La poudre blanche m’inspire et me rend nostalgique

    Je suis partout, lectrice. Non pas, lectrice fessue et anxieuse, que j’aie rejoint, par un bond dans le temps, le célèbre hebdomadaire, principal journal collaborationniste et antisémite français sous l’occupation nazie. Non, le Courrier picard, bien-aimé journal issu de la Résistance, ancienne coopérative ouvrière, accueille toujours ma plume toxique et délurée. La preuve. Oui, disais-je, je suis partout. Même à la Maison de la culture d’Amiens où le professeur Bernard Devauchelle s’est vu remettre la Légion d’honneur des mains de l’excellent Olivier de Baynast, ancien magistrat et président de la fondation de l’Université de Picardie. La cérémonie ne manquait pas de tenue ni de charme. Bernard Devauchelle évoqua son parcours sur les mélodies soyeuses du piano de Sandra Moubarak et du violoncelle d’Anthony Leroy. Le récipiendaire est un littéraire; c’est indéniable. Un homme qui cite Céline et Rilke n’est pas seulement un grand médecin; c’est aussi un amoureux des lettres et des arts. À la faveur du cocktail, je me suis retrouvé à la table de Jean Devauchelle, avocat honoraire, spécialiste en droit social, et de Myriam, son épouse. Jean Devauchelle n’est autre que le frère de Bernard Devauchelle. Il m’a raconté par le menu leur enfance, leurs jeux dans le moulin familial du quartier Saint-Leu, où quartier SBernard Devauchelle, au centre, notamment en compagnie de Didider Cagny, délégué régional France 3 Picardie. ils détournaient des diables pour en faire des carrioles et dévalaient de petites pentes pour se retrouver dans les sacs de farine qui explosaient. Le lendemain, j’étais encore dans la poudre blanche jusqu’au cou. (Non, lectrice suspicieuse, il ne s’agit pas de ce que tu crois.) Cette fois, c’était la poudre de nacre du très beau et passionnant musée de la nacre et de la tabletterie, à Méru, dans l’Oise. La visite me passionna. Sur place, je ne cessais de penser au regretté Paul Morelle (1917-2007), critique littéraire au Monde, dont je fus l’ami, et qui était originaire du secteur. Rarement, je n’ai rencontré homme plus fraternel, plus authentiquement de gauche. Paul fut un grand résistant; un grand journaliste littéraire aussi. C’est lui qui me fit découvrir Emmanuel Bove et d’autres écrivains qui, par la suite, ne cessèrent de m’accompagner. Ce fut lui, encore, qui relança le Prix Populiste après que celui-ci fut tombé en désuétude. Oui, je pensais à Paul Morelle, à mes années beauvaisiennes. Les odeurs de l’usine Spontex dans les petits matins d’automne quand un fait divers m’avait arraché de mon lit et que je devais parcourir la campagne, propulsé par l’énergie de mes jeunes années. La poudre – farine et nacre – m’inspire, lectrice. Et me rend nostalgique. Je ne suis décidément bon qu’à ça.

    Dimanche 16 octobre 2016.

     

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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