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Les 5 finalistes ébouriffants du Grand prix de la critique ACBD 2021

Pas de débat habituel, lors du festival BD Boum de Blois, comme les années précédentes pour les membres de l’Association des critiques et journalistes de bande dessinée (ACBD) afin de déterminer les cinq finalistes pour le Grand prix de la critique.

Mais à l’issue d’un “visio-débat” virtuel, mais non moins consistant, ce sont cinq albums très divers qui sont sortis du lot, parmi les 15 pré-sélectionnés.

Un quintet de qualité, avec de l’anticipation métaphysique, un pseudo-conte médiéval évoquant des questions de parfaite actualité contemporaine, une évocation délicate d’une autrice sulfureuse, une adaptation personnelle et très travaillée et un récit très graphique inclassable.

Un reflet, assez réussi de la diversité actuelle de la bande dessinée et, surtout, des critères de ce prix qui vise à “soutenir et mettre en valeur, dans un esprit de découverte, des livres de bande dessinée, publiés en langue française, à forte exigence narrative et graphique, marquants par leur puissance, leur originalité, la nouveauté de leur propos ou des moyens que les auteurs et autrices y déploient”.

Par ordre alphabétique, les cinq finalistes sont :Anaïs Nin, sur la mer des mensonges, de Léonie Bischoff (Casterman)

Carbone & Silicium, de Mathieu Bablet (Ankama)

Peau d’homme, d’Hubert et Zanzim (Glénat)

Longue vie, de Stanislas moussé (Le Tripode)

Un travail comme un autre, d’Alex W. Inker (Sarbacane)

 

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Mobilisation pour “la chaîne du livre confinée”

Reconduit pour 15 jours au minimum, le confinement se traduit notamment par la fermeture des librairies et la réduction de l’accès aux livres – et aux bandes dessinées, s’agissant de ce qui est traité ici. Une mesure qui fait réagir les premiers concernés, auteurs ou journalistes spécialisés.

Un dessin de Riad Sattouf pour la réouverture des librairies.

Le reconfinement continue donc au moins pour quinze jours. Et avec lui notamment la fermeture de l’accès aux librairies (sans parler de l’interdiction d’accès aux rayonnages dans les supermarchés ou autres grandes surfaces). Alors, certes, la mise en place du “click and collect”, c’est-à-dire l’achat en ligne et le retrait en boutique permet d’offrir un petit chemin de traverse à l’autoroute ouverte à Amazon.

Le “clic and collect”, pas la panacée

Reste que, comme l’ont déjà pointé plusieurs auteurs ou libraires spécialisés, cela revient, sur le fond, à privilégier encore un peu plus les “best sellers”, ceux qui se vendent tout seuls, sans l’appui des conseils des libraires ou des critiques de la presse. Pour les autres, petits éditeurs ou auteurs émergents, il ne faut donc compter que sur une curiosité plus grande des lecteurs, notamment pour les “prescriptions” pouvant être faites par les magazines ou sites de presse spécialisée BD – et cela au-delà de tout plaidoyer pro domo… Autant dire que ce n’est pas gagné.

A cela s’ajoute les difficultés accrues des auteurs qui avaient déjà vus les sorties déprogrammées ou reculées au printemps et qui subissent aujourd’hui un second contrecoup d’éditeurs pas trop chauds à envoyer leurs nouveautés dans des librairies fermées.

Un dessin de Catherine Meurisse
un dessin d’Alexis Dormal.

…………………………………………………………………………Les auteurs s’expriment

Depuis le début du confinement, divers auteurs ont d’ailleurs fait part de leur colère et de leur mécontentement. Plusieurs l’ont exprimé par des dessins mis en ligne (repris ici et là dans ce texte).

Plus symboliquement encore quatre parrains et marraines de l’année « BD 20-21», l’opération de promotion de la bande dessinée initiée par le ministère de la Culture ont collectivement démissionné de l’opération.

