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Le début d’une nouvelle ascension galactique

 Ascender, tome 1: la galaxie hantée, Jeff Lemire (scénario), Dustin Nguyen (dessin). Editions Urban comics, coll. Urban Indies. 136 pages, 10 euros.

Jeff Lemire et Dustin Nguyen entament donc une suite à leur enthousiasmante série Descender.

Dix ans ont passé depuis la réapparition des “Moissonneurs” – ces mystérieux robots géants à l’origine en fait de l’humanité – et la destruction de la majeure partie des populations des planètes du Conseil galactique unifié (CGU). La phobie anti-robots qui avait dominé les dernières années de la CGU a laissé place à un monde désormais très largement dépourvu de technologies et où la magie règne. Ce qui reste des mondes habités vit sous le joug de « Mère », une sorcière malfaisante aux pouvoirs incommensurables. Mais, justement, voilà que des signes semblent évoquer l’apparition d’un « contre-pouvoir » magique qui pourrait redonner de l’espoir à la résistance des dernières forces de la CGU.

Loin de tout ça, sur la planète Sampson, Andy, l’un des héros du précédent cycle, désormais père d’une petite fille curieuse et débrouillarde, Mila, tente de se faire oublier. Mais l’arrivée impromptue d’un petit droïde canin- qu’Andy connaît bien – va les contraindre à un exil dangereux et forcé.

Après le sans-faute de Descender, Jeff Lemire et Dustin Nguyen avaient promis une suite rapide à leur saga (une chronologie détaillée, en fin d’album, permet de se rafraîchir la mémoire sur tous les rebondissements précédents). En voilà les débuts, toujours pensés en hommage aux oeuvres d’Isaac Asimov et de Philippe K.Dick (plus, pour ce premier tome, une pointe de Stars Wars, avec cette « résistance » et ce héros se révélant l’élément clé du changement). Et le charme opère toujours. Plus linéaire, moins ouvertement SF et s’ouvrant à des éléments de pure Fantasy (la magie reprenant ses droits, dragons et trolls apparaissant au fil des pages), le récit se fait vite prenant, après les premières pages qui peuvent laisser un peu perplexes. Mais, une fois le cadre posé et Andy revenant au centre de l’histoire, celle-ci s’écoule avec fluidité et sur un bon rythme. Ce nouvel univers se coule habilement dans le cadre posé par l’ancien monde, dont on voit d’ailleurs avec plaisir réapparaître quelques personnages. Et le personnage de Mila s’impose déjà par sa force de caractère. Plus simple, pour l’instant, centrée sur la fuite d’Andy et de sa fille, l’histoire en conserve les dimensions géopolitiques et « galactiques » qui faisaient la richesse de Descender.

Quant aux dessin à l’aquarelle de Dustin Nguyen, s’il ne surprend plus autant – forcément, après six volumes – il garde toute sa force de séduction, par la finesse de son trait et l’étrange beauté de ses planches. Bref, un début de deuxième cycle qui ne démérite nullement.

 

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Descender, une chute en apothéose

 Descender, tome 6: la fin d’un monde ancien, Jeff Lemire (scénario), Dustin Nguyen (dessin). Editions Urban comics, 168 pages, 15,50 euros.

Ce qui se pressentait dans le tome 5, se confirme : toutes les forces lancées à la poursuite du robot-enfant Tim-21 (porteur d’un codex permettant d’enclencher des armes de destruction massive) convergent vers la planète Mata, pour un final époustouflant. Là se trouvent le professeur Solomon et le robot à l’origine de tous les androïdes développés dans la Conglomérat galactique unifiée (CGU) et des moissonneurs.
Dans un long préambule, remontant à quatre millénaires, on va d’ailleurs enfin en apprendre plus sur l’origine de ces derniers, gigantesques robots invincibles ayant semé un raid destructeur, dix ans plus tôt, qui déclencha, en répression les “pogroms” anti-robots.

