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Le retour de Zombillénium ne manque pas d’air

Zombillénium, tome 4: la fille de l’air, Arthur de Pins. Editions Dupuis, 48 pages, 14,50 euros.

Après un détour (réjouissant et réussi) sur grand écran, les vampires, zombies et démons de Zombillénium sont donc de retour. Dans la droite ligne du précédent album.

Viré, l’ex-directeur Francis Von Bloodt, aidé de la jeune sorcière Gretchen ont mis en place un réseau d’exfiltration des monstres du parc, pour les soustraire à leur nouvelle exploitation. Mais le système est mise à mal par l’arrivée d’une sorcière farouche au look rasta, nouvelle attraction-vedette du parc, Charlotte. Avec l’aide involontaire d’une policière, les “résistants” vont alors envisager une nouvelle opération.
Et pendant ce temps, même si Zombillénium affiche d’excellents résultats, son propriétaire, Behemoth, s’en lasse et annonce sa mise en vente (provoquant une brusque flambée de l’indice Inferstoxx 201), ou plutôt sa mise en jeu lors d’un sabbath de sorcières devant opposer Gretchen et Charlotte… avec Aurélien comme mise.

Cela fait cinq ans qu’on attendait de leurs nouvelles. Celles-ci sont plutôt bonnes. Enfin, plutôt mal engagées pour nos protagonistes dans cette première partie de l’aventure, mais plutôt réjouissantes pour le lecteur. On retrouve les personnages comme on les avait quitté à la fin du tome 3.

Si la tonalité de cet album est plutôt sombre et morose, sa retranscription graphique est toujours aussi colorée et dynamique. Et le casting s’étoffe de l’arrivée d’une nouvelle créature au fort caractère, qui n’a apparemment pas dévoilé tous ses secrets. De quoi donner également envie de connaître la suite. Plus rapidement, cette fois.

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Zombillénium, monstres et (bonne) compagnie à l’écran

Déjà très visuelle et d’un graphisme très “animé”, la série Zombillénium est désormais un film (occasion aussi d’une ré-édition enrichie du tome 1 de la BD et d’une expo à Paris). Arthur de Pins réussit le passage de la planche à l’écran, avec un long-métrage très sympathique, dynamique et bien dans l’esprit de sa saga dessinée. A voir dès aujourd’hui en salles.

Les lecteurs de la série BD ne seront pas dépaysés. Et les spectateurs qui ne la connaîtraient pas découvriront une ambiance gentiment fantastique et une galerie de personnages drôles et attachants.

Un joli prologue résume habilement le propos et conte comment ce parc d’attraction (réellement) monstrueux est venu s’implanter dans le Valenciennois. Des mineurs percèrent une galerie qui débouchait directement sur l’enfer. Un opportun coup de grisou transforma tout le monde en zombies, condamnés à errer dans le secteur, jusqu’à ce que le vampire Von Bloodt ne persuade Behemoth d’offrir une meilleure condition à ces âmes damnées, en en faisant des employés d’un parc «vraiment» monstrueux. Un parc qui va se voir confronté à un contrôleur antipathique, puis, plus gravement, à une opération capitalistique menaçant son existence même.

En 3D et au second degré, ce film mis en scène par l’auteur lui-même (avec Alexis Ducord, en co-réalisateur) est construit sur une trame proche du premier album de la saga. Avec la découverte du parc et des personnages par le nouveau “démon”, qui va sympathiser avec la jeune sorcière-stagiaire Gretchen ; une stagiaire qui va s’avérer cacher son jeu. Changement, en revanche pour le héros: Hector Saxe, l’inspecteur des normes succède à Aurelien, le braqueur maladroit et dépassé de la BD. Le changement n’apporte pas grand-chose, si ce n’est d’amener le personnage de la petite fille (à destination du jeune public ou pour étoffer le scénario ?), dont la jolie frimousse de métisse débrouillarde rappellera un peu Kirikou, autre personnage emblématique produit par la maison Gebeka.

Pour le reste, le passage des planches au grand écran est bien maîtrisé. Passage il est vrai facilité par des albums au style déjà très « 3D » et très cinématographique. L’histoire conserve donc son humour satirique et son ton de comédie sociale (entre les zombies « monstres moches » et les vampires «branchés»), tout en instillant la dose nécessaire d’aventure et d’action pour passer un moment réjouissant (dont un final spectaculaire et brillant). Un dynamisme rehaussé par la bande-son très rock créée par Mat Bastard, l’ex-chanteur du groupe nordiste Skip The Use, et qui donne le ton, rythmé et énergique au film. Un film très “attractif”, donc.

