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Les albums à ne pas rater science-Fiction

Une révélation renversante

Prométhée, tome 7: la théorie du 100e singe, Christophe Bec, Stefano Raffaele, Soleil, 48 pages, 13,95 euros.

Cette fois, les mystères autour de l’hypothétique présence extraterrestre et leur influence sur la destinée du monde se dissipent. Les preuves de leur existence et de leurs venues à de multiples reprises sur Terre se confirment, après des premiers signes dans le précédent album. En parallèle, l’action s’accélère aussi, en ce 30 septembre 2019 – dixième jour depuis le début des tragiques événements quotidiens de 13h13. Les témoins gênants (comme l’équipage du sous-marin USS Thunder Bay, qui s’était retrouvé propulsé en pleine forêt amazonienne) sont éliminés au nom de la raison d’Etat, d’un Etat américain qui peine à conserver la maîtrise de la situation. Les signes d’une invasion alien planétaire se confirment, à travers des visions horrifiques. Et une nouvelle manifestation para-normale s’est produite : l’apparition de onze “sinkholes”, gouffres circulaires au milieu d’endroits symboliques du patrimoine mondial de l’humanité : la baie de Rio, le Colisée de Rome, la place rouge de Moscou, etc.

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Les albums à ne pas rater Non classé science-Fiction

De l’autre côté du miroir

Prométhée, tome 6 : l’arche, Christophe Bec, Stefano Raffaele, éditions Soleil, 48 pages, 13,95 euros. 

29 septembre 2019. Neuvième journée après le début des terribles événements qui frappent la planète tous les jours à 13h13 exactement. La piste d’une invasion extraterrestre hostile imminente reprend de la consistance.

Au Vénézuela, un “trou” étrange a fait son apparition à côté d’un lac qui s’est mystérieusement vidé en une nuit. Le Titanic, ressurgi intact des eaux de l’Atlantique-Nord (le 24 septembre) fait son entrée dans le port de New-York. La petite expédition ayant franchi le “miroir” au fond de la mer des Bahamas et s’étant retrouvé dans la ville de Providence, pas loin de New York, désertée et décrépite, a retrouvé le champion de golf Tom Scott, lui-même parvenu là après avoir franchi un autre “pont-miroir” depuis la petite île déserte où il s’était crashée. Et tous constatent qu’ils vivent dans un temps décalé du futur… qui semble bien confirmer la réalité d’une catastrophe majeure pour début octobre 2019, 13 jours après le début des dérèglements mondiaux…

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2010 sur 10 : le palmarès de l’année

C’est de saison. Mais les “palmarès de l’année” ne sont pas forcément si inintéressant que cela. Imposant un regard dans le rétroviseur qui permet de prendre date.

Les palmarès annuels, malgré leur côté “marronniers” ont ça de bon qu’ils permettent au moins, le temps d’un instant, de stopper la frénésie habituelle pour faire un retour en images et se sortir du flux événementiel incessant. Une parenthèse d’autant plus attrayante quand cela se fait collectivement, comme le propose l’association On a marché sur la bulle pour son premier rendez-vous de l’année 2011, ce lundi 10 janvier.

L’exercice est forcément partiel (au vu de la production toujours aussi délirante de bande dessinée comme le pointe l’association des critiques de BD dans son rapport annuel : ACBD_BILAN_2010) et partial (puisque lieu privilégié de la subjectivité).

D’où l’on parle

Pour notre part, en préalable, pour jouer la transparence et dire “d’où l’on parle”, on avouera une passion inentamée pour quelques grands classiques (de Tardi à Bilal, ou de Schuiten à Ptiluc et Taniguchi, forcément),  tout comme pour d’autres auteurs peut-être moins connus mais qui gagneraient à l’être plus (comme l’oeuvre de Marc-Antoine Mathieu), un intérêt sincère et dénué de tout mépris condescendant pour certains  “best-sellers” et séries mainstream quand ils ont la qualité d’un Lanfeust de Troy ou d’un XIII, une distance avec la ligne claire auquel on préférera le clair obscur ainsi que les traits mieux léchés et emplis de relief et une irritation teintée de lassitude pour l’auto-fiction, plaie romanesque de ces dernières années en train de gagner aussi le 9e art – sauf exception lorsqu’on atteint le niveau d’émotion et de style d’un David B dans son Ascension du haut mal et aussi un intérêt. Bref, fort de cela et en toute bonne mauvaise foi (ou l’inverse), voici mes coups de coeur de cette année 2010.

Coups de coeur à suivre

Pas mal de suites finalement. Dont quelques “classiques” justement, qui ont encore démontré toute leur qualité comme la suite de la “préquelle” de la Quête de l’Oiseau du temps avec ce tome 3, la Voie du Rige de Loisel et Le Tendre et un Vincent Mallié au dessin qui se coule parfaitement dans cet univers somptueux d’héroïc-Fantasy. Autre grand moment, non dénué d’émotion, la fin de la saga de Valérian et Laureline, de Christin et Mezières avec un 21e et ultime tome, L’ouvretemps, qui clôture à merveille la plus vieille et celle qui reste, pour moi, l’une des meilleurs série de bande dessinée SF française.

Dans le domaine plus récent, j’ai aussi accroché – et pas décroché – avec Mattéo de Gibrat, dont le tome 2, dans le tumulte de la Révolution d’Octobre prend encore de l’ampleur par rapport au précédent album, avec l’intrigante série Prométhée de Christophe Bec, qui en est arrivée, en 2010 à son troisième épisode ou au tome 2 de Notre mère la guerre de Maël et Kris et sa plongée au plus sombre de la guerre de 14-18. Une époque que la saga Fritz Haber de Vandermeulen continue, elle aussi d’explorer avec une originalité de style et de concept qui méritent aussi d’être sortis du lot.

Bonnes surprises

Et dans un autre registre, on saluera aussi la fin du premier cycle de Seuls, de Gazzotti et Vehlmann dont le tome 5 remplit parfaitement les promesses esquissées jusque là.

Fabien Vehlmann est aussi à l’origine d’une de mes plus réjouissantes découvertes de l’année, avec les derniers jours d’un immortel, album one-shot d’une SF philosophique, faussement old school (effet amplifié par le dessin de Gwen de Bonneval) au résultat très étonnant.

Dans ce même registre des bonnes surprises, on classera également Page noir du trio ou La Carotte aux étoiles de Riff Reb’s, album “jeunesse” (mais sans limite d’âge) au graphisme audacieux et impeccablement tenu. Et, aux marges certes du strict album de bande dessinée, mais vrai bonheur de roman graphique, l’étonnante rencontre au bord des Mers perdues de François Schuiten et Jacques Abeille.

Côté auteurs régionaux, enfin, l’année 2010 s’est avérée plutôt riche et éclectique. On retiendra, entre autre, le Muslim show subtilement mené par Noredine Allam et Greg Blondin, le bon départ de la Croisière jaune, dessinée par Arnaud Poitevin et de la Guerre secrète de l’espace, dessinée par Damien Cuvillier, tous deux sur des scénarios de Régis Hautière. Un auteur également derrière notre “chouchou” de cet automne, De briques et de sang.

Nulle raison de ne pas penser que 2011 amènera aussi son lot d’étonnements, de bonheurs de lecture et d’évasion.