Tandis que le capitaine Tesla et le Dr Quon vont apprendre de Solomon le secret de Tim-21, Andy et Effie cherchent à fuir le vaisseau amiral de la flotte du CGU du général Nagoki (le père de Tesla). Et les robots rebelles du “Programme” enclenchent leur attaque sans merci contre les humains. Mais c’est une menace plus ample et radicale qui menace toute la galaxie. Et la fin de ce monde est proche…

Il est rare, ou en tout cas pas si commun, qu’une série au long cours parvienne à maintenir un niveau aussi haut d’intensité et de qualité narrative et graphique. Et, souvent lorsque les attentes ont été élevées, la déception est au rendez-vous au final. Mais, pas de mauvaise descente avec Descender. Ce dernier volume, qui réunit les chapitres 27 à 32, se montre pleinement à la hauteur de nos espoirs.

Cohérente, toujours aussi rythmée (malgré un flash back inaugural pouvant sembler un peu décalé et longuet), cette dernière partie prend même une forme de dimension métaphysique, avec ce changement de perspective induit par la connaissance de la réalité des “moissonneurs” et de leurs créateurs. Et le final révèle un autre choc, spectaculaire, tragique et surprenant.
Aller plus loin dans l’explication ferait perdre le plaisir de la révélation…
Et il faut encore saluer la maîtrise graphique et visuelle unique de cette histoire, avec les aquarelles fines et poétique de Dustin Nguyen, d’apparence décalée dans cet univers de SF, mais très appropriées pour exprimer et faire ressentir l’émotion et la singularité du propos.

Seule révélation permise, en revanche : cette “fin” n’en est pas totalement une. Jeff Lemire, dans une postface annonce en effet que Descender va se poursuivre à travers une nouvelle saga au long cours, Ascender. Cette première série étant déjà montée très haut, on peut rêver de la suite. Et espérer qu’Urban comics lui offrira également un aussi joli écrin.

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Descender, une saga qui poursuit toujours son ascension

Descender, tome 5: le soulèvement, Jeff Lemire (scénario), Dustin Nguyen (dessin). Editions Urban comics, 128 pages, 14,51 euros.

Toujours éclatée, dans la suite du tome 4, l’action va se recentrer cette fois autour de la planète aquatique Mata, où convergent la plupart des protagonistes.
Le capitaine Tesla et le Dr Jin Quon, qui ont réussi à s’échapper de la lune mécanique de Psius (base des robots rebelles visant à détruire les humains) y cherchent le mythique professeur Solomon et son “ancien robot”, à l’origine des androïdes et des géants “moissonneurs” qui ont semé la désolation des années plus tôt (et sont à l’origine, par réaction, des pogroms anti-robots). Mais le subterfuge du robot-enfant Tim-22 (“fils” de Psius) qui a embarqué avec eux, se faisant passer pour Tim-21, va s’avérer dramatique. De leur côté, Andy et ses amis “liquidateurs” se retrouvent finalement aux mains de la CGU, tandis que Tim-21 parvient à son tour à fausser compagnie aux robots et cherche à rejoindre son maître, Andy.
Et cette fois, les robots rebelles de Psius déclenchent vraiment leur soulèvement contre ces “humains” qui les ont tant pourchassé, mettant en action leur opération piège des vaisseaux du CGU (Conglomérat galactique unifié)…

L’aventure arrive vers son terme (promis au tome 6), mais elle se montre toujours aussi enthousiasmante. Et ce nouveau volume – qui réunit les chapitres 22 à 26 – accentue même le rythme de l’action, tout en apportant de nouveaux rebondissements… Et quelques séquences-choc.