Par ce geste fort, Florence Cestac, Jul, Régis Loisel et Catherine Meurisse entendaient protester contre cette fermeture des librairies et ils dénoncent “l’incohérence et les contradictions des choix politiques à l’égard de la culture et des métiers du livre en ce temps de pandémie de démissionner immédiatement de cette responsabilité ».

L’ACBD affirme son soutien au monde du livre

Une « indifférence impardonnable envers ce qui fait battre le cœur de notre société », également pointée, ce vendredi 13 novembre, par l’Association des critiques de bande dessinée (ACBD), qui dans un communiqué, “apporte son soutien à la chaîne du livre confinée“.

L’ACBD voit dans les mesures gouvernementales prises “la conséquence directe d’une politique publique qui ne considère pas les livres comme des biens essentiels“. Et l’association, “qui promeut l’information sur le 9e art dans les médias, se sent particulièrement concernée par la situation puisque les lecteurs ne peuvent plus acheter les livres que ses 96 membres prescrivent dans l’ensemble des media audiovisuels, radiophoniques, internet, etc., qu’ils soient généralistes ou spécialisés.
L’ACBD appelle donc le gouvernement à considérer les répercussions de la crise sanitaire
actuelle sur la chaîne entière du livre, et à l’aider en conséquence.”

Deux dessins de Joan Sfar, exprimant son incompréhension face aux mesures prises pour le secteur du livre

 

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Le prix Comics ACBD 2020 pour “Kent State”

Le prix Comics de la critique ACBD 2020 a été décerné à Kent State, de Derf Backderf.

On peut dire, sans trahir le secret des votes, qu’il faisait partie des favoris de cette sélection 2020 du prix Comics ACBD. Pour ne pas dire le favori. Kent State, de Derf Backderf a donc été choisi par les journalistes et critiques membres de l’ACBD comme prix Comics de la critique ACBD 2020.

Un choix qui s’imposait déjà un peu en lien avec l’actualité américaine récente. Mais surtout pour la qualité remarquable du travail réalisé et la force graphique de sa restitution, faisant converger un travail d’auteur et une vraie reconstitution historique.

Dans son communiqué, l’ACBD souligne aussi que ce comic-book documentaire “parvient à créer de l’empathie pour les protagonistes d’un événement historique américain tout en associant une rigueur d’enquête indiscutable. Cet album fait la démonstration de la maturité d’un auteur qui avait déjà marqué les esprits en France avec son glaçant Mon ami Dahmer. C’est une œuvre autant qu’un artiste qui s’installe, album après album, dans le 9e art mondial.”

Des qualités fortes qui n’enlèvent rien, cependant, aux autres titres en compétition: Batman créature de la nuit, de Kurt Busiek et John Paul Leon, Mind MGMT de Matt Kindt ou Sur la route de West de Tillie Walden. A titre personnel, on a été un peu plus dubitatif à l’égard de l’Histoire de l’univers Marvel, de Mark Waid et Javier Rodriguez, sans doute le plus réservé à un public de fans pointus des comics de super-héros.

Pour cause d’épidémie de COVID-19, ce prix sera envoyé à l’éditeur français de Derf Backderf (les éditions çà et là, qui suivent depuis le début l’auteur de l’Ohio) et il sera remis virtuellement au cours d’une séance en visio-conférence avec les membres de l’association.

 

 

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De quoi lire cet été avec les “indispensables” de l’ACBD

Les librairies ont rouvert. Occasion de découvrir, un brin en désordre, les nouveautés décalées ou redécouvrir des ouvrages de début d’année, éclipsés par ce fameux virus. Bref, plus que jamais, la liste des “indispensables de l’été” proposée par l’Association des journalistes et critiques de bande dessinée (dont fait partie l’auteur de ces lignes, pour être totalement transparent) peut être utile

Afin de faciliter l’orientation des lecteurs parmi la masse des nouveautés et à partir de la liste de toutes les bande dessinée parues entre le 1er novembre 2019 et le 6 juin 2020 (environ 1 900 titres), les 96 membres actifs de l’ACBD ont choisi, chacun, 10 albums qui leur ont semblé incontournables. Voici donc les dix albums qui ont retenu l’attention des membres de l’ACBD. A emporter en vacances, par ordre alphabétique :

Aldobrando ​par Gipi et Luigi Critone (éditions Casterman). Un très joli conte vaguement médiéval et un peu philosophique.

