorme travail de recherches qui à été entrepris.
      Je suis une arrière petite nièce d’un fusillé pour l’exemple mentionné dans le livre à la page 558 Luigi Virgo.
      Il n’a plus de descendants. Néanmoins je tenais à rectifier la dernière phrase.
      Mes cousines ma sœur et moi même avons créer une association en 2011 “PER LUIGI VIRGO” et nous l’avons inscrit sur le monument aux morts de son (notre) village natal Casabianca le 9 août 2013.
      Après 97 ans d’attente, juste une place il y restait sur ce monument, une place pour que son nom soit graver à jamais. Il ne sera jamais plus le jeune homme oublié.
      Une cérémonie émouvante en son honneur à été célébrer pour saluer sa mémoire de combattant, trop longtemps malmenée.
      Mais notre combat continue pour la réhabilitation en droit des fusillés pour l’exemple de la Grande Guerre.
      Merci

    • Michel FLORENS

      Merci Monsieur Mathieu pour votre livre. Ce dernier m’a permis de prendre conscience de l’ampleur du phénomène. Je travaille à la réhabilitation du soldat Emile BUSQUET fusillé le 19/10/14 à Chalons en compagnie du Soldat Jeudi de Amage.
      J’ai pu découvrir également d’autres “fusillés” de mon département et notamment un soldat de Castanet 82 dont la condamnation à mort fut cassée par la suite par la Cour de cassation. Pouvez vous me dire où je pourrai me procurer ce jugement
      Merci encore pour cet énorme travail de compilation. “Nous n’avons plus qu’à nous servir”
      Michel FLORENS
      Président de Mémoire 82
      MONTAUBAN 82

    • Groelly Elisabeth

      Bonjour!
      Y-a-t-il une étude qui fasse état des fusillés par corps d’armée ou par région militaire? Merci vivement de me renseigner si vous avez l’information.
      cordialement, ég
      je m’empresse de rechercher le bouquin de Monsieur Mathieu

    • Groelly Elisabeth

      Bonjour!
      Y-a-t-il une étude qui fasse état des fusillés par corps d’armée ou par région militaire? Merci vivement de me renseigner si vous avez l’information.
      cordialement, ég
      je m’empresse de rechercher le bouquin de Frédéric Mathieu

      • Philippe Lacoche

        Bonsoir, personnellement, je ne peux pas vous renseigner. En revanche, adressez-vous à l’Historial de Péronne (Somme). Vous pourriez peut-être y trouver des informations. Bien à vous. Ph.L.

      • robin des bois

        C’est une excellente observation, selon moi.
        J’ai essayé de rassembler des infos, disons à “caractère géographique et sociologique” ,sur les Exécutés de 14-18 : très difficile.
        * les 4/5 d es fusillés sont dans des R.I. rattachés à des zones rurales de la France de 14-18 .
        Mais c’est une “lapalissade “, car vous prenez la” carte des morts pour la France par “département de recrutement”, et vous aurez là aussi une photographie parlante .(CF les départements bretons et certaines zones du Poitou et du Massif central)

        **** Sont-ils “Ouvriers” ou bien “Paysans” … “Parisiens” ou ” Intellectuels” ? (ah que voilà une bonne question !)
        – en 1914 et 1915 ?
        – lors des mutineries de 1917 ?…
        … … dcésolé, je n’ai pas trouvé de réponse satisfaisante.
        – il y a aussi des “chiffres et des coïncidences bizarres” :
        par exemple en 1916, 6 soldats de mon département actuel (44) ont été fusillés pas aux mêmes dates !)
        * et d’abord vous n’aurez de “chiffres officiels” que pour les “Fusillés pour l’exemple”, ayant enclenché la “procédure des Conseils de guerre” ;
        même en ce domaine, il y a déjà eu plusieurs “réévaluations, notamment à l’occasion du centenaire 14 .

        * les “Exécutions sommaires ” : il n’y a “rien de rien “, sauf
        – quelques témoignages de combattants , voire des traces dans certains JMO !!!(mitrailleuses en action en première ligne sur les fuyards)
        – beaucoup de “victimes d’ exécutions sommaires” restent officiellement “Morts pour la France ” ! Alors

        * Pour moi, restent aussi dans le flou les dossiers :
        -même des “exécutions pour l’exemple” concernant tout particulièrement la ” Force Noire” de MANGIN, dites aussi ” troupes coloniales” .
        – de ce que j’appelle les “attaques suicides”, véritables boucheries humaines ; par ex :
        *les 2 tentatives de reprise du fort de DOUAUMONT ( Mai et Juillet 1916)
        * le “Chemin des dames ” de 1917… etc
        A noter SVP que, dans ces 2 exemples, Nivelle et Mangin ont su utiliser- à forte dose- la “Force Noire”, qui a également servi à reprendre DOUAUMONT en Octobre 2016 ( sans “véritable résistance”, parait-il !!!)

