Adam et elle, tome 2, Gwen de Bonneval, Mickaël Sterckeman, éditions Glénat, 48 pages, 12,25 euros.

    Le deuxième volet de ce diptyque amoureux est un bon reflet du précédent. Le premier tome mettait du temps à se mettre en route avant, dans les dernières pages,  de démarrer. Celui-ci commence sur un tempo plutôt enlevé avant, malheureusement, de retomber dans un rythme atone et de se clore sur une frustrante sensation d’inachevé. Ou plutôt jamais vraiment commencé.

    Auteur de BD en mal d’inspiration, Adam cherche donc aussi – surtout – à se sortir de la machination maladroite et tordue qu’il avait mise en place pour tester les sentiments de sa nouvelle compagne Juliette. Se faisant passer pour un autre, échangeant de longs mails de plus en plus intimes, il se voit contraint de mettre dans la confidence un ami acteur, afin que celui-ci endosse le rôle de l’amant virtuel pour un prochain premier “vrai” rendez-vous. Début de nouveaux problèmes et de quiproquos… Une confusion renforcée, pour le lecteur, par la difficulté toujours manifeste à y reconnaître les personnages à travers le dessin, un brin confus, de Michaël Sterckeman.

    S’il s’agit de caractériser les “errements psychologiques et amoureux d’un jeune citadin“, comme le précise le dossier de presse, Adam et Elle peut être considéré comme une réussite. Mais il n’est pas obligé – ni surtout plaisant – de les accompagner. Et l’album, promotionné comme un surgeon du cinéma de la Nouvelle vague, se découvre au final nettement plus vague que nouveau. Et, pour tout dire, assez agaçant.

    Ce qui est amusant avec Adam et Elle, c’est qu’on a clairement l’impression d’assister à tous les travers que peuvent connaître un auteur. À commencer par la mise en abyme de l’ouvrage où le personnage principal n’est rien moins qu’un auteur de BD (même si ce n’est pas son activité principale). Comme dans beaucoup de romans qui ont pour personnage principal un auteur et beaucoup de films des acteurs ou réalisateurs et qui sont souvent des premières œuvres. Et on a l’impression que Adam et Elle en est une. On est quasiment dans le « meta », dans le discours sur le discours, genre à la mode dans lequel le personnage réfléchit au statut de l’œuvre à laquelle il appartient.

     

    Et comme, graphiquement, le trait de Sterckeman est toujours aussi brouillon et confus

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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