La Bombe​ par Didier Alcante, Laurent-Frédéric Bollée et Denis Rodier (éditions Glénat). Le récit, très documenté et détaillé, dans un style très réaliste de la lutte pour la réalisation de la bombe atomique, depuis l’entre-deux guerres jusqu’à l’expolosion d’Hiroshima et Nagasaki. Une page d’histoire méconnue brillamment restituée.

L’Homme qui tua Chris Kyle ​par Fabien Nury et Brüno (éditions Dargaud). L’évocation du plus fameux snipper de l’armée américaine, s’étant illustrée en Irak et à qui Clint Eastwood consacra un film et des conditions de sa mort. Mais aussi, en creux, un portrait en clair-obscur de l’Amérique récente.

La Nuit est mon royaume​ par Claire Fauvel (éditions Rue de Sèvres). Le parcours – voire le combat – de deux adolescentes de banlieue rêvant de devenir rock stars. Un récit social et sentimental très bien rythmé.

Mind MGMT​, tome 1 par Matt Kindt (éditions Monsieur Toussaint Louverture). Une trilogie inédite en français, datant de 2012 de cet important auteur américain (dont la maison d’édition bordelaise avait déjà publié l’excellent polar Du sang sur les mains). Entre espionnage et thriller psychologique sur fond d’agents secrets aux pouvoirs psychiques très spéciaux.

Paul à la maison​ par Michel Rabagliati (éditions La Pastèque). Neuvième tome de l’autobiographie fictionnelle de l’auteur canadien. Cette fois, Paul vit une drôle de crise de la cinquantaine, après un divorce, une fille désirant s’établir à l’étranger, sa mère souffrant d’un cancer et ses propres problèmes dentaires. Mais, comme toujours, c’est touchant et plein d’autodérision.

Payer la terre​ par Joe Sacco (éditions Futuropolis). Le grand retour de Joe Sacco à la “BD-reportage”. Un gros livre-enquête auprès des peuples premiers du nord ouest canadien. Et un récit magnifique, entre enquête journalistique et approche ethnographique sur la destruction des hommes et de la nature.

Peau d’homme​ par Hubert et Zanzim (éditions Glénat). En pleine Renaissance italienne, une jeune femme se vêt d’une “peau d’homme” magique, qui va lui permettre de ressentir les sentiments masculins. Et découvrir la vérité sur son futur mari. Réflexion subtile sur l’amour et l’homosexualité.

Pucelle T.1​ par Florence Dupré la Tour (éditions Dargaud). Florence Dupré La Tour avait évoqué, dans son précédent album son enfance bucolique à la campagne. Elle y revient, mais en s’intéressant plus cette fois ci aux moeurs d’une famille très catholique et pas mal coincée, d’où sa découverte angoissante de la sexualité. Mais, le tout est raconté avec beaucoup d’humour.

Un travail comme un autre ​par Alex W. Inker (éditions Sarbacane). Cette adaptation d’un roman de Virginia Reeves, plonge dans l’Amérique rurale de l’entre deux-guerres, autour d’une famille de fermiers de l’Alabama. Avec, comme toujours chez Alex W.Inker, un travail graphique en parfaite adéquation avec son sujet.

 

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Préférence au système d’Ugo Bienvenu pour le Grand prix ACBD de la critique 2020

Préférence système​, d’​Ugo Bienvenu (édition Denoël Graphic) est le Grand Prix de la critique ACBD 2020.

L’Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée (ACBD) vient de dévoiler le nom de son Grand Prix de la critique 2020. Et c’est Préférence système d’Ugo Bienvenu, publié chez Denoël
Graphic.