        *** Pour en revenir à la liste des Fusillés pour l’exemple – via Internet- j’ai au moins trouvé ce lien Wiki :
        http://fr.wikipedia.org/wiki/Soldat_fusill%C3%A9_pour_l%27exemple

        Bonne continuation …

    • bernard bruyère

      Bonjour, je cherche Augustin ARTAUD né en 1870 à Le Monastier sur Gazeilles (43) classe 1890 n° de matricule militaire 344, déclaré insoumis le 15 mai 1915, que lui est-il advenu ? date et lieu de décès inconnus ?
      Merci d’avance pour toutes informations le concernant
      Bien cordialement
      bruyere.bernard@wanadoo.fr

    • RIGAULT CLAUDINE

      Je cherche des renseignements sur des “fusillés pour l’exemple” de l’OISE : *CROIZE Albert – Grandfresnoy
      *MACKEN Ernest François de Rully
      Pouvez-vous me dire si vous avez des renseignements sur ces personnes . Merci

    • VIGIE

      Les informations concernant ces 2 fusillés se trouvent dans l’ouvrage de F. Mathieu.
      CROIZE Albert né le 22.04.1879 à Canny-sur-Thérain a été fusillé le 3.03.1916 à Chaudefontaine Marne. Il repose dans la nécropole nationale de Ste Menehoulde (Tombe 2666). Il totalisait 15 condamnations dont 4 par des conseils de guerre. Son nom figure sur le livre d’or des morts à la guerre de 14-18 de la mairie du 10è arrondissement de Paris.
      MACKEN Ernest né le 3.11.1889 à St Denis a été fusillé à Vanémont Vosges le 07.09.1914 avec 5 de ses camarades. Son nom figure sur le monument aux morts de Liancourt Oise.

    • jehanne david

      bonjour

      je recherche des informations sur Eugène Bouleau(x) né le 26 janvier 1890 et fusillé le 12/09/1914 en même temps qu’Alfred Bayard dans la Marne.

      bien à vous

      • VIGIE

        Selon l’ouvrage de F. MATHIEU, Eugène BOULEAU, soldat au 128è R.I. fut condamné à mort et fusillé le 14.09.1914 à Vouillers (Marne). Il avait 24 ans et son acte de décès fut transcrit à la mairie de Plaintel (Côtes d’Armor) en 1919. Il ne serait pas inscrit sur un monument aux morts mais répertorié dans les archives nationales “NMPF”.

    • robin des bois

      Bonjour Monsieur ,
      Je me suis intéressé :
      – aux témoignages directs des POILUS dans la Guerre 14-18
      – puis au dossier des “Fusillés pour l’exemple ”
      – ensuite à celui des mutineries de 1917 ,
      et pour finir à celui des “Exécutions sommaires “, proches des “Crimes de guerre”….
      Il faut dire aussi que cet intérêt pour 14-18 est lié au fait que l’un des “arrière grands- pères” (par leur mère) de mes propres enfants (4) est “mort pour la France” le 12 avril 1916 à ” Bois Caurettes près Cumières /MORT HOMME (sic selon la fiche MdH), avec 34 autres simples poilus du 251e RI (CF le JMO de ce régiment)

      Et oh Surprise , avec le centenaire de 14-18 , je me suis mis à relire les JMO des Divisions et RI …dont ceux due 251eRI et de la 69e DI…
      BINGO : sur le JMO de la 69 e DI, à laquelle était rattaché le 251e RI, au 12 avril 1916 , à 08 heures , il y a ceci écrit manuscritement :
      [ 8 heures – le Colonel GAUCHER, Cdt la Bde A, rend compte que des hommes des compagnies du 251e en 1re ligne, soumises à un bombardement excessivement violent, ont reflué en assez grande quantité.
      Il donne l’ordre de mettre une mitrailleuse en batterie et de tirer sur les fuyards…..]
      Ben voilà … qu’en pensez-vous SVP ?

      (je peux vous donner les références des JMO du 251e RI , de la 69e DI de la fiche Mdh de l’arrière grand-père de mes enfants .. etc etc)
      Questions SVP :
      – peut-on être officiellement “Mort pour la France”, et avoir été en même temps “mitraillé officiellement en 1ere ligne ” par ses supérieurs militaires ? (Gaucher étant planqué dans son PC de CHATTANCOURT , pendant ce temps là !)
      – peut-on- 100 ans après- exhumer un “mort pour la France” pour le faire autopsier ???

      ……”Ah Dieu, que la guerre est jolie “

    • robin des bois

      * le JMO du 251e RI au 12/04/21916: voir le bilan, en bas en gauche
      [img]http://i.imgur.com/gg1BRyO.jpg[/img]

      * le JMO de la 69e DI au 12/04/1916 : voir au milieu de la page de droite
      [img]http://i.imgur.com/i0g31Dn.jpg[/img]

      * sur le lien suivant
      http://www.francegenweb.org/b1914-1918/resultrgt.php
      on obtient une liste de 34 soldats (et non 35 : à revérifier SVP) du 251e RI morts pour la France le 12/ avril 1916 à Bois Caurettes près Cumières /MORT HOMME…
      …..et parmi eux l’arrière grand-père de mes enfants : ” Mort pour la France” grâce aux Mitrailleuses agissant sur ordre officiel -couché sur le JMO- du “Colonel GAUCHER, père du régiment “.!!!
      Peut- être, faut voir !!!!!

    Your email address will not be published. Required fields are marked *

    comment *

    • name *

    • email *

    • website *

    Vous aimerez également peut-être

    Cixi…et de trois !

    Cixi de Troy, le Secret de Cixi, tome 3, de Christophe Arleston, Olivier Vatine ...

       L’imagination flamboyante de Didier van Cauwelaert

         Son excellent dernier roman, « On dirait nous », n’est pas sans rappeler les ...

    Dans sanguines de Patrick Besson

    Avec « Déplacements », il nous propose d’exquises esquisses recueillies  dans un carnet de voyages élégant, ...

    Chaos debout à Kinshasa : retour réussi sur le “combat du siècle”

    Chaos debout à Kinshasa, Thierry Bellefroid (scénario), Barly Baruti (dessin). Editions Glénat, Collection « hors ...

    Nouvelle vente aux enchères D.Maghen & Christie’s avec Rosinski en vedette

    Ce samedi 17 juin, l’éditeur-galeriste Daniel Maghen et Christie’s Paris organisent leur cinquième vente ...

    Le top 5 du Grand prix 2014 de l’ACBD

    Les membres de l’ACBD ont retenu, ce samedi dans le cadre du festival BD ...