Il était une fois dans l’Ouest

    Loup de pluie, tome 1, Jean Dufaux, Ruben Pellejero, éditions Dargaud, 48 pages, 13,99 euros.

    Le western se porte bien cet automne, après les 7 pistoleros de et les histoires de cow-boys texans de Lewis Trondheim et Matthieu Bonhomme, c’est au tour de Jean Dufaux d’aller faire un tour dans l’Ouest américain. Il le revisite dans une veine classique et respectueuse du genre. Mais avec majesté et le lyrisme de la saga légendaire.
    L’histoire, telle qu’elle nous est contée à travers un grand flash-back débute en 1860. Plus vraiment le temps des pionniers et pas encore celui de la civilisation. Mais c’est déjà la fin pour le peuple indien, asservi et cohabitant avec des blancs de plus en plus envahissants, notamment grâce aux trains que le magnat des chemins de fer, Vincent Mc Dell fait avancer toujours plus vers l’ouest. Pour autant, la famille Mc Dell est plutôt un modèle de coexistence pacifique avec les indiens. Mais, lorsque Loup de pluie, leur ami, tue en légitime défense un vaurien blanc, la tragédie s’enclenche. Implacable.

    Duel au soleil devant un saloon, vengeance familiale, bande de hors la loi sans foi ni loi, amour impossible entre un jeune blanc et une gentille squaw, trappeur mystérieux à la recherche d’un bison blanc mythologique, prégnance des légendes indiennes, etc. Romanesque et complexe, Loup de Pluie, présente une vision crépusculaire du far-west, au moment ou les grandes plaines commencent à se voir progressivement occupées. Si la narration de Dufaux emporte l’adhésion d’entrée, par la façon dont il campe les personnages et fait avancer le récit en multiples ramifications sans jamais perdre le lecteur, le dessin de Ruben Pellejero – élégant, mais assez particulier, avec ses forts contours noirs, rehaussé d’applats colorés appuyés – peut plus perturber. Mais la force des personnages et la puissance des paysages somptueux envoûtent progressivement. Et l’usage de la voix off de la narratrice, dans un style et avec un effet qui rappelle celle du personnage de Terrence Hill dans Mon nom est personne (un des films que j’aime le plus ) accentuent encore la dimension légendaire de cette aventure, bien sur ses rails à mi-chemin de ce diptyque.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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