Il s’agit là du troisième album d’Ugo Bienvenu après les remarqués Sukkwan Island et Paiement accepté. Ce dernier, autour d’un cinéaste en mal de créativité et d’un producteur de ciné aux faux airs de Donald Trump était pensé comme la première partie d’une trilogie dont son nouvel album fait figure de partie centrale, avant un troisième album conclusif à venir.

Ici, Ugo Bienvenu, né en 1987, aborde la problématique de la sauvegarde  de nos données numériques et la place grandissante de la machine dans notre quotidien. Mais aussi, plus profondément sur la mémoire collective et la transmission… “Une fascinante réflexion sur un futur  pas si lointain, à la fois effrayant et magnétique“, comme le souligne le communiqué de l’ACBD.

y Préférence sytème succède au palmarès à Moi ce que j’aime, c’est les monstres – livre premier d’Emil Ferris. Et il a été préféré, lors du vote final, à quatre autres albums, également plutôt pointus: Dans un rayon de soleil, de Tillie Walden (Gallimard), Les Deux Vies de Pénélope, de Judith Vanistendael (Le Lombard), Le Rapport W , Infiltré à Auschwitz, de Gaëtan Nocq (Daniel Maghen) et Révolution, t.1 : Liberté, de Younn Locard et Florent Grouazel (Actes Sud-L’An 2).

Rappelons que ce Grand Prix de la Critique ACBD, a pour ambition de « soutenir et mettre en valeur, dans un esprit de découverte, un livre de bande dessinée, publié en langue française, à forte
exigence narrative et graphique, marquant par sa puissance, son originalité, la nouveauté de
son propos ou des moyens que l’auteur y déploie. »

L’ACBD compte 97 journalistes et critiques qui parlent régulièrement de bande dessinée
dans la presse régionale et nationale écrite, audiovisuelle et numérique en France et dans
d’autres pays francophones.

Le Grand Prix de la Critique ACBD 2020 a été choisi parmi les 4362 nouveaux titres publiés  dans l’espace francophone européen (France, Belgique, Suisse) entre le 1er novembre 2018 et le 31 octobre 2019. Il sera officiellement remis à son auteur lors du prochain festival d’Angoulême, fin janvier prochain.

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Ce 5 décembre très attendu… pour l’ACBD et son Grand prix

Ce 5 décembre 2019 est un jour désormais très attendu… Ce sera en effet ce jour là que sera dévoilé le nom de l’album Grand Prix de la critique ACBD 2020.

La dernière pré-sélection, des cinq derniers albums en lice, a eu lieu le week-end dernier, lors du festival BD Boum à Blois.

Plutôt pointue, celle-ci correspond bien à l’objectif de ce prix, qui est de “soutenir et mettre en valeur, dans un esprit de découverte, un livre de bande dessinée publié en langue française, à forte exigence narrative et graphique, marquant par sa puissance, son originalité, la nouveauté de son propos ou des moyens que l’auteur déploie“.

Original” comme le space opera adolescent et lesbien de Tillie Walden, Dans un rayon de soleil (ed. Gallimard).
A forte exigence narrative” comme le récit fort des Deux vies de Pénélope (ed. Le Lombard) de Judith Vanistendael ou Le rapport W, infiltré à Auschwitz (ed. Daniel Maghen) de Gaëtan Nocq. Tout comme Révolution, tome 1: Liberté (ed. Actes Sud-l’An 2) de Younn Locard et Florent Grouazel, marquant aussi par “sa puissance“.
La nouveauté de son propos“, comme pour cette réflexion sur la transmission et la mémoire numérique de Préférence système (ed. Denoël Graphic) d’Ugo Bienvenu.

Et, pour ce qui est de “l’esprit de découverte“, et l’intérêt de “la mise en valeur”, cela pourrait se prêter au cinq ouvrages.

Les journalistes et critiques de l’ACBD ont jusqu’au 2 décembre pour se prononcer par un ultime vote. Avant la proclamation des résultats par l’association.

