Rencontre avec Christophe Cazenove, le bon tonton des Sisters

    Le nouvel album des « Sisters » sera à découvrir dès dimanche prochain dans le Courrier picard. Son co-auteur, Christophe Cazenove fait les présentations.

    C CazenoveChristophe Cazenove n’est pas un inconnu des lecteurs du Courrier picard. En 2012, deux de ses séries, les Gendarmes et Les pompiers nous avaient accompagné durant une partie de l’été. A partir de la semaine prochaine, cette fois sur un rythme hebdomadaire, ce sont ses Sisters (autre série phare) qui viendront égayer notre édition dominicale, succédant au Petit Spirou.

    Les Sisters, c’est Wendy et Marine, deux soeurs dont on découvre le quotidien savoureux, tendre (enfin, pas toujours) et drôle. Entre chicaneries et complicité, cette série en est déjà à son neuvième album. Celui-ci, « Toujours dans mes pattes », sortira en librairie fin octobre, mais il pourra se découvrir, en avant-première, dans le Courrier dès dimanche 14 septembre. Son auteur nous en dit plus…

    Christophe Cazenove, comment pourrait-on résumer l’atmosphère des « Sisters » ?

    C’est l’histoire des deux filles du dessinateur, William. On raconte leur vie… en bande dessinée. Et la plupart des éléments présents dans les albums sont tirés de leur vraie vie !

    Quel âge ont-elles  ?

    Marine et Wendy, les héroïnes de la BD ont à peu près 7 et 12 ans. Les jeunes filles qui les ont inspiré avaient l’âge de leur personnage au début. Aujourd’hui, c’est plutôt 12 et 18 ans.

    COUV SISTERS TOME 9.inddEn effet, vos héroïnes ne grandissent pas. Comment faites-vous pour vous renouveler ?

    William s’est arrêté à un certain âge pour les personnages. Ceux-ci évoluent un peu avec l’habitude du dessinateur, mais ils ont conservé leur âge. Cependant, la BD n’est pas basée uniquement sur de vraies anecdotes. Et si je n’ai pas de filles, j’ai grandi avec un frère. Donc je connais aussi les rapports et conflits dans une fratrie  ! Et puis j’invente. Mais tout passe à la moulinette de William – qui a le statut de co-scénariste – pour que les histoires ressemblent bien à la vie de ses filles. C’est vraiment le principe  : ce sont ses filles, c’est lui qui donne les thèmes et il retravaille les textes, les dialogues afin que tout sonne plus vrai  !

    Qu’en est-il du prochain à paraître, que l’on découvrira dès la semaine prochaine dans le « Courrier » ?

    Il parlera d’un bal de fin d’année auquel les filles ont vraiment participé quand elles étaient à l’école.

    Les dessins de William a une vraie personnalité, ce qui ajoute au charme de la série…

    C’est un excellent dessinateur. William a aussi une technique qui donne plus de dynamisme à son trait. Il réalise également les couleurs. Dès le premier tome, il a réussi à imposer son style, très reconnaissable, avec un esprit un peu animation.

    Vous en êtes désormais à neuf tomes des Sisters. Imaginiez vous en arriver là quand vous avez commencé  ?

    Lorsqu’on débute une série, on a forcément envie qu’elle continue, afin de pouvoir développer des personnages, affiner leur mise en place. Évidemment, je ne pensais pas que cela pourrait durer aussi longtemps. Mais aujourd’hui, je crois que l’on peut encore travailler sur plusieurs tomes. Même si cela semble au prime abord plutôt réduit, puisque centré sur deux soeurs, c’est un univers très riche.

    C’est une série, en tout cas, qui a su trouver son public…

    Oui. Les lecteurs ont accroché très rapidement. Cela fait partie des choses qui font plaisir dans ce métier. En festivals, on voit beaucoup de jeunes lectrices qui s’y retrouvent, mais aussi des mamans qui nous disent que cela leur rappelle des choses.L

    Les séries de BD ayant des jeunes filles comme héroïnes se développent pas mal. Suivez-vous ces autres séries « girly » ?

    Je lis beaucoup de bandes dessinées en général et plus encore de séries à gags. Mais, s’agissant des Sisters, même s’il s’agit de deux filles, je ne pense pas qu’il s’agisse seulement d’une série « girly ». Wendy et Marine se disputent, se prennent pour des super- héros, on ne parle pas que de maquillage ou de poupées  ! C’est bien plus vaste, comme peuvent être les centres d’intérêt des vraies filles.

    Les récits en une planche gag sont votre spécialité, avec plus d’une dizaine de séries différentes aujourd’hui…

    J’ai grandi avec Achille Talon et j’ai été marqué à vie ! Alors oui, j’aime ce format court et j’ai toujours rêvé de travailler dans ce format-là. Et comme je suis chez un éditeur qui s’est spécialisé dans ce genre-là, c’est parfait. Ce principe de gags permet d’aborder de nombreux thèmes d’une page à l’autre, sans forcément avoir une cohésion dans tout l’album. On peut passer d’une page à l’école à une page chez les copines, en vacances, etc.

    Vous avez développé ces dernières années beaucoup de nouvelles séries gags (avec les dinosaures, les gladiateurs, les insectes, etc), vous avez d’autres idées  ?

    Je suis sur de nouvelles séries un peu « historiques ». Une avec Cléopâtre enfant avec Richard Di Martino au dessin, et une autre sur l’enfance de Louis XIV. Un peu comme avec les insectes et les animaux marins, nous essaierons de donner des informations réelles tout en faisant des gags, pour permettre aux lecteurs d’apprendre des choses tout en s’amusant.

    Vous ne ressentez pas le besoin ou l’envie de réaliser des histoires plus longues  ?

    Le besoin non, mais envie oui. Je travaille d’ailleurs sur deux projets d’histoires complètes humoristiques, toujours chez mon éditeur. Une histoire fantastique sur le thème d’Halloween et un récit, plus historique, sur un petit garçon au Moyen-âge. Les deux restent dans un domaine plutôt comique. Pour l’instant, je ne me sens pas trop de me lancer dans le genre réaliste.Avec quels dessinateurs ferez-vous cela ?Il s’agira de deux dessinatrices. Cécile pour la série moyen-âgeuse et Ood Serrière pour l’autre.

    Pour en revenir aux Sisters, il y aura donc un tome 10  ?

    Oui, je pense. Et il y aura d’autres mini-romans. Il faut savoir que je pense plus ou moins tout le temps aux Sisters. Quand je termine un album, je pense déjà au suivant. Et ce n’est pas une corvée de m’y remettre, c’est un vrai plaisir. Wiliam m’envoie des infos sur ses filles et ainsi je peux partir sur des idées gags. Donc, on va partir sur le tome 10 et il y aura sûrement des petites surprises aussi. On essaie de gâter les lectrices et lecteurs entre deux albums de la série courante.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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