Miossec, au comble de sa forme artistique, est à l’eau

        Il évoque son dernier album, ses changements de cap, et ses relations avec la littérature et l’alcool.

    Valeur sûre de la chanson-rock française, Christophe Miossec a sorti, il y a peu, Chanson ordinaires, son album le plus «brut» et le plus énergique de sa brillante carrière.
    Chansons ordinaires est un sacré bon album. Comment est-il né et pourquoi?
    Christophe Miossec : Il est né en réaction au précédent, Finistériens, sorti en 2009, qui était réalisé avec Yann Tiersen. C’était un disque très studio. J’ai voulu faire, cette fois, le contraire, c’est-à-dire enregistrer d’un jet, dans une ambiance «local de répétition». Avec un côté collectif pour renforcer le côté dynamique. J’ai voulu revenir à quelque chose de physique dans la musique.
    On a l’impression que vous n’aimez pas l’étiquette «chanson française».
    Effectivement, l’étiquette «chanson française» me semble trop réductrice. Ça représente quelque chose de gentil, de trop bien peigné.
    Pourtant, ce que vous faites s’appuie sur les textes, comme dans la chanson. Même si votre expression reste très rock.
    Sans les textes, je n’existerais pas. Mais la chanson est devenue variété à la fin des années soixante-dix. C’est devenu une histoire de radio.
    Vos textes justement. Que vous le vouliez ou non, ils sont éminemment littéraires, au sens où ils transpirent l’émotion. Pour ce faire, vous n’avez pas besoin d’afféterie. Votre style sec assure; il porte des sacs de mots justes comme le charbonnier porte des sacs de charbon sur son dos.
    C’est un vrai plaisir pour moi, l’écriture des textes. J’aime effectivement quand c’est ramassé, resserré au maximum.
    Vous citez souvent l’écrivain Henri Calet et les Hussards. Ils vous ont marqué?
    Oui, Henri Calet m’a beaucoup marqué. Quand je l’ai découvert, il n’y avait plus qu’un livre de lui disponible: Le tout sur le tout. J’ai trouvé ça fabuleux. Jean Paulhan (qui n’écrivait pas très bien mais qui était un excellent éditeur), l’a soutenu. Georges Perros, lui aussi, était souvenu par Jean Paulhan.Calet,  Perros: c’est réjouissant.
    Quels sont vos Hussards préférés?
    Antoine Blondin, Roger Nimier. Beaucoup de gens les rejettent car ils véhiculent une image de droite ou d’anars de droite. En fait, une méconnaissance absolue car ils ne les ont pas lus. Grâce à eux, ça fait du bien de sortir du moule post-soixante-huitard.
    Quels sont les autres écrivains qui vous ont marqué?
    Au cours de l’adolescence, Hubert Selby m’avait fracassé la tête, notamment grâce aux traductions de Philippe Garnier. Les écrivains américains ne sont pas passés par l’université.
    Ceux de la Beat generation en particulier.
    Il y en a même un qui est passé par Brest pour chercher un héritage: Jack Kerouac.
    En matière de musique, qu’écoutez-vous actuellement?
    Je ne peux m’empêcher de citer Talking Head qui n’est pas un groupe cérébral. J’écoute aussi beaucoup

    Christophe Miossec : rock et littérature. (Photo : Léa Crespi.)

    Howlin’Wolf, et des choses assez brutes. Très blues.
    Vous serez demain soir, à Clermont, au festival des Zicophonies. S’agira-t-il d’un concert isolé ou s’inscrit-il dans une tournée?
    Un concert isolé. La queue de la comète de la tournée en quelque sorte. Si je me plante, je ne serai pas pardonnable! Sur scène je serai en compagnie d’un clavier, d’un guitariste, d’un bassiste et d’un batteur.
    Vous en êtes où avec l’alcool. Toujours à l’eau?
    Oui, et pour la vie je crois bien car je souffre d’une sorte de maladie orpheline qui me contraint à ne plus boire. Je suis à la bière sans alcool.
    Laquelle préférez-vous?
    La Kronenbourg bien fraîche. Parfois, j’en sers à mes amis sans le leur dire. Ils n’y voient que du feu.
    Propos recueillis par
    PHILIPPE LACOCHE

    Commentez ou exprimez-vous grâce aux emojis !
    0
    J'AIMEJ'AIME
    0
    J'ADOREJ'ADORE
    0
    HahaHaha
    0
    WOUAHWOUAH
    0
    SUPER !SUPER !
    0
    TRISTETRISTE
    0
    GrrrrGrrrr
    Merci !

    Tags:

    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

    • Voir les commentaires

    Your email address will not be published. Required fields are marked *

    comment *

    • name *

    • email *

    • website *

    Vous aimerez également peut-être

    Le Front pop’ vu avec du Recul

    LE RECUL DU FUSIL, t.1: les chambres de Jean-Sébastien Bordas, ed.Quadrants (Soleil), 56 pages, 11,50 ...

    Alter ego, et de 2 pour la 2

    Alter ego, saison 2, tome 2: Delia. Éditions Dupuis, Efa, Elias Miguel, Sanchez Lopez ...

    Olivier Vatine, un roi à Ni-ourk

    Niourk, tome 2 : la ville, Olivier Vatine, éditions Ankama, 56 pages, 13,90 euros. ...

    Ne restons pas fermés à l’autisme

    Ce 2 avril est la journée mondiale de sensibilisation à l’autisme. Un handicap qui ...

    Les meurtres mystérieux du familistère se dévoilent dans le Courrier picard

    Le Courrier picard publie, ce mardi 12 octobre, un cahier spécial consacré à De ...

    Le Grand prix de la critique 2012 à “Polina” de Bastien Vivès

    Le Grand Prix de la critique de BD 2012 a été décerné aujourd’hui au Français ...