Passion en eaux profondes entre une sirène et un marin

      

    Olivier Frébourg est aussi éditeur. Longtemps à La Table Ronde, et aujourd'hui aux éditions des Equateurs qui a eu la bonne idée de publier, il y a quelques années, mon excellent pamphlet sentimental "Pour la Picardie" qui a toute sa place dans le débat d'aujourd'hui puisque notre pauvre région va être démantelée. Lectrice, lis ce livre, tu seera ravi; lis aussi et surtout celui d'Olivier qui est bien plus beau garçon que moi.
    Olivier Frébourg est aussi éditeur. Longtemps à La Table Ronde, et aujourd’hui aux éditions des Equateurs qui ont eu la bonne idée de publier, il y a quelques années, mon excellent pamphlet sentimental “Pour la Picardie” qui a toute sa place dans le débat d’aujourd’hui puisque notre pauvre région va être démantelée. Lectrice, lis ce livre, tu seras ravei; lis aussi et surtout celui d’Olivier qui est bien plus beau garçon que moi.

    Très écrit et littéraire, à la fois apaisant et inquiétant, « La grande nageuse», dernier roman d’Olivier Frébourg, séduit.

    Le calme apparent du style. Une quasi-douceur mais qui, comme une mer sereine, cache en ses fonds secrets les tempêtes de la passion. L’écriture d’Olivier Frébourg fait penser à celle des meilleures pages de Kléber Haedens. Ceci est un compliment. Comme Haedens, il aime la mer. (Kléber adorait son île d’Oléron, Nieulle-sur-Seudre, et les étés qui finissent sous les tilleuls.) Les personnages d’Olivier Frébourg l’aiment aussi, la mer. Surtout ceux de son dernier roman, La grande nageuse. Un roman délicat, subtil, étrangement angoissant parfois, frissonnant comme seule la vraie littérature sait en produire. Marion et le narrateur vivent en Bretagne. Ils se connaissent depuis l’enfance. Lui, adolescent, a commencé par être amoureux de la mère de Marion (Gaëlle), une femme magnifique que tous les hommes du bourg convoitaient. Les années passent ; Marion a grandi. Ses origines vietnamiennes lui confèrent une grâce inouïe, un charme indicible. Ils aiment tous deux l’océan. Il est marin ; elle nage dans l’eau salée comme un truisme nagerait dans le bonheur. « Quand Marion partait nager, je l’observais le plus longtemps possible, ses mouvements de dos, d’épaules. Elle n’avait pas besoin de bateau, de coque. Elle était un animal marin. Elle entrait dans l’eau comme une danseuse en tournant sur ses pointes, se laissait immerger à la verticale jusqu’au cou. » Marion est aussi silencieuse ? Mystérieuse. Ils s’aiment, fondent une vraie famille. Apparemment en tout cas. Mais leurs passions les éloignent. Il rêve d’horizons lointains, et de pouvoir s’adonner à ce qu’il adore : la peinture. Manière de sirène, elle ne pense qu’à l’eau. En surface. Et au fond. En plongée. Et il y a la présence de la mère de Marion, surnommée Outre-Mère, à la fois fascinante et inquiétante : « La belle Gaëlle était venue avec quelques-unes de ses amies, certaines inscrites comme elle à l’École du Louvre. Elle me commenta plusieurs tableaux : « Vous avez fait d’énormes progrès, me dit-elle, entre cette vue du Port-Haliguen et cette marine. J’ai l’impression que votre rencontre avec Marion vous a fait beaucoup de bien. » Alors la belle Gaëlle se transforma et devint « Outre-Mère ». »

    Nous ne dévoilerons pas la fin ; elle est terrible. Terrifiante. Ce très beau roman, transpercées d’atmosphères et d’ambiances maritimes, est une totale réussite.

    PHILIPPE LACOCHE

     

    La grande nageuse, Olivier Frébourg, Mercure de France, 154 p. ; 15,50 €

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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