Un album enrichi et une exposition en bonus

éditions Dupuis profitent de l’occasion de cette sortie pour rééditer le tome 1 de Zombillénium, Gretchen, enrichi d’un cahier de huit pages d’entretien-présentation de la série et du film. De la fameuse couverture de Spirou (en 2008) où sont nés véritablement les personnages de Zombillénium, jusqu’au “clap de fin” du film, en passant par les péripéties budgétaires et de tournage et l’explication, justement, à l’éviction d’Aurélien, qui n’avait “pas assez de mordant”. Une bonne manière de mettre en perspective les différentes facettes de l’univers de Zombillénium.

Par ailleurs, toujours dans cet accompagnement de la sortie du film, la Galerie parisienne Arludik propose une exposition inédites de dessins de production et de recherches graphiques du film. Arthur de Pins, Alexis Ducord et les characters designers et animateurs ont aussi dessiné, peint et créé des oeuvres uniques, hommage et clin d’oeil à leur film, notamment des aquarelles originales et des dessins d’études des personnages. Des oeuvres à voir (et à acheter aussi, pour les amateurs) jusqu’au 11 novembre.

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Arthur de Pins, parrain de l’ABD à la rentrée et en Picardie avant cela

Après Zep, Arthur de Pins sera à la rentrée prochaine le parrain de la deuxième promotion de l’Académie Brassart-Delcourt, école supérieure formant aux métiers de la bande dessinée.

arthur de pinsL’auteur de La Marche des crabes et de Zombillénium “s’impliquera dans l’accompagnement de chaque étudiant, en prodigant ses conseils de professionnel et en partageant ses expériences d’auteur”, soulignent dans un communiqué les éditions Delcourt.

Depuis début février, le recrutement pour la nouvelle cession de trois années d’études est
ouvert (contact@academie-bd.fr) et une journée Portes ouvertes aura lieu le 1er avril.
Seuls 25 dossiers de candidature seront retenus.

D’ici l’automne, on aura l’occasion aussi de voir Arthur de Pins en Picardie.

A deux occasions.

Tout d’abord, fin mars, lors du nouveau festival de la Cyberbulle, à Compiègne, où il proposera une conférence/démo sur le dessin vectoriel.  Puis début juin, lors des 20e Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens, qui lui consacreront une exposition.

 

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Ponzio et Arthur de Pins dans la Cyberbulle

Quelques petites nouvelles infos au sujet de Cyberbulle à Compiègne (fin mars 2015).

cyberbulle-afficheLe festival “semi-virtuel” de bande dessinée, organisé fin mars à l’UTC de Compiègne (et partout on line…) annonce la présence de deux dessinateurs… qui s’imposaient, vu le concept “transmédia” de la rencontre. Tout d’abord, Jean-Michel Ponzio (connu notamment pour modéliser en 3D certains de ses dessins) que l’on a pu suivre récemment sur la série Le Protocole Pélican ou Black Lord. Et ensuite Arthur de Pins, à qui l’on droit les drôlissimes Marche du crabe et Zombillénium et plein d’autres choses, dont un clip pour Skip The Use.

Autre nouvelle, venant enrichir le programme, la CyberBulle accueillera l’exposition “Les enfants de Chris Foss”, monté pour les Utopiales de Nantes, hommage de plusieurs auteurs (dont entre autre Bajram, Manchu, Serge Pellé, etc) au grand dessinateur de vaisseaux et d’univers de space opera.

Enfin, côté finances, l’opération de financement participatif mis en place sur la plateforme Ulule a pour l’instant atteint 28% de son objectif (avec 995 euros sur 3500 euros escomptés). Une opération encore ouverte pendant 13 jours.

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Cost killers en série au Parc Zombillénium

Zombillénium, tome 3 : Control Freaks, Arthur de Pins, éditions Dupuis, 48 pages, 14,50 euros.