 

 

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Prix ACBD Jeunesse 2019, il y en a pour tous les goûts

L’ACBD a dévoilé la sélection des cinq titres en lice pour le quatrième Prix Jeunesse-ACBD.

Le comité de sélection pour le prix ACBD Jeunesse a fait dans l’éclectisme, cette année, pour le choix des cinq albums concourant pour ce quatrième prix. Illustration aussi de la diversité de l’offre en matière de bande dessinée jeunesse. Par ordre alphabétique, les cinq nominés sont…

● Les Amoureux de Victor Hussenot, éd. La Joie de Lire.
Auteur des singuliers Spectateurs et des Etoiles du temps, Victor Hussenot raconte ici l’histoire de deux jeunes amoureux, à travers un récit sans texte, au stylo bille (bleu pour le garçon, rouge pour la fille). Minimaliste et poétique.
● Le Fils de l’Ursari de Xavier-Laurent Petit, Isabelle Merlet, Cyril Pomès, éd. Rue de Sèvres.
Adapté d’un roman de Xavier-Laurent Petit, l’émouvante histoire d’une famille de Roms débarqués à Paris et du salut pour eux trouvé dans la découverte des échecs par le plus jeune fils de la famille de “l’ursari” (le montreur d’ours).
● Glouton, La terreur des glaces de B-Gnet, éd. BD Kids.
L’humour absurde – et souvent génial – de B-Gnet (rappelons le western Santiago ou l’hommage à la BD franco-belge Lutin Spirix) s’ouvre aux plus petits avec cette évocation d’un carcajou polaire, avec un humour grinçant et toujours bien barré.
 Lettres d’amour de 0 à 10 ans, de Susie Morgenstern et Thomas Baas, éd.Rue
de Sèvres.
L’arrivée d’une nouvelle élève, Victoire, va bousculer la vie ennuyeuse d’Ernest, qui vit seule avec sa grand-mère depuis la mort de sa mère et la disparition de son père. Adaptation d’un roman jeunesse et ode à la fantaisie et à la détermination, dans un univers graphique faisant un peu songer au Petit Nicolas de Sempé.
● Magus of the Library de Mitsu Izumi, éditions Ki-oon.
Une série manga en forme de déclaration d’amour aux livres et à la lecture, à travers un récit initiatique d’un jeune garçon pauvre rêvant de devenir “kahuna”, mage de la grande bibliothèque de la cité centrale de ce monde imaginaire, pas si éloigné du nôtre s’agissant de ses rêves et de ses peurs.

Le nom du ou de la lauréate sera révélé lors de la cérémonie de remise du prix, ce samedi 30 novembre lors Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil. Un nouvel auteur (ou auteure, donc), qui succédera à Léa Mazé, récompensée en 2018 pour le premier tome  des Croques parue aux Éditions de la Gouttière.

 

 

Après avoir délibéré, le comité de sélection du Prix Jeunesse-ACBD soumet au vote de tous les membres actifs de l’ACBD, les cinq titres suivants :

·         Les Amoureux de Victor Hussenot, éditions La Joie de Lire

·         Le Fils de l’Ursari de Xavier-Laurent Petit et Cyril Pomès, éditions Rue de Sèvres

·         Glouton, La terreur des glaces de B-Gnet, éditions BD Kids

·         Lettres d’amour de 0 à 10 ans, de Susie Morgenstern et Thomas Baas, éditions Rue de Sèvres

·         Magus of the Library de Mitsu Izumi, éditions Ki-oon

 

L’ensemble des versions électroniques de ces livres est téléchargeable ici :

https://www.dropbox.com/sh/1c91mfuaennr3f5/AABpFOnNJciaadlO_xFNVf9Ya?dl=0

 