Brillamment inspirée de Blade Runner (pour la révolte de robots doués de consience) et de Star Wars (pour les voyages à travers la galaxie, ses multiples planètes et sa faune variée), tout en conservant une vraie identité spécifique, cette saga n’a pour l’instant déçu aucun des espoirs qu’elle portait dès son premier volume. Les caractères des personnages se sont affirmés, le casting s’est agrandi sans jamais pour autant perdre le lecteur et l’intrigue continue à laisser haletants, dans l’attente de la révélation des derniers mystères – notamment la nature et le rôle exact de ces mystérieux “Moissonneurs de l’espace”, qui refont ici une brève mais intrigante apparition.
Enfin, le style pictural magnifique des planches de Dustin Nguyen, à la fois poétique, empli d’énergie ajoute une incontestable singularité en matière d’imagerie SF – à l’image de la superbe couverture épurée de ce nouveau tome.
Ajoutons, du côté éditorial, la bonne idée de proposer un petit résumé de l’épisode précédent en début d’ouvrage.
Bref, au risque de se répéter, tout en ne perdant jamais de vue l’action et l’aventure, Jeff Lemire et Dustin Nguyen ont réussi à donner naissance à un véritable univers, riche et émouvant. De quoi, une fois encore, se soulever d’enthousiasme. En attendant son achèvement ultime.

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Descender bien en orbite

Descender, tome 4: mise en orbite, Jeff Lemire (scénario), Dustin Nguyen (dessin). Editions Urban comics, 128 pages, 14,50 euros.

Toujours éclatée, l’intrigue s’accélère. Sur la lune mécanique, base de la résistance robotique, Tim-21 et son alter égo maléfique Tim-22 s’engagent dans un combat à mort, tandis que le lieutenant Psius et le Dr Quon découvrent les redoutables armes à disposition des robots. Pendant ce temps, sur la planète Sampson, Andy et Elfie se retrouvent et tentent de renouer leur relation amoureuse.
Et sur la planète Nyrata, le CGU (le gouvernement galactique) se prépare à une opération d’envergure contre les robots, persuadé qu’une des solutions au problème pourrait bien être le petit robot humanoïde Tim-21. Tandis que les héros vont progressivement converger, d’autres dangers vont se révéler, dans une saga qui est encore loin d’avoir révélé tous ses secrets…

Après un volume 3 plus introspectif, tourné sur le passé des personnages, ce nouveau tome redonne pleinement sa place à l’aventure. Avec virtuosité même, dans un premier chapitre d’une vingtaine de pages bâti en split-screen horizontal. L’histoire, plus globalement, fait aussi un sacré bond en avant, replaçant les enjeux principaux de la saga, réunissant une bonne partie des protagonistes pour une nouvelle confrontation d’ampleur entre les robots et les humains.
Les personnages, désormais tous bien charpentés et avec plus d’épaisseur (c’est au tour cette fois du robot Foreur d’avouer son pesant secret), demeurent tous très attachants. Et la fin du volume, avec le déclenchement de la revanche des robots laisse augurer encore de jolis rebondissements.
Au bout de ses quatre premiers volumes, cette série est effectivement très bien “mise en orbite”. Et Descender continue à grimper dans les hauteurs des meilleures sagas de science-fiction.

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Descender, destins singuliers

Descender, tome 3: Singularités, Jeff Lemire (scénario), Dustin Nguyen (dessin). Editions Urban comics, 120 pages, 14 euros.

Petit rattrapage en cours, alors que la parution du tome 4 de cette superbe saga de science-fiction est annoncée pour mi-novembre. Le “rattrapage”, est d’ailleurs au coeur de ce troisième album, après une entrée en matière très dense et entraînante dans les deux premiers tomes (soit donc les 11 premiers chapitres). Un rattrapage à la fois collectif et singulier, mettant à jour les “singularités” de chacun des principaux protagonistes, humains, robots ou créatures hybrides.

