Les 24 Heures du Mans… Trop Ford !

    24 heures du Mans_1968-1969_couv24 heures du Mans : 1968-1969, rien ne sert de courir, Youssef Daoudi (scénario), Robert Paquet et Christian Papazoglakis (dessin). Editions Glénat (collection Plein gaz), 48 pages, 13,90 euros.

    Et the winner is… Ford ! A la fin des années 60, la firme américaine s’est mise à dominer les 24 heures du Mans, alors course référence du sport automobile, tous genres confondus.

    La prise du pouvoir au Mans de Ford remonte à 1966, alors que Ferrari dominait jusqu’alors l’épreuve. Une passation pouvoir contée dans le tome 1 de 24 heures du Mans qui relate les éditions 1964, 65, 66 et 67. Le tome 2 vient de sortir. Il évoque les années 1968 (avec une course décalée de juin à septembre, suite aux évènements de mai 68) et 1969 qui voient les ambitions de Porsche buter deux fois de suite face aux « vieilles » mais rapides et surtout fiables Ford GT 40…

    On assiste aussi à l’avènement du formidable pilote belge Jacky Ickx, incarnation vivante de Michel Vaillant par sa capacité à briller dans tous les genres de la compétition automobile. Ickx représente également celui qui a défié l’organisation en 1969, en refusant le départ tel qu’il existait alors, avec des pilotes alignés et courant au « top-départ » vers leur voiture pour monter dedans et démarrer le plus vite possible. Ce type de départ, temps fort devenu légendaire estampillé « Le Mans », a provoqué indirectement la mort d’un autre Belge, Willy Mairesse après son accident de 1968, puis celle de l’Anglais John Woolfe (1969), sachant que pour gagner du temps, nombre de pilotes ne se sanglaient pas avant de mettre les gaz. En 69, Ickx est ainsi parti dernier pour…  gagner à l’arraché au volant de la Ford GT 40, signant une victoire d’anthologie magnifiée par un suspense haletant jamais égalé, sa Ford devançant de 120 mètres la Porsche 908 de Herrmann, soit le plus court écart de l’histoire de la course entre un vainqueur et son dauphin.

    Ce succès reste à ce jour le dernier de Ford au Mans. Car en 1970, Porsche, après des années d’échec, est parvenu enfin à décrocher le gros lot avec sa formidable 917, avant que la concurrence de Matra s’intensifie. Mais ceci est une autre histoire.

    De nature à nourrir un troisième « 24 heures du Mans » qui, par la qualité des récits (scénario de Youssef Daoudi) et la force des dessins (Christian Papazoglakis, Robert Paquet), est devenu un fleuron de la collection « Plein gaz » de Glénat.

    24 heures du mans_1968-1969_planche

     

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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