Afin de faciliter le téléchargement, le lien général pour disposer de toutes les épreuves comprend les trois volumes de Magus of the Library en version allégée. Si toutefois vous préférez le lire dans sa version plus complète et qui respecte mieux les planches tramées de cette série, vous pouvez télécharger l’ensemble en haute définition par le lien suivant :  https://www.dropbox.com/sh/8h5yde877s91ufm/AADhx0wPi6VwCptgL1AMGez2a?dl=0

 

Le vote à un tour est ouvert jusqu’au mardi 26 novembre à 8h. Chacun dispose donc de 10 jours pour prendre connaissance de la sélection et exprimer son vote auprès d’Anne Douhaire (anne.douhaire@radiofrance.com) et uniquement auprès d’elle en désignant un (et un seul) titre préféré. Ne pas faire “Répondre à tous” !

 

Le Prix Jeunesse-ACBD sera remis le 30 novembre à 16h au Salon du Livre et de la presse Jeunesse de Montreuil. Soyez les bienvenus pour féliciter la lauréate ou le lauréat.

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Les 15 albums de l’année pour le Grand prix de la critique ACBD

C’est une liste toujours très attendue dans le petit milieu de la bande dessinée. Et aussi, surtout, un indicateur des albums de qualité de l’année. Même si, forcément, chacun déplorera l’absence d’un ou plusieurs de ses favoris.

Voici donc la liste des quinze albums pré-sélectionnés par les membres de l’Association des critiques et journalistes de bande dessinée (ACBD) en vue de son Grand prix de la critique 2020 (par ordre alphabétique)….

Dans un rayon de soleil, de Tillie Walden, éd. Gallimard.
Un gros (500 pages) récit de science-fiction assez délirant, qui est surtout prétexte à parler d’amour lesbien adolescent.
Dans la tête de Sherlock Holmes , L’Affaire du ticket, de Benoît Dahan et Cyril Liéron, d’après Conan Doyle, éd. Ankama.
Une nouvelle adaptation des enquêtes du célèbre détective, porté par un graphisme original et étonnant.
Les deux vies de Pénélope, de Judith Vanistendael, éd. Le Lombard.
Un roman graphique au propos fort, sur une femme chirurgien de guerre qui rentre chez elle, déphasée, après une longue mission.
In Waves , d’AJ Dungo, éd. Casterman.
Album hommage à une jeune femme morte d’un cancer et, parallèlement, histoire du surf. Mélange surprenant et réussi.
Les Indes fourbes de Juanjo Guarnido et Alain Ayroles, éd. Delcourt
épopée picaresque d’un sympathique vaurien dans le nouveau monde des Conquistadors. Par le dessinateur de Blacksad (mais sans dessin animalier).
Le Loup, de Jean-Marc Rochette, éd. Casterman.
Récit de montagne en forme de fable quasi-métaphysique et écolo entre le loup et l’homme, dans un massif des Ecrins magnifiquement restitué.
Les Nymphéas noirs, de Didier Cassegrain et Fred Duval, d’après Michel Bussi, éd.Dupuis.
adaptation d’un roman de Michel Bussi… assez inadaptable et défi bien relevé.
#Nouveau contact, Bruno Duhamel, éd. Grand Angle / Bamboo.
Une charge malicieuse et pertinente sur les réseaux sociaux à partir d’un alter ego du monstre du Loch Ness.
Le Patient, de Timothé Le Boucher, éditions Glénat.
Un nouveau thriller prenant, après Ces jours qui disparaissent, par un jeune auteur prometteur.
Préférence Système , d’Ugo Bienvenu, éditions Denoël Graphic.
Une réflexion très actuelle sur la transmission de la mémoire, à travers un récit de science fiction graphiquement impeccable et troublant.
Le Rapport W, Infiltré à Auschwitz , de Gaëtan Nocq, éd.Daniel Maghen.
Une histoire aussi incroyable que vrai d’un interné volontaire dans le camp nazi. Et un traitement graphique intimiste et singulier.
Révolution, Tome 1 : Liberté, de Younn Locard et Florent Grouazel, éd.Actes Sud-L’An 2.
Le début d’une trilogie chorale sur la Révolution française, vibrante et multipliant les points de vue.
Le Roman des Goscinny, de Catel, éd. Grasset.
Un “biopic” de plus de 300 pages sur la vie du père d’Astérix et de Lucky Luke. Une somme sur un pan de l’histoire de la bande dessinée franco-belge.
Senso, d’Alfred, éditions Delcourt.
Après Come prima, primé à Angoulême, Alfred repart en Italie avec ce roman graphique intimiste
Spirou, L’Espoir malgré tout, un peu plus loin vers l’horreur, d’Emile Bravo, éd. Dupuis.
La suite des aventures tragi-comiques de Spirou et Fantasio dans la Belgique occupée de la Seconde Guerre mondiale. Dans un style rétro fort bien maîtrisé.

