Mes coups de coeur BD de 2012

    Petit palmarès personnel pour terminer cette année 2012, moins forte peut-être que la précédente en oeuvres vraiment marquantes. Mais riche cependant de beaux albums, dont ceux-ci, choisis en toute subjectivité. Pas forcément les plus importants – ou, plus exactement, d’autres qui n’y sont pas pourraient tout aussi légitimement y prétendre – mais ceux qui, pour une raison ou une autre, m’ont plus touché… parmi la petite partie de la production annuelle que j’ai eu la chance de lire.

    1. Un printemps à Tchernobyl, Emmanuel Lepage (Futuropolis). Parce qu’il s’agit d’un album qui irradie, autant par son sujet (l’impact et les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl) que par son traitement, très personnel et empathique. Et, graphiquement, un ouvrage d’une ténébreuse beauté.

    2. DayTripper, Gabriel Bá  et Fábio Moon (Urban Comics). Parce que derrière un style de dessin assez classique, se dévoile une construction narrative étonnante et une réflexion bouleversante sur le sens de la vie et ses aléas.

    3. La Douce, François Schuiten (Casterman). Parce qu’il réussit, en solo, un nouvel album enrichissant la mythologie des Cités obscures, cet univers parallèle au nôtre, nourri de réflexions urbaines et architecturales. Et, ici, une belle évocation ferroviaire.

    4. Supplément d’âme, Alain Kokor (Futuropolis). Parce que ce joli album a un vrai supplément de poésie, un dessin vaporeux de toute beauté et une histoire d’amour touchante.

    5. Moi, René Tardi, prisonnier au Stalag II B, Jacques Tardi (Casterman). Parce qu’il s’agit d’un témoignage fort et assez unique sur un épisode occulté de l’Histoire de France: celui des prisonniers de guerre français de la Seconde Guerre mondiale, à travers un album très personnel où Jacques Tardi est au mieux de son style.

    6. La dernière image, Gani Jakupi (Soleil). Parce qu’il s’agit d’une très belle réflexion nsur le journalisme de guerre, le journalisme et la guerre, restitué de façon intime, à travers le conflit kosovar (et non bosniaque, comme je l’avais écrit, trop rapidement. Merci aux vigilants éditeurs de Noctambule, pour la correction !).

    7. Notre mère la guerre, Kris et Maël (Futuropolis). Parce que ce quatrième et dernier tome parachève et conclut fort bien une des séries les plus fortes sur la Première Guerre mondiale.

    8. La malédiction du Titanic, Emre Orhun (Glénat). Parce qu’il s’agit d’un traitement résolument original et d’un force indéniable, qui revisitait de façon très singulière un sujet rebattu en ce printemps 2012 de centenaire du naufrage du Titanic.

    9. Chroniques Outremers, tome 3: Métisse, Bruno Le Floc’h (Dargaud). Parce que cette troisième partie clôt de belle manière cette trilogie rêveuse, lorgnant ouvertement sur l’univers maritime de Corto Maltese. Et avec une pensée pour l’auteur, qui a tragiquement mis fin à ses jours cette année.

    10. Revanche : société anonyme, Jean-Christophe Chauzy et Nicolas Pothier (Glénat/Treize étrange). Parce qu’il s’agit de l’ouvrage le plus jubilatoire et sarcastique sur la réalité économique actuelle, traitée en histoires courtes aux gags toujours bien vus.

    11. Azimut, tome 1: Les aventuriers du temps perdu, Jean-Baptiste Andréae, Wilfrid Lupano (Vents d’Ouest). Parce qu’il s’agit d’un très bon départ pour une série baignant dans une réjouissante fantaisie, portée par un style coloré et enlevé. Le pari de l’année…

    12. Joe, l’aventure intérieure, Sean Murphy (Urban Comics). Parce qu’il s’agit là d’un traitement très original et réussi, en mode comics, de l’incarnation fantastique du combat contre la maladie. Avec la lutte contre le diabète transfiguré dans l’univers du monde de Narnia !

    13. Campagne présidentielle, 200 jours dans les pas du candidat François Hollande, Mathieu Sapin (Dargaud). Parce qu’il s’agit d’un bon reportage dans les coulisses de la dernière campagne présidentielle. Avec une drôlerie et le sens du détail qui fait sens. Du grand “BD-reportage” avec l’air modeste de ne pas y toucher.

    14. Niourk, Olivier Vatine (Ankama). Parce qu’il s’agit d’une superbe interprétation de l’univers de Stephan Wul – et à ce titre aussi, d’une belle initiative éditoriale des Nordistes d’Ankama – et d’un très joli alum, au graphisme magistral.

    15. Les folies Bergère, Francis Porcel, Zidrou (Dargaud). Parce qu’il s’agit d’une évocation fantastique macabre d’une rare puissance graphique et évocatrice et d’un regard qui arrive à se renouveler sur la Première Guerre mondiale.

     

     

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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