Les éditions polystyrène en forme(s)

    Les éditions Polystyrène, une jeune maison d’édition associative, chez qui forme et fond sont très liés.

    copyright : daniel muraz/courrier picard
    Les éditions polystyrène aux derniers Rendez-vous de la bande dessinée d'Amiens

    On les a découvert, par hasard, lors du dernier festival de bande dessinée d’Amiens. Dans l’espace “fanzine”, même si l’association polystyrène se présente plutôt comme une petite maison d’édition, de deux ans d’âge désormais. Une structure particulière, déjà, par le fait qu’elle est né de la volonté quelques copains de promotion de l’Ecole européenne supérieure de l’Image (EESI) d’Angoulême. Atypique, surtout, par sa volonté d’éditer des “livres-objet” où la forme est autant soignée que le fond.

    Depuis 2010, quatre albums sont déjà parus. Tous aussi étonnants.

    Lawyers, de Florian Huet, pousse ainsi à son extrême le concept de la “case vide” sur lequel avait joué Marc-Antoine Mathieu dans l’origine. Ici, toutes les planches (avec une grande case unique, dans un petit format à l’italienne) sont découpées en entonnoir, chacune des pages ayant un trou rectangulaire plus petit que la précédente. Et l’effet fonctionne plutôt bien, glissant d’un portrait de personnage à d’autres au fil des pages.

    copyright daniel muraz / courrier picard
    Deux des auteurs-éditeurs de polystyrène, Ludovic Rio et Adrien Thiot-Rader.

    Dans la même veine du découpage, et par le même auteur, Frames – “un livre en 50 exemplaires confectionnés à la main”. Cette fois, il s’agit d’une illustration de la thèse de Scott McCloud, essayiste de BD américain, postulant, dans son livre l’Art invisible que le plus important dans une bande dessinée est ce qui se joue entre deux cases, espace inter iconique où se créent des ellipses de temps, et où intervient l’imagination du lecteur. D’où un album ne contenant… que les gouttières, ces colonnes d’inter-cases ! Dans la lignée, cette fois, des “livres aux pages vierges” (ou, plus consistant, des travaux de l’Oubapo) mais avec un travail graphique nettement plus pointu.

    Alcide, premier essai de polystyrène, d’Alex Chauvel, se présente, lui, comme un “livre affiche” à déplier. Quant à Heavy Toast, de Pierre Jeanneau, c’est un “livre aléatoire”, avec des planches non reliées réunies dans un classeur et susceptibles d’être lues dans n’importe quel ordre. Enfin, on reviendra très prochaînement plus en détails sur l’une des dernières créations de polystyrène, Lignes noires, de Ludovic Rio et Adrien Thiot-Rader, polar en trois chapitres pouvant se lire en parallèle.

    Mais au fait, pourquoi polystyrène ? En fait, c’est tout simple – pour le coup – le nom vient de la revue étudiante qui a marqué le début de l’aventure.

     

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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