A la suite d’un premier vote, ce week-end, les membres de l’ACBD choisiront une liste finale de cinq albums, qui sera annoncée ce samedi soir lors du festival BD Boum de Blois. Au terme d’un second vote, le Grand Prix 2020, décerné lors du festival d’Angoulême, sera connu début décembre.

Rappelons que ce Grand Prix ACBD a pour vocation et objet de « soutenir et mettre en valeur, dans un esprit de découverte, des livres de bande dessinée, publiés en langue française, à forte exigence narrative et graphique, marquants par leur puissance, leur originalité, la nouveauté de leur propos ou des moyens que les auteurs y déploient ».

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Premier prix ACBD Comics miraculeux

Mister Miracle est le premier prix ACBD Comics. Il a été officiellement décerné hier.

Sur le Paris Comic Com (photo Yanek Chareyre)

Cette année, pour la première fois, l’Association des critiques et journalistes de Bande Dessinée (ACBD) a choisi de récompenser spécifiquement un “comics”, ou plus exactement donc une bande dessinée issue d’un pays de culture anglo-saxonne et adaptée en français par un éditeur francophone. Un nouveau prix qui rejoint les prix ACBD-Asie, ACBD-Québec (dont le nouveau lauréat devrait être très prochainement connu), ACBD-Jeunesse ; prix venant encadrer le vénérable Grand Prix – qui sera pour sa part révélé en décembre.

Pour marquer cette nouvelle dimension, il fallait donc un album à la hauteur. La sélection ne manquait pas de qualité, ni de diversité – démontrant, comme on le rappelait voilà peu, que le “comics est bien devenu un média et non plus un simple genre”.

Et c’est donc Mister Miracle, scénarisé par Tom King et dessiné par Mitch Gerads (publié par DC Comics et adapté en version française par Urban Comics sur une traduction de Jérôme Wicky) qui a recueilli le maximum de suffrages de membres de l’ACBD, devançant le plus tortueux mais moins emblématique Tumulte. de John Harris Dunning et Michael Kennedy (ed. Presque Lune).

Comme le note le communiqué de l’ACBD, cette série en 12 épisodes “représente un acte de défi envers un des génies du comic-book, Jack Kirby, créateur du personnage de Mister Miracle. Dans les objectifs du personnage-titre, dans la banalisation du divin cosmique, dans la sobriété d’un découpage gaufrier, tout est fait pour venir interroger le poids du « King des comics » sur la nouvelle génération
d’auteurs et autrices du comic-book de super-héros.” une vraie oeuvre référencielle donc (et qui, comme telle nécessité une bonne connaissance du personnage originel pour en saisir toutes les références et nuances), appuyée par un traitement graphique très fort également. Un bon choix à l’égard des lecteurs de comics et du public du Comic Com 2019 Paris où le prix a été officiellement remis ce vendredi 25 octobre.

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Un premier Prix ACBD Comics

Pour la première fois, l’Association des Critiques et journalistes de bande dessinée va remettre son “Prix Comics de la Critique ACBD”. Cinq albums en lice. 

