Le boxeur était surtout son père

    mon père était boxeur_couvMon père était boxeur, Barbara Pellerin et Kris (scénario), Vincent Bailly (dessin). Editions Futuropolis, 80 pages (plus un DVD du film de Barbara Pellerin), 20 euros.

    Son père était boxeur, elle est photographe et cinéaste et entreprend, à travers un film, de renouer le fils d’une relation rompue, ou du moins hâchée.

    Débutée sous le faux prétexte de réaliser un documentaire sur la boxe, au printemps 2011, cette captation va se poursuivre jusqu’au décès du père, en novembre 2012. Hubert Pellerin, trois fois finaliste du championnat de France poids lourds au début des années 80, est décédé à l’hôpital psychiatrique normand où il était en traitement pour dépression.

    Partant de l’enterrement de son père, Barbara Pellerin porte un regard subjectif et impliqué sur ce dernier. Se mettant souvent en scène, elle restitue ce père à travers son propre regard, passé et présent. Un regard qui ne cache rien des déchirements familiaux, de l’éloignement ressenti de ce père qui pouvait être violent à l’égard de la mère de Barbara, ours maladroit parfois  et capable d’apprendre à nager à sa fille en la menant en pleine mer.
    Un père boxeur dont la présence sur le ring n’est évoquée qu’en filigrane, ou comme un fil rouge, une porte d’entrée vers l’homme…

    Le regard – cinématographique – de la fille sur son père se double donc d’un album de bande dessinée qui apporte une autre dimension, fictionnelle et sensible, aux images du DVD. Il permet notamment de reconstituer des séquences d’enfance, des souvenirs particuliers ou reconstruits, jusqu’à la belle séquence finale, imaginaire et onirique mais qui clos merveilleusement bien le récit.

    Né d’une rencontre avec le scénariste Kris, l’ouvrage est aussi une bonne introduction à l’univers du film, proposé donc en “bonus” ou plus exactement en partie alternative de l’album. Le découpage et le trait de Vincent Bailly (auteur déjà des Coupures irlandaises ou de l’adaptation d’Un sac de billes avec Kris) renforcent l’émotion et le côté émouvant de cette “relation entre un père et sa fille”, que Barbara décrypte dans une postface intelligente et sensible. Un beau témoignage sur Hubert Pellerin, sans “impudeur” ni “insignifiance”. Et une histoire des rapports entre un enfant, devenu adulte, et son père, à portée universelle.

    Mon père était boxeur_planche

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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