Lucrèce et l’eau lourde

     

    De gauche à droite : Sylviane Leonetti, directrice de ma médiathèque de Creil, Malek Chebel, écrivain, Danièle Carlier, élue à Creil, et Isabelle Rome, magistrate et écrivain.
    De gauche à droite : Sylviane Leonetti, directrice de la médiathèque de Creil, Malek Chebel, écrivain, Danièle Carlier, élue à Creil, et Isabelle Rome, magistrate et écrivain.

    Plus jamais je ne me moquerai des filles qui ont très fort envie de faire pipi. (N.A.M.L.A : ça remonte à l’enfance, à la cour d’école, à la cité Roosevelt, à Tergnier, nous n’étions peu évolués ; les filles, on les appelait « les pisseuses » ; sorry, lectrice adulée !) L’autre jour, je me suis pointé tout juste à l’heure pour assister au spectacle Lucrèce Borgia, d’après Victor Hugo, lesté d’une envie de pisser à ne pas laisser un platane dehors. Sur scène, Béatrice Dalle, Pierre Cartonnet et leurs amis pataugeaient dans des manières de piscines. A chacun de leurs déplacements : des gargouillis, des chuintements, des bruits aqueux qui ne faisaient qu’accentuer mon envie. N’y tenant plus, je préviens Lys, la dame de mon cœur, que je dois m’absenter quelques instants. Je fonce comme un dératé vers la sortie du bas. Et là, stupeur : pas moyen d’accéder aux toilettes, ni à la sortie principale. Dis-moi, Gilbert (Fillinger) : soit, je m’y suis pris comme un manche, soit il y a un truc qui n’allait pas ce soir-là car j’ai bien lu (« Sortie ») et j’étais comme enfermé. Je me suis donc tortillé sur mon siège pendant les deux heures qui restaient car je ne voulais pas déranger le public en remontant toute la salle pour accéder à la sortie du haut. C’était affreux ! Sinon, le spectacle, même vessie vide, ne m’a pas plu, mais vraiment pas plus du tout. C’est sur-joué, exagéré. L’effet de la flotte, qu’on comprend devient lourdingue. Les coups de flingue vers la fin sont ridicules. Béatrice Dalle était souvent inaudible. En revanche, j’ai adoré Catherine Dewitt, dans le rôle de La Negroni (elle assiste également David Bobée dans la mise en scène et la dramaturgie) ; mais, comme d’habitude, je ne suis pas très objectif car pour tout te dire, lectrice délurée, j’ai trouvé Catherine Dewitt  hyper sexy avec sa jupe fendue qui épousait de façon très érotique ses jolies cuisses laiteuses. C’était carrément délicieux. Sans transition, comme disait Loïc Gicquel, j’ai adoré le film Tokyo Fiancée (au Gaumont) d’après un roman d’Amélie Nothomb. Les amours d’une Française de 20 ans (campée par une Pauline Etienne très mignonne qui m’a rappelé une adorable très bonne copine) et d’un tout aussi adorable Japonais, doux, positif (campé par Taichi Inoue) Bien écrit ; bien joué. Très littéraire, pas prétentieux, pas chiant. J’ai tout autant adoré l’exposition David Bowie, au cours d’une visite retransmise, encore au Gaumont (j’avais les sens retournés au cours de « Life on Mars », mon morceau préféré), l’Orchestre de Picardie et le chœur Purcell Singers dans le Requiem de Mozart, à la Maison de la culture (je n’ai pas cessé de mater la cantatrice blonde, mignonne comme tout), et la conférence qu’a donnée Malek Chebel à la Faïencerie de Creil sur le thème de la République. Voilà, tu sais tout de ma vie, lectrice hanchue.

    Dimanche 22 mars 2015.

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

    • Voir les commentaires

    • sylvain.desbureaux

      Bonjour Philippe,

      Je ne suis aussi dur que toi sur ce spectacle. Faut dirque j’avais une trouille de me faire chier très fort (mais en l’occurence pas de problème de vessie); Mais d’accord avec la très médiocre prestation de Béatrice Dalle , je crois que le théâtre c’est pas son truc… Amicalement. Sylvain.

      • Philippe Lacoche

        Bonjour Sylvain, pourtant, j’aime beaucoup Béatrice Dalle, mais là… je n’ai pas pu. D’autant que la mise en scène craint et qu’à l’origine, cette pièce n’est pas ce que Hugo a fait de mieux. Amitiés. Ph.L.

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