Il y avait l’historique Grand prix de la critique, puis il y a eu le Prix ACBD Asie, le Prix Jeunesse (remporté l’an passé par Les Croques, de Léa Mazé, ed de la Gouttière) et le Prix Québec. Il y a donc une certaine logique à voir un autre genre emblématique du 9e art être à son tour distingué par une récompense spécifique.

Ce nouveau prix ACBD Comics vise donc à récompenser – et à mettre en lumière auprès d’un plus large public – un ouvrage de bande dessinée paru initialement en anglais, publié par un éditeur anglophone dans une zone culturelle liée aux comic-books et traduit en français pour les pays francophones. Comme les autres prix, celui-ci répondra à la définition des prix ACBD, à savoir “porter une forte exigence narrative et graphique, marquant par sa puissance, son originalité, la nouveauté de son propos ou des moyens que l’auteur y déploie”.

Pour cette première édition, le comité de sélection (composé de journalistes et critiques membres de l’ACBD) a établi une pré-liste de 5 titres. Ceux-ci sont désormais soumis au vote des adhérents de l’association. Le lauréat sera annoncé le 25 octobre, lors de la Comic Con Paris.

Les cinq prétendants à ce premier prix présentent une réjouissante diversité, graphique et de style. Par ordre alphabétique :

Mister Miracle, par Tom King et Mitch Gerads (Urban Comics). A la croisée des travaux de Jack Kirby et d’Alan Moore, comme le précise son éditeur, cette histoire de fils de Dieu très humain, – confronté à une guerre sans pitié dans son univers d’origine et aux affres de la vie humaine ici-bas – a remporté un Eisner Award du meilleur scénariste et du meilleur dessinateur 2018 ainsi que l’Eisner Awards de la meilleure série limitée 2019.

 

 

 

Multiversity, par Grant Morrison, collectif (Urban Comics). Loin d’être unique, la Terre est en fait une des dimensions parallèle d’un “multivers” de 52 mondes parallèles, défendus par autant de super-héros différents qui se voient agressés par des créatures interdimensionnelles. Et des univers qui communiquent entre eux grâce… à des comics. Brillant narrativement et graphiquement (par la palette de dessinateurs différents réunis par Grant Morrison), cette saga nécessite néanmoins une certaine familiarité avec l’univers DC Comics, ou quelques clés de lecture, faute de quoi on risque de décrocher assez vite.

 

Pour l’amour de Dieu, Marie !, par Jade Sarson, (Cambourakis). Atypique, dans cette liste et en soi, ce roman graphique (qui se retrouve ici surtout par la nationalité de son auteure) décrit le parcours d’une femme, des années 1960 aux années 1980. Élevée dans un pensionnat catholique, Marie va mettre en pratique à sa manière le commandement divin: « Aime ton prochain ». Au-delà des normes établies, mais avec une générosité “pansexuelle” et une sensibilité égales au joli dessin de Jade Sarson.

 

 

Tumulte, par John Harris Dunning et Michael Kennedy (Presque Lune). Autre roman graphique singulier, pas forcément immédiatement associé aux “Comics”, ce récit plonge en effet un homme un peu blasé dans un vrai “tumulte” lorsqu’il va rencontrer l’étonnante Morgane, qui souffre d’un trouble dissociatif de la personnalité. Un syndrome très bien illustré par les différents de style graphique et une narration très déstabilisante.

 

 

 

 X-Men Grand Design tome 1, par Ed Piskor (Panini Comics). Connu – et reconnu – pour son histoire en cours du hip-hop, Ed Piskor s’attache ici en vrai “fan” à ces super-héros emblématiques que sont les X-Men. Il se propose donc de retracer l’histoire des personnages en réunissant tous les récits dans une nouvelle trame chronologique. Et de faire, pour Marvel, un peu ce que fait Morrison pour DC Comics. Mais il le fait en conservant son style rétro-pulp si particulier et avec une trame qui est quand même nettement plus accessible aux profanes et néophytes. Et une belle introduction à l’univers des Comics de super-héros. A noter qu’un deuxième tome est déjà paru, au printemps dernier.