Procès de Florian Dymond pour tentative de meurtre à Ham

    Premier article reproduit avec l’aimable autorisation de mon confrère et collègue Gautier Lecardonnel

    16 janvier 2017

    Il a été abandonné sur le trottoir

    Florian Dymond, 20 ans, est jugé depuis ce vendredi pour tentative de meurtre. En septembre 2015, il a lynché un homme de 36 ans, qui est toujours hospitalisé.

    Me Fay (gauche) et Me Camus.

    Dans le box, il a toujours des allures de gamin. Sa corpulence – 1,70 m pour 60 kg, tranche avec la violence des actes commis. Florian Dymond, 20 ans, est jugé jusqu’à mardi pour tentative de meurtre. « Je reconnais l’avoir tapé », dit-il à la présidente. Où ? « Partout ». Avec quoi ? « Mes poings, mes pieds, mes genoux, mes coudes ». A-t-il fracassé la tête de la victime contre le sol et le mur ? « Oui ». Coincé sa tête dans la charnière de la porte d’entrée ? « Non ». « Je reconnais l’avoir tapé (…) Mais je n’avais pas l’intention de le tuer ». Pourquoi cette violence ? « Je ne sais pas ». L’intention était-elle de faire mal ? « Non ». Pourquoi l’avoir sorti de l’appartement et abandonné sur le trottoir ? « Je ne sais pas. »

    La scène, d’une violence inouïe, a eu lieu dans la nuit du 4 septembre 2015, au 24 rue Marchande à Ham. Sébastien Beaucorny, 36 ans, est retrouvé vers 5 h 30, inanimé sur le trottoir. Il est en sang. Pris en charge par les pompiers, il est évacué dans un état très grave à l’hôpital. Il est dans le coma, entre la vie et la mort (il est toujours hospitalisé à Berck et gardera des séquelles à vie).

    L’enquête, qui a très mal commencé (lire par ailleurs), permet de confondre Florian Dymond. Alors âgé de 18 ans, sans domicile fixe, il était hébergé par le père de la victime, dans le logement où les premiers coups ont été donnés. L’affaire a lieu sous fond de misère sociale. Tous les protagonistes étaient fortement alcoolisés au moment des faits. Florian Dymond était hébergé depuis quelques mois par le père de la victime. Selon ses souvenirs, incomplets parce que noyés dans les vapeurs de l’alcool, il s’en est pris à Sébastien Beaucony parce que ce dernier venait de frapper son père, un homme de plus de 60 ans, malade.

    L’agression est d’une extrême violence. Coups de poing au visage, coups de pied, crâne écrasé, tête claquée contre le mur, le sol… La victime est sortie du logement, traînée jusque dans la rue. L’agresseur a été réveillé par les gendarmes alors qu’il dormait, à même le sol, dans une pièce du logement. Il n’a pas été interpellé dans l’immédiat.

    Le lendemain, il a pris les quelques euros qui se trouvaient dans le blouson de la victime pour aller acheter des bières. Et il a nettoyé les traces de sang dans les parties communes de l’habitation. Pas pour faire entrave à la justice, mais juste pour répondre aux demandes du voisinage. Florian Dymond encourt 30 ans de réclusion criminelle. Le verdict est attendu mardi.

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    • Depuis cinq ans, chaque dimanche dans le Courrier picard, les Histoires de prétoire présentent non pas les plus importantes affaires du rôle d’audience mais les plus émouvantes, énervantes, cocasses, amusantes. La fidélité des lecteurs et les encouragements de certains confrères m’ont donné envie de les réunir dans ce blog, avec (car la maison ne recule devant aucun sacrifice) quelques autres articles que j’ai commis. Ces pages sont-elles réservées aux spécialistes du droit ou à quelques voyeurs qui se complairaient du malheur des autres ? Je ne le crois pas, tant ces tranches de vie me semblent au contraire universelles. Alors bonne lecture ! Et demandez-vous avec Victor Hugo : « Qui sait si l’homme n’est pas un repris de justice divine ? » Tony Poulain

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