Un autorail vers l’inconnu ou le monde cheminot perdu

    Benoît Rivillon, comédien et écrivain, originaire d'Amiens, évoque le village de la Somme Outrebois.  «J’ai vécu au Pigeonnier. J’ai donc vécu à la verticale. Or, dans les villages, on vit à l’horizontale. La verticalité sépare les gens.» C’est Benoît Rivillon qui dit cela; c’est juste, simple et beau. Comment et quand ai-je fait la connaissance de Benoît Rivillon? Je ne me souviens plus. Par Facebook peut-être. Certainement, même. Je crois que ça lui avait fait plaisir que dans l’une de mes chroniques, je parle de gens de milieu modeste, et du Parti communiste. Benoît Rivillon, 43 ans, est né à Lille mais il a vécu son enfance et son adolescence à Amiens (école de l’avenue de la Paix, collège César-Franck). Formé à l’École nationale supérieure d’art dramatique de la Comédie de Saint-Étienne, il est devenu comédien. Aujourd’hui, il prête souvent sa voix à des documentaires qui passent à la télévision. Il vient aussi de sortir un premier livre, Autrefois Outrebois (Mon petit éditeur, 55 pages, 11 euros), un récit qui ressemble à un roman. Ou l’inverse. Écrit avec délicatesse, douceur et pudeur, ce court opus a pour décor le village d’Outrebois, dans la Somme, où il a vécu, enfant. «Ce livre m’a permis d’évoquer ce à quoi j’étais sensible: le monde paysan perdu.» Il a écrit l’histoire d’un dessin animé (un éléphant qui trouve de l’eau) qui devrait être réalisé sous peu, et travaille à la rédaction d’un polar. Quand je ne rencontre pas les écrivains, je vais au cinéma. Au Gaumont, j’ai vu La Cage dorée, de Ruben Alves avec notamment Joaquim de Almeida et Roland Giraud. Il s’agit d’une comédie plus profonde qu’elle n’en a l’air. L’univers d’une communauté portugaise de France est bien rendu. Maria et José Ribeiro vivent depuis trente ans dans un immeuble haussmanien de Paris. Elle est un concierge exemplaire; il est un chef de chantier remarquable. Ils sont devenus indispensables à leur entourage. Intégration parfaite. Jusqu’au jour où, à cause d’un héritage inattendu, leur vie bascule.J’ai été ému par ce film et j’ai repensé à mon ex-beau-père, d’origine portugaise qui adore la France; il est presque aussi ternois que moi. Tergnier, j’y suis justement retourné, il y a peu, pour un animer un atelier d’écriture à la médiathèque construite dans les locaux du buffet de la gare. En arrivant, j’avais envie de commander un demi de Stella Artois, comme au bon vieux temps. Je me suis contenté de regarder, à travers les vitres, un autorail qui partait vers l’inconnu.

    Dimanche 5 mai 2013

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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    • Pierre Chataigné

      merci pour ces envies de lecture, ces descriptions de personnages et … l’envie de partager un jour une Stella Artois avec vous.
      Pierre Chataigné

    • L’ARA

      Et bien cela donne envie d’en savoir plus , de lire ce livre et de monter dans l’autorail pour voyager !!!A suivre ….

      • Philippe Lacoche

        Merci pour ce commentaire, Sandrine. Belle journée. Ph.L.

    • catherine d.

      je ne sais pourquoi votre dernière phrase me parcourt d’un léger frisson, elle me rappelle une phrase d’un documentaire sur les trains (vu au cinéma il y a des années quan il y avait une première partie avant les films) “…crains qu’un jour les trains ne m’émeuvent plus…” ou quelque chose comme ça.
      bien à vous

      • Philippe Lacoche

        Merci, chère Catherine. Ravi de vous procurer des frissons. Très belle soirée. Ph.L.

        • catherine d.

          et la phrase exacte serait “crains qu’un jour un train ne t’émeuve plus” d’Apollinaire dans un poème qui s’appelle “la victoire”
          bonne soirée à vous aussi
          catherine

    • catherine d.

      houps, avec un “d” à “quand” ce n’est pas plus mal !

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