Henri l’ambigu et ses petites natures mortes en famille

       

    L'excellent peintre Henri Sarla à la galerie Pop Up, à Amiens, tenue d'une main douce par la brune Mélanie.
    L’excellent peintre Henri Sarla à la galerie Pop Up, à Amiens, tenue d’une main douce par la brune Mélanie.

    Qu’ai-je fait ces derniers jours, lectrice soumise comme une fille du 9 mars (Note à ma lectrice adorée – NAMLA : si on ne peut plus plaisanter !) ? J’ai interviewé le jeune François Crimon à la terrasse du Forum, à Amiens. Il faisait beau ; François, adorateur du rock’n’roll, portait ses habituelles lunettes de soleil. Au cours de la séance de photographies, je lui ai demandé de les retirer. Et je me suis demandé s’il avait les yeux de son père Jean-Louis ou de sa mère Sophie, qui sont tous deux mes amis. (NAMLA : en reportage, je me pose toujours des questions existentielles, philosophiques.) Ensuite, je l’ai questionné sur une jeune fille qu’il connaît très bien et que j’aimerais mieux connaître qui réside tantôt à Londres, tantôt en Picardie. C’est aussi ça, le plaisir d’interviewer les jeunes chanteurs beaux et adulés par les poulettes ; nous, vieillards lubriques, délurés mais toujours verts, on peut espérer, par leur entremise, quelques bonnes fortunes. En interviewant Georges Brassens, je n’aurais pu espérer que rencontrer Fernande. Avec Bécaud, Nathalie qui, je le lui souhaite, est restée à l’Est, bien tranquille. Mais le mur de Berlin a été démoli par le capitalisme triomphant, et qu’est devenu Nathalie ? En tout cas, moi, grâce au petit Crimon, j’ai eu des nouvelles de la poulette, grande didiche brune, perchée sur ses hauts talons qui lui font ressembler à une grisette ou à une égérie des Stones époque Brian Jones. En parlant de jolie brune, je suis allé à la galerie Pop up – tenue avec grâce et élégance par Mélanie – pour y assister au vernissage de l’excellent peintre belge Henri Sarla. Agé de 55 ans, venu d’un village situé entre Dunkerque et Ostende au nom imprononçable, m’a-t-il dit, il exposait neuf huiles superbes inspirées « par la retransmission fantastique du passé, de mon passé par les filtres de l’image ». « J’avais 11 ans quand les Beatles se sont séparés », poursuit-il. « Dans mon patelin, c’était comme avant-guerre alors qu’on était en période hippie. J’ai toujours fantasmé sur cette période 1966-67, surtout sur l’esthétique. On ne fera jamais mieux en matière de musique. » Henri est resté dans son patelin jusqu’à ses 18 ans. Puis il a travaillé comme graphiste, photograveur en imprimerie et professeur de dessin. Devenu peintre, il utilise les photos de famille comme matière première ; celles de ses voisins, de ses amis ou d’inconnus. « Mes personnages sont comme des natures mortes. Ca apporte une ambigüité supplémentaire. Et j’aime tout ce qui est ambigu. Mes mariés, on les voit bien au sommet d’une pièce montée. » Il y a aussi un sublime tableau sur lequel on voit un paquet de Lucky Strike dépasser du slip de bain d’un garçon. Henri Sarla est épatant. Comme si Hopper avait pris une cuite avec Bacon et Magritte au cœur des sixties en écoutant  Captain Beefheart.

    Dimanche 15 mars 2015.

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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