Nouvelle guerre des mondes

    Printemps humain_couvLe printemps humain, tome 1: Combattants, Hugues Micol. Editions Casterman, 56 pages, 14,50 euros.

    Tous les extraterrestres ne sont pas sensibles à l’art et les rencontres du troisième type ne sont pas toutes aussi harmonieuses que dans le récent Soucoupes. Démonstration avec le début de cette série d’Hugues Micol.

    Paris, dans le futur. La Terre a été envahie depuis plusieurs générations par l’empire Ort, “le plus noble de l’univers”. Ces créatures vaguement insectoïdes ont aménagé la capitale française, recouvrant les immeubles hausmanniens par des superstructures futuristes à l’allure étrangement organiques, donnant l’impression d’une ville colonisée par une flore improbable. La majorité des hommes, eux, vivent dans “la kasba”, une sorte de ghetto, sur la rive droite de la Seine. Certains ont composé avec le nouveau régime, comme Jaq, directeur de l’agence terrienne, persuadé que cette “collaboration” est la seule voie pour préserver l’humanité. D’autres, comme son propre frère, Téomas – qui a gagné à sa cause son cadet, Sam – tentent au contraire de résister, sous la direction de Conoly et de la poétesse Rossa. Profitant d’une bataille livrée par les Orts derrière la ceinture d’Orion, les résistants décident de déclencher une insurrection armée…

    La baseline de l’album (“La Terre outragée, la Terre brisée, la Terre martyrisée… mais la Terre libérée ?“) ne laisse planer aucun doute, derrière son clin d’oeil historique à de Gaulle. C’est bien à une transposition SF de la Seconde Guerre mondiale et de l’occupation à laquelle s’attèle ici Hugues Micol. Avec ses résistants (pas si héroïques ou immaculés que ça), ses collabos (qui peuvent aussi avoir leurs raisons) et la masse au milieu.

    L’auteur de la délirante série western Chiquito la muerte ou du plus historique et chatoyant Bonneval Pacha déploie un style tout aussi fantaisiste ici, dans un registre un peu plus réaliste, aux touches rétro et naïf. La richesse des décors et des couleurs, l’imagination dans la description des extraterrestres et le souffle du récit engagent en tout cas bien cette nouvelle Guerre des mondes.

    Si la transposition évoquée plus haut se poursuit, la fin de l’histoire est donc connue. Mais la manière dont ce Printemps humain refleurira donne envie d’en connaître la suite.

    Printemps humain_planche

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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