Tous ses protagonistes ont beau être morts, les temps changent au parc Zombillénium. Et même le slogan (repris en quatrième de couverture) : “Ici on embauche… pour l’éternité“, est remis en cause. Les gentils résultats obtenus par Francis Von Bloodt, le paternaliste directeur du parc de loisirs monstrueux situé à 10 kilomètres de Valenciennes, ne suffisent plus à Béhémoth, le grand patron. C’est l’heure des restructurations, des cost killers (à prendre ici au sens littéral du terme) avec l’arrivée d’un consultant, un vrai vampire (au sens littéral, là encore), Bohemond Jaggar de Rochambeau, en provenance d’Amérique. Cette fois, il ne suffit plus de faire du chiffre d’affaires, mais de récupérer aussi son lot d’âmes pour le démon. Fini les sentiments, les ambitions de réinsertion sociale, voire de ressources humaines, place au cash, à la pompe à fric…

De quoi casser encore un peu plus l’ambiance parmi un personnel déprimé. La petite sorcière Gretchen désespère de pouvoir retrouver sa mère, expédiée en enfer ; Sirius, le squelette syndicaliste ronge son frein ; Aton, la momie se fait licencier ; Francis est contraint de courber l’échine, sur le point de démissionner et surtout Aurélien, le diable ailé déprime de sa condition de mort-vivant. Et un burn-out chez un démon, ça peut faire du mal.

Arthur de Pins continue à dézinguer joyeusement le monde de l’entreprise et ses clichés avec son allégorie monstrueuse. Ici, il illustre, en paraissant ne pas y toucher, le passage du capitalisme familial d’hier à l’entreprise déshumanisé du capitalisme financier. Il force le trait, de façon jubilatoire, dans ce troisième épisode, avec des dialogues ciselés, jouant sur les mots et le double sens du vocabulaire économique. Et le décalage est toujours aussi réussi entre le style graphique, informatisé et velouté, et ce qu’il décrit. Mais, heureusement, même si les temps sont durs, Zombillénium continue de prodiguer son humour ravageur et de jouer son rôle de divertissement de haute volée !

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La dernière marche triomphale du crabe

La marche du crabe, tome 3 : la révolution des crabes, Arthur de Pins, éditions Soleil, coll. Noctambule, 116 pages, 17,95 euros.

Cette fois, cancer simplicimus vulgaris a vaincu. A l’issue d’une bataille homérique – achevée dans une marée noire de pétrole – les crabes carrés, décimés, ont quand même gagné leur place au soleil sur cette plage de Royan où ces drôles de crustacés s’ébattent depuis trois albums déjà, sous le pinceau numérique d’Arthur de Pins. La bataille engagée par Soleil, Bateau et Guitare afin de rompre cette fatalité prétendument génétique qui les contraint à toujours aller dans la même direction a donc été gagnée. Les “tourneurs” l’ont emporté face aux “rigides” et on réussi à se débarrasser de la dictature des homards. Mais rien n’est réglé pour autant.

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Le crabe marche toujours bien

La marche du crabe, tome 2 : l’empire des crabes, d’Arthur de Pins, éditions Soleil (coll.Noctambule), 120 pages, 17,95 euros.

On avait déjà salué sa jolie bande-annonce en forme de clin d’oeil à la série culte “Bref”. Mais ce deuxième volume de la Marche du crabe n’est pas mal non plus !
Adaptation en bande dessinée de son film d’animation couronné de succès, cet Empire des crabes nous ramène au bord de l’estuaire de la Gironde, du côté de Royan, où le petit monde des crustacés est en plein bouleversement à cause de l’évolution incongrue d’un cancer simplicimus vulgaris, ou crabe carré, insignifiant petit crustacé qui a la particularité – comme le rappelle l’auteur dans une préface déjà drôlatique – d’être incapable de changer de direction et d’être ainsi condamnés à marcher toute leur vie selon une même ligne droite. Sauf qu’une poignée d’entre eux a trouvé le moyen de modifier sa trajectoire, ce qui crée l’émoi dans la communauté et plus largement au sein de tout l’éco-système local.

On va suivre ici la suite des péripéties de “Soleil”, “Bateau”, “Guitare” ou “Lune”, des fonds abyssaux jusqu’au bord dangereux d’une casserole en ébulition ou une plage noyée de mazout. La révolution est en marche… en crabe  forcément, c’est-à-dire de travers. Et une bataille grandiose entre les forces de “l’empire” (toute allusion à la Guerre des étoiles n’est bien sûr pas totalement fortuite) et les révoltés s’achève dans un fiasco généralisé, sous l’oeil des musculeux tourteaux bien décidés à conserver leur place en haut de l’échelle biologique locale.