Chacun des chapitres, ici, relève de flash-backs successifs sur les étapes décisives du passé des personnages. On comprend la dureté de “Tim-22” à travers la manière dont il a été traité depuis son “achat” sur Niyrata, dix ans auparavant, jusqu’à son sauvetage par Psius, le chef de la résistance robotique devenu son nouveau “père”. On saisit aussi la volonté d’émancipation de Telsa, qui vu en direct, enfant, la mort de sa mère, tuée par les Moissonneurs, ces mystérieux robots géants et en a tiré la volonté farouche de devenir soldat d’élite. Un destin un peu comparable à celui d’Andy, devenu orphelin après la mort de sa mère, qui se sacrifia pour lui sur la colonie minière de Dirishu, que la haine des robots fit devenir liquidateur. C’est aussi sur Dirishu que va s’opérer le changement chez le fidèle robot-chien Bandit et la révolte du robot-mineur Foreur.

Jamais répétitifs, les chapitres sont ouverts par un superbe dessin portrait pleine page et bénéficient toujours du style particulier de Dustin Nguyen, son trait fin et léger et son traitement épuré, très poétique, à l’aquarelle.

De quoi attendre, mieux informés, la suite de l’aventure. Mais en trois volumes, Descender s’affirme comme l’une des grandes réussites de la bande dessinée “comics US” de SF contemporaine avec Saga. Deux belles réussites éditoriales également pour Urban Comics.

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Un beau clair de lune mécanique

Descender, tome 2: Lune mécanique, Jeff Lemire (scénario), Dustin Nguyen (dessin). Editions Urban comics, 116 pages, 14 euros.

Le premier tome de Descender fut une belle surprise de l’an passé, avec son ambiance de space opera mêlant des thématiques sociales et philosophiques, porté par un dessin surprenant de beauté, avec des aquarelles et un trait au crayon a priori antinomique avec l’ambiance de la saga. Mais qui, justement, renforçait la singularité de ce récit touchant et fort. Le deuxième tome ne dément pas ces qualités.

Le cadre posé, l’aventure peut pleinement se déployer. D’autant que le volume précédent avait déjà eu son lot de rebondissements. Capturés par une équipe de liquidateurs, le capitaine Telsa, l’agent Tullis, le Dr Quon (qui s’était révélé être un imposteur) et le petit robot Tim-21 se retrouvent aux mains du “Programme”, la résistance robotique dirigée par le robot Psius et son fils… Tim-22, copie conforme du jeune robot de compagnie. Et ce n’est pas la seule surprise en matière de filiation puisqu’apparaît également dans ce nouvel épisode un chasseur de primes et de droïdes qui n’est autre qu’Andy, le “grand frère” humain de Tim-21. Pendant ce temps, Foreur et Bandit, les amis robots de Tim-21 sont abandonnés sur la planète Gnish, réduits à combattre dans une arène pour sauver leur peau (enfin, façon de parler). Et Tim-21 paraît bien être l’élément essentiel pour la revanche des robots…

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Des étoiles de métal plein les yeux

Decender_1_couvDescender, tome 1: étoiles de métal, Jeff Lemire (scénario), Dustin NGuyen (dessin). Editions Urban Comics, 152 pages, 10 euros.

Après Saga, début d’une nouvelle série portant très haut les couleurs de la science-fiction, judicieusement éditée chez Urban Comics. Version plus hard SF cette fois.

Dans une lointaine galaxie, le Conglomérat galactique unifié (CGU) tente de faire règner l’ordre, dix ans après l’assaut des “Moissonneurs”, des robots géants surgis de nulle part qui ont ravagé les neuf planètes majeures de la confédération. Depuis, une rage “robophobe” s’est emparée de la population humaine (ou humanoïde) menant à des “botgroms” brutaux. C’est dans ce monde ou l’on a appris à haïr les mécaniques que le CGU prend connaissance du réveil de Tim-21 sur la lune Dirishu-6. Ce petit droïde de compagnie détiendrait, à son insu, l’héritage des Moissonneurs. Et peut-être la clé de la compréhension du phénomène.
Une équipe menée par la capitaine Telsa et le Docteur Quon, spécialiste de robotique et le créateur de la série des Tim, est envoyée sur place. Les premières révélations vont être aussi surprenantes que douloureuses…