Samedi, répit, d’Andrea Bruno, éditions Rackham, 32 pages, 24 euros.

    Proposé en grand format (29×40 cm), afin de restituer au mieux la force du travail graphique de son auteur, Samedi, répit marque incontestablement. On reçoit ces pages en pleine figure, comme la pierre que le héros se prend dans la tête, envoyée par un étrange arlequin au cours d’une improbable partie de base-ball aveugle dans le marais qui  campe le récit… de cet étrange et très noir album.

    D’une très banale histoire de voiture volée, l’Italien Andrea Bruno tire un drame existentiel et métaphorique, bref et sec. Et sans répit non plus. Le titre provient d’un poème de Samuel Beckett (« Samedi répit / plus rire / depuis minuit / jusqu’à minuit / pas pleurer »), le dramaturge de l’absurde… qui ne serait pas dépaysé dans ces planches encrées dans un noir et blanc très constrasté.

    Portrait d’une ville sordide, sombrant depuis la fermeture de l’usine locale, où errent des êtres défaits, triste humanité réduite à des magouilles minables et à une haine raciste aveugle, cet ouvrage raconte un pays qui se délite et, loin de tout réalisme ou approche sociologique, apparaît pourtant d’une troublante actualité.

    Né en Sicile, vivant à Bologne, Andrea Bruno, qui fait partie de la nouvelle vague de la BD transalpine a déjà eu un précédent ouvrage publié chez Rackam, en 2009, Bouillon de néant. Cela aurait pu aussi être le titre de celui-ci.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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