Procès de Sébastien M. pour tentative d’assassinat à Ponthoile

    19 janvier 2017

    Le médecin avait mis en joue sa consœur

    Sébastien Martens répond depuis mercredi d’une tentative d’assassinat, le 25 mai 2013.

    Le lieu où Sébastien a débarqué un fusil à la main.

    Certains cordonniers sont mal chaussés ; un médecin peut aussi tomber gravement malade. Sébastien M, 45 ans, est depuis plusieurs années un grand malade quand, en mai 2013, alcoolisé et sous médicaments, il débarque dans le cabinet de son ex-associée Marie, à Ponthoile, dans le Marquenterre.

    Sans un mot, il traverse la cuisine et pénètre dans le bureau où Marie travaille sur ordinateur. Il épaule son fusil Mauser 8,60. Jean, l’époux de Marie, crie : « Non Sébastien ! » Sébastien met en joue sa consœur. Jean lui saute dessus et lui assène un coup de poing.

    Ce mercredi 18 janvier, on est remonté à la source du drame, dans le Santerre et les années 1970, où l’accusé, comme son frère jumeau puis sa sœur, voient le jour dans une famille unie, composée de deux enseignants. Ce n’est pas la moindre originalité de cette affaire : elle a pour protagonistes des « gens biens », selon la norme sociale. On y croise des instituteurs, des docteurs, un secrétaire de mairie, un ingénieur, un clerc de notaire…

    Mais que craque le vernis et des failles apparaissent. « Quand on partait en vacances dans le sud, Sébastien avait la hantise du tunnel de Fourvières à Lyon. Je croisais les doigts pour qu’il n’y ait pas de bouchons. Il faisait aussi des crises de tétanie », se souvient son père, montagne de dignité qui s’est écroulée hier avant de murmurer : « Je voudrais m’excuser auprès de mon fils si vraiment je l’ai mal élevé ».

    En fait, de l’enfance au jour de son coup de sang, M ne fut qu’une boule de stress, un perpétuel insatisfait, hypersensible, prompt à se dévaloriser. Sa deuxième femme témoigne : « Il était angoissé en permanence. L’alcool et les médicaments lui permettaient simplement d’affronter la journée… En crise, il pouvait refuser de se lever le matin ou parler en anglais et en allemand. Notre vie était rythmée par ses hauts et ses bas. En 2013, je ne savais plus quoi faire… »

    L’association entre Marie et Sébastien avait pris fin en 2009 à cause des addictions du médecin de campagne. Ils ne se parlaient plus mais une guéguerre couvait par patientèle interposée entre Ponthoile et Noyelles, lieux de leurs consultations. Un changement de traitement décidé par l’une a fini par vexer l’autre, au point de le pousser à commettre le presque irréparable.

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    • Depuis cinq ans, chaque dimanche dans le Courrier picard, les Histoires de prétoire présentent non pas les plus importantes affaires du rôle d’audience mais les plus émouvantes, énervantes, cocasses, amusantes. La fidélité des lecteurs et les encouragements de certains confrères m’ont donné envie de les réunir dans ce blog, avec (car la maison ne recule devant aucun sacrifice) quelques autres articles que j’ai commis. Ces pages sont-elles réservées aux spécialistes du droit ou à quelques voyeurs qui se complairaient du malheur des autres ? Je ne le crois pas, tant ces tranches de vie me semblent au contraire universelles. Alors bonne lecture ! Et demandez-vous avec Victor Hugo : « Qui sait si l’homme n’est pas un repris de justice divine ? » Tony Poulain

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