Jean-François Danquin passe les écrivains en revue

    Jean-François Danquin, peintre, écrivain. exposition librairie du laryrinthe, à Amiens; ici avec un portrait de Roger Vailland. Octobre 2013.

    C’est toujours un plaisir pour moi de croiser le peintre et écrivain Jean-François Danquin. Je le voyais plus souvent lorsque j’habitais dans le quartier Saint-Leu où il réside.Il n’était pas rare que nous nous conversions, rue du Don.Rock’n’roll et littérature, bien sûr. L’homme est un fin lettré. Un esprit libre, capable de goûter les sprints fulgurants de Paul Morand (auquel il a consacré un travail universitaire) que les considérations marxistes et aristocratiques de Roger Vailland. Nous avons en commun une foule de romanciers et nouvellistes, les plus divers, les plus paradoxaux: de Marcel Aymé à Jacques Perret, d’Henri Calet à Emmanuel Bove, de Blaise Cendrars à Louis-Ferdinand Céline. On retrouve bon nombre d’entre eux parmi les quelque cinquante portraits qu’il a accrochés, il y a peu, sur les murs de la jolie librairie de Philippe Leleu, Le Labyrinthe, à Saint-Leu. (On peut voir les œuvres jusqu’à la fin du mois d’octobre.) Roger Vailland, bien sûr (pour me faire plaisir, il a brandi ce tableau au moment de la photo), mais aussi Raymond Carver, Jules Verne, La Fontaine, Émile Zola, Georges Darien, Jacques Darras, Michel Houellebecq. Rien que du beau monde. Du monde, il y en avait lors du vernissage. Et comme il faisait beau, Philippe, le maître des lieux, avait installé une table dans la rue, avec vin et jus de fruits. Les conversations portaient sur les superbes peintures de Jean-François, des acryliques sur carton, mais aussi sur l’air du temps, bruissement de la vie culturelle amiénoise. Miettes de vie, de pensée, dans l’air doux de Saint-Leu par une tiède soirée d’automne. L’a-t-il vu? Mais je suis persuadé que Jean-François eût aimé le film Gabrielle, de Louise Archambault, projeté au Ciné Saint-Leu. Il n’y a que les Canadiens pour s’attaquer à des sujets aussi difficiles sans tomber dans le larmoyant ou le pathos. Gabrielle et Martin, deux jeunes déficients mentaux, se sont rencontrés dans la chorale Les Muses de Montréal. Ils s’aiment comme des fous. Mais la chose n’est pas forcément bien vue dans leur entourage… Gabrielle doit prouver son autonomie car elle rêve de vivre avec Martin dans un appartement. En attendant, ils répètent car la chorale doit chanter avec Robert Charlebois. Ce film magnifique, terriblement émouvant, est poignant d’un bout à l’autre.

    Dimanche 27 octobre 2013

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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