Satire décalée et absurde du conformisme, album délicieusement rétro dans son ambiance fin XXe siècle, avec un humour toujours aussi fin, sa stylisation graphique très particulière, cette Marche du crabe avance en tout cas bien vers la fin de la trilogie annoncée et la Révolution du crabe.

Occasion aussi de saluer le catalogue de cette collection “Noctambule”, chez Soleil.  Cette série d’adaptations de classiques de la littérature (La marche du crabe étant l’exception pour l’instant) compte notamment à son catalogue A bord de l’étoile matutine de Riff Reb’s, Le dernier des mohicans, d’après Fenimore Cooper par Cromwell et Catmalou ou le Joueur de Dostoïevski par Miquel et Godart. De jolies réussites graphiques, en attendant, pour ce Noël 2011 L’île aux 30 cercueils de Maurice Leblanc adapté par Marc Lizano.

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Un “Bref” moment dans un panier de crabes

Si c’est rare, certaines bandes-annonces peuvent être déjà très alléchantes et réussies. C’est le cas de celle du deuxième tome de la Marche du crabe d’Arthur de Pins, qui retrouve ses crustacés fétiches après ses esprits fantastiques de Zombilénium.  L’album, pour sa part, paraît ce 1er décembre.

Réalisé par l’auteur lui-même, ou plutôt “Artur de pinces” bien sûr. Un petit bijou d’animation à la sauce “Bref”, (le programme court et culte du moment de Canal) + à découvrir sur le site des éditions Soleil.

Et pour ceux qui seraient en région parisienne ce week-end, Arthur de Pins sera en dédicace au Salon du Livre et de la Presse Jeunesse de Montreuil vendredi 2 et dimanche 4 décembre. Bonne occasion de lui serrer la pince…

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bienvenue à Zombieland, la suite

ZOMBILLENIUM, t.2 : Ressources humaines, d’Arthur De Pins, éditions Dupuis, 52 pages, 13,95 euros.

Si, voilà quelques années, on a tenté de faire des pistes de skis sur les terrils, Arthur De Pins a imaginé une autre reconversion ludique pour le Nord – Pas-de-Calais : le parc à thèmes de monstres. Mais de vrais monstres : morts-vivants, zombies, vampires, goules, minotaures, etc. Le tout sous la direction occulte d’un diable très entreprenant, comme on l’a appris dans le premier tome de Zombillénium, la nouvelle série aussi délirante qu’hilarante de l’auteur de La marche du crabe  ou autres Pêchés mignons.

Après avoir frôlé la faillite (dans le tome 1), c’est désormais la prospérité et la présence trop voyante de ses membres qui fait courir un danger à Zombillénium, le parc d’attractions des démons “à 10 kilomètres de Valenciennes“. Quand on n’embauche que des morts dans une région où le chômage est à 25%, il faut s’attendre à des réactions d’hostilité de la part des autochtones. Surtout chez ceux le plus bas du plafond, dont un trio qui à des visées terroristes…

Pendant ce temps, Francis Von Bloodt, l’élégant directeur se retrouve confronté à un épisode vieux d’une quinzaine d’années, mettant en cause Astaroth, un jeune démon adolescent. Occasion d’élargir la palette des monstres, qui avait commencé à se dévoiler dans le précédent album…

Avec son style graphique si particulier, tout à l’ordinateur, et son humour noir, Arthur De Pins exploite avec bonheur cette nouvelle série aussi loufoque que jubilatoire. Dans la veine de la Famille Adams et du gothique rigolo, il donne vie (ce qui n’est pas un mince exploit vu le contexte) à une tripotée de personnages aussi touchants que drôles et aborde, sans paraître y toucher, une critique féroce de la vie de l’entreprise ou, ici, de la xénophobie.

Enfin, il faut absolument aborder cet album par la lecture du faux exemplaire de notre confrère La Voix du Nord, bonus de ce deuxième épisode, qui en plus d’être un vrai hommage clin d’oeil au journalisme local, est une bonne introduction dans l’aventure.