Un triple Burger qui laisse sur sa faim

    LORD OF BURGER, t.3 : Cook and Fight, d’Arleston, Alwett, Daniela Vetro, Alessandro Barbucci, ed. Glénat, 48 pages,

    Le concept de départ de “vrai-faux manga” gastronomique était incontestablement original. Mais Christophe Arleston, pour son arrivée chez Glénat a fait flop avec son premier Burger, que, personnellement, j’aimais bien. D’où un retour vers un format plus classique de bande dessinée franco-belge en 48 pages couleurs, ainsi que des albums toujours plus enrichis de de recettes de cuisine, de fiches oenologiques, d’astuces de chefs, etc. Et la parution simultanée de… trois albums de 48 pages (les deux premiers rassemblant, légèrement modifié le tome initial).

    Un reformatage au final un peu décevant – dans la mesure où l’on perd justement le côté manga déjanté – qui s’accompagne aussi d’un virage – qui apparaît également très opportuniste – de l’intrigue (co-écrite par Alwett).

    On se souvient que le récit débutait après la mort mystérieuse d’un chef acariâtre d’un trois étoiles Michelin, enfermé dans sa chambre froide. Evénement qui contraignait ses deux enfants à reprendre les rênes de l’établissement en situation particulièrement critique. Et cela d’autant plus que la fille, Ambre, se destinait à la sculpture sur glace au Japon et que le fils, Arthur, travaillait, pour provoquer son père, dans un fast-food…

    Cette sympathique saga familiale saupoudrée de polar dans l’univers des cuisines de la grande restauration, qui ne visait pas la haute gastronomie mais était une très bonne tambouille, vire, dans ce troisième album (la vraie nouveauté, donc)  vers le spectacle médiatique. Toujours désargentés, Arthur et Ambre acceptent de participer à une télé-réalité sous forme de “combat de chefs” – le “Cook and Fight du titre –  tandis que débarquent un ange gardien atypique, sous forme d’un cousin italien mafioso.

    Tout cela se lit, certes, sans déplaisir, grâce notamment au dessin enlevé et dynamique d’Alessandro Barbucci et à des couleurs chatoyantes. Mais à force d’en rajouter, et surtout, en partant un peu dans tous les sens, l’histoire se délite et l’intrigue perd de son charme. Les auteurs auraient dû relire la  planche pleine page ou Oscar, un des commis de cuisine se voit sermonner par le chef : “Beaucoup trop compliqué ! Trop de goûts qui s’entrechoquent ! La cuisine, c’est pas du cirque“… Il faut croire que la bande dessinée non plus. Mais bon, il n’est peut-être pas encore trop tard pour rattraper la sauce et trouver la bonne recette.

    Lord of Burger 3 : la bande annonce

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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