Le bistrot de la dame blonde des temps anciens

    Ghislain Quétel et Rémi Mauger, journaliste à France 3 Basse-Normandie.

                   Il y a peu, Rémi Mauger, journaliste à France 3 Basse-Normandie, m’appelait au journal. Il souhaitait que nous voyions car il devait suivre Ghislain Quélel, un retraité de Cherbourg, passionné d’histoire locale et de généalogie, qui, depuis, des années, enquête sur l’histoire de sa propre famille, et en particulier celle de son père André, résistant de Touques, près de Deauville. Ses recherches l’ont mené jusqu’à Odette Dagniaux, 88 ans, pensionnaire de l’EHPAD de Longueau, qui fut l’amour de jeunesse d’Emile Louvel, courageux résistant massacré par les Allemands sur la plage de Deauville. En 1943, il était passé par Amiens où il avait fait la connaissance d’Odette. Coup de foudre. Une belle histoire. Après divers appels lancés dans les journaux, Ghislain est parvenu à retrouver l’octogénaire, résistante elle aussi. Il a fait sa connaissance il y a quelques jours, à Longueau. Emotion intense. Une équipe de France 3 Basse Normandie filmait la rencontre, sous la conduite de Rémi Mauger. J’ai connu Rémi en école de journalisme, à Tours. Il était dans la promotion 1976-1977 ; j’étais dans celle de 1975-1976. Nous avions sympathisé. Et, quand le midi, nous avons déjeuné ensemble, les souvenirs fusaient. Des noms de copains surgissaient entre deux bouchées. C’est étrange la vie qui file. Des visages de filles. Le goût de la bernache (le jus vert du vin jeune et laiteux) à l’automne, dans les bistrots du vieux Tours avec mes copains Jean-Luc Péchinot, Alain Bertrand, Loïc Gicquel, Rémi Mauger et tant d’autres. Certains sont devenus journalistes ; d’autres pas. Disparus, éparpillés dans cette France giscardienne qui commençait à subir les premiers effets de la crise pétrolière. Sur l’écran de la télé, à la cafétéria, il y a avait Roger Gicquel ou Yves Mourousi. La Loire coulait, tranquille, sous le pont Wilson qui ne s’était pas encore écroulé. Je logeais dans une chambre minuscule, rue Losserand, près du Pont de Fil. L’hiver, il faisait un froid sibérien. Je me réchauffais les neurones en lisant J’suis pas plus con qu’un autre, d’Henry Miller. Dès le printemps, j’allais contempler les chevesnes qui luttaient contre le courant des eaux céladon de cette Loire si française. Et je m’en retournais boire des bières pression à la terrasse d’un café tenu par une dame blonde quinquagénaire qui plaisait bien à mes vingt ans gourds et hésitants. J’apprenais la vie bien plus qu’un métier, en espérant qu’au final ce dernier ne dévorât pas la première. Je regardais Rémi travailler dans les locaux de cette maison de retraite de Longueau. Il faisait doux dehors ; je me demandais quel temps il faisait à Tours et si le bistrot de la dame blonde des temps anciens existait encore.

                                                   Dimanche 6 avril 2014

     

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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