Yves Lecointre ou la cohérence d’une démarche

    A l’occasion de la trentième année d’activité au service de l’art contemporain, le directeur du Frac Picardie évoque le parcours de l’institution et de son travail dans la région.

    Qu’est-ce qui va marquer le quatrième trimestre de la saison du Frac Picardie?

    Yves Lecointre : La poursuite du 30e anniversaire du Frac Picardie et des Frac en général. Il y aura une implication importante dans toute la région et particulièrement dans les lieux les plus importants (centre culturel de Saint-Riquier, Beauvais, Soissons, Amiens, etc.) qui permettront de présenter des ensembles conséquents de la collection et d’être démonstratif de la cohérence qui a été développée depuis la création. Les expositions vont associer des oeuvres déposées par le Centre national des arts plastiques (CNAP), ce depuis septembre 2013. Il y aura aussi des présentations des acquisitions récentes (à la Maison de la culture d’Amiens) ainsi qu’une opération originale qu’on pratique pour la première fois : la présence d’oeuvres en gare d’Amiens en partenariat avec la SNCF dans le cadre d’une opération nationale qui concerne trente gares en France.

    Quelles seront les grandes lignes du Frac Picardie pour 2014?

    Nous allons continuer à développer la diffusion et la médiation des oeuvres auprès des publics les plus divers (notamment avec la consolidation des actions vers les milieux scolaires). Nous sommes également à la recherche d’expérimentations nouvelles (comme des rencontres dans le monde de la santé et de l’insertion, à l’hôpital Philippe-Pinel, à Amiens, à Ham dans un centre d’éducation, etc.).

    Parlez-nous de l’opération « Les pléiades » aux abattoirs de Toulouse, du 28 septembre 2013 au 5 janvier 2014.

    Dans le cadre des trente ans des Frac, l’opération « Les Pléiades » a été créée; elle consiste à réunir à Toulouse (dans les Abattoirs, le musée où se trouve le Frac Midi-Pyrénées) les propositions des 23 Frac de France, ce à partir des choix faits par les artistes eux-mêmes. Le Frac Picardie exposera des oeuvres de Jean-Michel Alberola qui a conçu un dessin mural (un index complet de la collection).

    Vous travaillez beaucoup avec Jean-Michel Alberola. Qui est-il?

    Une relation très ancienne s’est tissée avec lui depuis 1995. Il évolue entre Paris et d’autres villes. C’est un plasticien; il d

    Yves Lecointre, directeur du Frac Picardie. Septembre 2013

    éveloppe un rapport très important au dessin et c’est pour cela que notre relation s’est forgée. Nous avons organisé une des plus importantes expositions de peintures murales avec ses oeuvres. L’an dernier, nous avons organisé une rétrospective des néons qu’il a conçus depuis la fin des années 90. Il effectue un travail sur le long terme.

    En quoi va consister l’exposition « La main invente le dessin », à Saint-Riquier?

    Comme toutes les autres expositions, il s’agit de la présentation des acquisition du Franc, augmentée des dépôts du CNAP. Le dessin : une thématique présente dans la collection. Nous lui donnons un relief particulier en associant des oeuvres qui ne l’avaient pas été ou de manière partielle. C’est une exposition générique par rapport à la collection. La main comme outil ou image. Le geste d’écriture ou de représentations.

    Quel bilan tirez-vous de l’exposition « Si proches disparus », à la Maison de la culture d’Amiens?

    Pour le public, cette exposition est une surprise, ce de par l’ensemble des oeuvres, des artistes réunis et la qualité de présentations. Beaucoup de gens ne se rendaient pas compte de l’importance des oeuvres détenues par le Frac Picardie et la région. C’est un gros succès.

    Vous avez une politique de décentralisation dans toute la région. En quoi consiste-t-elle?

    La décentralisation est l’une des missions des Frac. Nous sommes parvenus à développer un réseau de partenaires réguliers (dont le réseau des galeries dans les collèges et lycées, ce depuis 1998, avec une douzaine d’établissements scolaires). Nous travaillons aussi avec les collectivités (Noyon, Clermont, Abbeville). On produit une vingtaine d’expositions par an dans l’ensemble de la région.

    On reproche aux Frac et aux artistes des Frac d’être abscons dans la présentation des oeuvres. Comment faire pour éviter cet obstacle?

    C’est vrai qu’on recueille cette remarque fréquemment. Nous en sommes conscients. Tout notre travail de médiation est de lever les à priori et globalement les obstacles se lèvent après discussions. Et les publics sont dans d’autres dispositions pour l’approche des oeuvres. Notre rôle est de ne pas modifier le propos des artistes et de donner aux publics l’accès aux oeuvres.

    Propos recueillis partenaire

    PHILIPPE LACOCHE

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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