La misère n’est pas plus belle au soleil avec les Poissart

    LES POISSART AU PARADIS, Didier Tronchet, ed.Drugstore, 48 pages, 10 euros.

    J’ai une tendresse particulière pour les Poissart, la famille “pauvre-mais-fière” créée par Didier Tronchet, au milieu des années 80 dans ses Damnés de la terre Associés, chez Albin-Michel. Une trilogie qui m’a servi de porte d’entrée pour découvrir l’univers de l’auteur nordiste. 

    Au sens de l’observation, de l’anecdote et du “petit fait vrai” restitués par l’ancien journaliste localier, s’ajoutaient merveilleusement un sens de la satire sociale – mais avec une certaine tendresse pour tous ses personnages de loosers, aussi pitoyables fussent-ils – et son trait devenu caractéristique, qui font toujours de ces albums un des sommets de l’humour noir.

    On peut donc déjà se réjouir de voir la trilogie initiale ré-éditée par Glénat, dans sa collection Drugstore, en quatre tomes et une nouvelle maquette.

    A cela s’ajoute donc ce nouvel album inédit, Les Poissart vont au paradis. Mais, en délaissant les histoires courtes précédentes, la force du propos s’émousse et peine à tenir vraiment la distance du 48 pages. Le propos, lui, restait pourtant bien dans l’esprit de la série.

    Extrait de la seconde planche des "Poissart au paradis".

    Suite à un hasard fortuit, les Poissart, vivant toujours dans leur caravane perchée au milieu d’une décharge, récupérent le billet gagnant de la tomberie truquée montée par le directeur du sanatorium, afin de faire gagner les Landry, riches bourgeois “bienfaiteurs” de l’établissement. Au final, les deux couples, le directeur et son infirmière-chef se retrouvent tous pour un voyage organisé dans un hôtel africain. De quoi se confronter à un nouveau choc des cultures.

    Si l’on apprécie de retrouver nos chers héros, ainsi que quelques autres – comme l’animateur M.Paintex – le dépaysement du Nord au sud ne leur réussit pas vraiment. La caricature se fait plus grossière, moins empathique et subtile que dans les précédentes histoires. Pas déshonorant et pas de quoi dépareiller dans la famille des personnages de Tronchet. Mais pas le paradis annoncé non plus.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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