Le moral? Dans mille ans, ça ira mieux

    L’humeur. Le moral. Tout un programme. Il y a peu, je l’avais dans les chaussettes. Allez savoir pourquoi? Je sais, moi. Tu ne le sauras pas, lectrice curieuse, adorable créature, délicieuse cambrure. Le marquis a ses pudeurs. Moral down. J’écoute France Inter. Écouter Depardon sur France Inter, un matin. Le ciel est plus gris que les yeux de Kléber Haedens à la fin d’Adios, l’un des plus beaux romans de la littérature française. Écouter Depardon et avoir le cœur qui se serre. Depardon évoque la simplicité touchante, sincère, apaisante de paysans cévenols. Il parle si bien d’un monde qui s’en va. D’une France qui disparaît. Je n’aime pas ce qui bouge. Tout devrait rester en état. Personne ne devrait mourir; rien ne devrait changer. Nous serions nombreux sur terre. Pouvoir serrer la main à Churchill, partager une coupe de champagne avec Alice Sapritch et l’embrasser sur le front. Tenter d’assassiner Hitler. Le monde serait bien plus amusant. Plus on est de fous, plus on rit. Mais non. Les petites épiceries qui sentaient le savon de Marseille et les harengs saurs sont détruites; on construit à la place des McDonalds, des agences bancaires ou des agences intérimaires. Les petits paysans des Cévennes disparaissent. «J’écris parce que je souffre. Dans mille ans, ça ira mieux.» Ainsi s’exprimait le sulfureux Jack Thieuloy cité par l’excellent Rolland Jaccard, dans Causeur. J’étais d’excellente humeur lorsque j’ai interviewé le chanteur Féloche, à l’hôtel Jules, dans le IXe arrondissement, à Paris. Féloche est un grand garçon brun, joyeux, positif, un peu secret, dont j’avais adoré la chanson «Darwin avait raison», et beaucoup aimé le dernier album. Il m’a fait plaisir lorsqu’il a évoqué ses attaches picardes et le fait que sa mère et lui aient habité à Jeancourt, près de Saint-Quentin. Une bouffée de souvenirs.

    Féloche, chanteur-Hôtel Jules, rue Lafayette. Paris. Octobre 2013.

    En1977, avec mon groupe de rock-blues, nous étions allés dans le studio d’Hugues Le Bars (qui travailla ensuite avec Maurice Béjart).Quelques mois plus tard, nous sortions un 45 tours avec deux titres, «Dont’ leave me Babe», une ballade arrangée par Hugues, et «You don’t want», un rock un peu plus énervé. Deux compositions de Gérard Lopez, dit Dadack. Avais-je le moral à cette époque? Je crois. J’avais 21 ans, venais de rejoindre la rédaction de Best. Les Ternoises étaient si jolies.

    Dimanche 3 novembre 2013.

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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