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Quand “Charlie Hebdo” fait dans l’humour belge

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La une de “Charlie hebdo” de ce mercredi 30 mars…

Ainsi donc, une nouvelle fois, la une de Charlie hebdo aurait fait “polémique” cette semaine et suscité son lot de commentaires outrés sur les réseaux sociaux. Pas de petit garçon syrien mal (ré)interprété cette fois, ni de dénonciation anticléricale, mais un dessin de Riss sur les attentats du 22 mars à Bruxelles, à la finesse et à la pertinence, certes, toute relative.

Que Charlie hebdo manque parfois d’inspiration, que son équipe ait du mal à se reconstruire (dans tous les sens du terme) depuis un an, que sa ligne éditoriale verse de plus en plus ouvertement – et régulièrement – dans l’anti-islamisme (mais bon, non sans quelques raisons aussi) apparaît de plus en plus indéniable.
Mais il faudrait, une fois pour toute, accepter que si c’est la liberté de chacun de ne plus l’acheter ou de ne plus “être Charlie”, c’est aussi celle de l’hebdo d’avoir le traitement qu’il entend. Et ne pas oublier que la raison d’être d’un journal satirique, c’est de rire de tout (le problème venant, sans doute, que désormais, tout le monde le lit ou au moins le voit).
Et comme le rappelle bien le Figaro (comme quoi…) sur son site, ce n’est pas d’aujourd’hui que Charlie hebdo est un journal “bête et méchant”…

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humour Les albums à ne pas rater

Un Z qui veut dire zozo

Z comme don Diego, tome 1:  Coup de foudre à l’hacienda, de Fabcaro et Fabrice Erre, éditions Dargaud, 40 page, 10,60 euros. En librairie le 6 avril 2012.

Comme beaucoup, les auteurs de Z comme don Diego ont dû voir à la télé la fameuse série des aventures du justicier masqué “qui surgit hors de la nuit et court vers l’aventure au galop...” Et, forcément, il en reste des marques. Retranscrite par Fabrice Erre (adepte des parodies déjantées) et Fabcaro, cela donne une succession de gags d’une demi-planches plutôt réjouissants.

Comme Clark Kent avec Superman, ce pauvre Don Diego est obligé de masquer sa double vie derrière une personnalité falote et maladroite… qui n’est non plus totalement inconnue de Zorro. Ce dernier perd parfois vite ses convictions de justicier, met plus de deux heures à enfiler sa tenue et n’est guère aidé par son cheval Tornado, canasson buté ou par son cher Bernardo, le serviteur muet qui s’exprime dans une langue des signes assez aléatoire. Pour le reste, le sergent Garcia est là aussi, égal au souvenir qu’on gardait de lui, la pulpeuse Sexoualidad – qui fait fantasmer toute la ville – a un sacré caractère, les méchants sont surtout bêtes et les péripéties burlesques, loufoques ou passablement absurdes qui parsèment ce premier album vont crescendo. Avec un effet cumulatif et drôlatique qui culmine dans une séquence voyant se multiplier les justiciers masqués voulant séduire Sexoualidad. Le tout est restitué avec bonheur par le trait rond de Fabcaro, qui soigne particulièrement ses personnages, aux expressions particulièrement impayables.

Z comme don Diego étant annoncé au rythme de deux albums par an, on ne peut que souhaiter un franc succès à ce premier album.