Mes grands plaisirs de lecture en 2014

    Petit exercice parfaitement subjectif et visant plus à faire un retour en arrière sur l’année écoulée qu’à échafauder un palmarès forcément très partial et partiel, au vu des albums sortis dans l’année, comme vient de le pointer le nouveau rapport de Gilles Ratier. Plus de 5000 ouvrages de BD parmi lesquels on en aura peut-être lu un dixième, certes choisis, mais qui laisse un bon nombre d’ouvrages intéressants hors champ).

    Voici donc, cependant, rituel classique de fin d’année, mes “meilleurs albums” lus en 2014. Ceux qui m’auront le plus intéressé et procuré le plus grand plaisir de lecture, ce qui reste quand même le critère premier en tant que bédéphile. Et, sur ce plan, 2014 aura été une belle année.

    Pour ne pas sombrer dans la tentation inflationniste, on en restera encore cette année à 20 titres (mais le choix fut difficile…).

    1. Blast_4-couvBlast, tome 4 : pourvu que les bouddhistes se trompent, de Larcenet (Dargaud). Déflagration finale et superbe conclusion d’une série marquante de ces dernières années.
    2. Moi assassin, d’Antonio Altarriba et Keko (Denoël Graphic). L’assassinat élevé au rang des beaux arts. Une belle construction, amorale, ironique et d’une grande richesse.
    3. Mascarade, de Florence Magnin (D.Maghen). Une relecture éblouissante du mythe de l’ogre, avec un dessin unique.
    4. Moi René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag II B, tome 2: mon retour et la suite, de Jacques Tardi (Casterman). La suite des péripéties du père de Tardi, prisonnier de guerre des Allemands. Une illustration marquante d’une certaine absurdité de la guerre.
    5. Un océan d’amour, de Wilfrid Lupano et Grégory Panaccione (Delcourt). Sans paroles, mais non sans émotion. Une belle épopée maritime.
    6. La Lune est blanche, d’Emmanuel et François Lepage (Futuropolis). Une bouffée d’aventure et de grand air, dans l’Antarctique, toujours aussi bien dessinée.
    7. La vie sans mode d’emploi, putain d’années 80, de Désirée et Alain Frappier (éditions du Mauconduit). Album “générationnel”, forcément, mais très joliment raconté, avec sincérité et émotion.
    8. azimut2-couvAzimut, t.2: que la belle meure, de Wilfrid Lupano et Jean-Baptiste Andreae (Vents d’Ouest). Une série qui pousse très loin les frontières de l’imaginaire, avec un style, un ton et un dessin aussi singulier que magnifique.
    9. La nuit, de Philippe Druillet (Glénat). Une réédition phare. Quarante ans après, l’histoire est toujours aussi moderne, sombre et fulgurante.
    10. Les vieux fourneaux (t.1: ceux qui restent et t.2: Bonny et Pierrot), de Wilfrid Lupano et Paul Cauuet (Dargaud). C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes et avec de vieux héros qu’on réalise une belle série, chaleureuse et pleine de drôlerie piquante.
    11. Moby Dick, de Christophe Chabouté (Glénat). Une mise en images magnifique, dans un noir et blanc somptueux, d’un grand classique de la littérature.
    12. Ni Dieu, ni maître, Auguste Blanqui l’enfermé, de Loïc Locatelli-Kournwsky et Maximilien Le Roy (Casterman). Beau et fort portrait d’un révolutionnaire oublié du XIXe siècle.
    13. Le château des étoiles, tome 1: 1869, la conquête de l’espace, d’Alex Alice (Rue de Sèvres). Un univers à la Jules Verne, superbement dessiné (et précédé par une sortie en fascicules fort bien menée).
    14. machine influencer-couvLa machine à influencer, une histoire des médias, de Brooke Gladstone (ça et là). Intéressant pour le fond de son sujet, mais aussi par la manière dont celui-ci est traité, avec profondeur et non sans autodérision.
    15.  Passions, de Daniel Goossens (Fluide glacial). Une radiographie de la passion amoureuse, loufoque et pourtant très logique, par l’un des plus grands auteurs comiques français.
    16. Le Horla, de Guillaume Sorel (Rue de Sèvres). Une très belle adaptation, avec un dessin magnifique (que l’on aura pu apprécier aussi, en fin d’année, dans l’illustration d’Alice au pays des merveilles).
    17. Nightly News, de Jonathan Hickman (Urban Comics). Une vision radicale de la critique des médias, avec un style graphique explosif et très singulier.
    18. Mars ! de Fabcaro et Fabrice Erre (Fluide glacial). Le plus gros éclat de rire de l’année, avec cette con-quête de l’espace hilarante et non-sensique par deux auteurs qui montent.
    19. Entre les lignes, de Maël (D.Maghen). Sur la base d’un carnet de guerre de 14-18, une belle construction emboîtée de récits et de dessins de toute beauté.
    20. Passe-Passe, de Delphine Cuveele et Dawid (éditions de La Gouttière). Un petit album jeunesse, sans paroles, mais d’une grande délicatesse et subtilité pour évoquer, avec poésie, des questions graves, comme l’oubli et la mort. Et une utilisation très astucieuse et réussie de la couleur.passePasse-dedail
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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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