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Petite sociologie de l’islam au quotidien en banlieue

Sociorama : La petite mosquée dans la cité, Solenne Jouanneau (scénario), Kim Consigny (dessin). Editions Casterman, 168 pages, 12 euros.

En 1985, dans une cité de banlieue, la petite mosquée créée par une association d’étudiants musulmans accueille de plus en plus de gens du quartier. Moussa, étudiant en architecture est désigné pour en devenir l’imam, même si Omar, à la vision plus rigoriste de la religion (il refuse de participer aux pots de son entreprise ou de serrer la main aux femmes) s’y serait bien vu aussi. Trente ans plus tard, en 2015, la petite mosquée dans la citée est devenue une institution locale dans la ville. Des cours pour les femmes ont été créés, ainsi que des prières bilingues, en arabe et en français. Moussa est toujours l’imam, donnant des conseils avisés et rassurant les RG par ses prêches modérés.
Mais voilà qu’une opération de réhabilitation immobilière va entraîner la destruction du local. Deux logiques vont s’affronter, entre les partisans de l’autofinancement par les fidèles locaux – derrière Moussa – et ceux qui, comme Omar seraient partisans de faire appel au roi du Maroc ou à la Ligue islamique mondiale, quitter à perdre leur autonomie.

Après Dialogue, de l’Amiénois Noredine Allam, voici une autre découverte du quotidien de l’islam en France. Dans une approche moins “militante” et plus sociologique. Dans la logique de cette collection Sociorama, une chercheuse s’est donc associée à une dessinatrice pour réaliser cet album.

Solenne Jouanneau, enseignante en sciences politiques à Strasbourg a enquêté pendant dix ans pour réaliser sa thèse sur l’islam en France. Elle la restitue ici de façon fictive, vivante, dans une approche à la fois empathique et neutre. Dans l’esprit de son ouvrages Imams en France: une autorité religieuse sous contrôle.

Tous les aspects de la question, ou du moins, pas mal d’entre eux, sont abordés: le rôle de l’imam, bien sûr, au coeur du récit, mais aussi le fonctionnement d’une association cultuelle, mais aussi les divergences et les approches différentes de la religion ou la surveillance et les craintes des autorités.
Le tout est retranscrit avec une certaine douceur par le dessin très ligne claire de Kim Consigny. Avec un noir et blanc adouci d’aplats gris. Et ce “reportage sociologique”, bien scénarisé, rendant attachants ses personnages (notamment celui de Moussa), permet, sans dramatisation ni caricature de porter un nouveau regard non fantasmé sur l’islam d’aujourd’hui en France.

 

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Bulles Picardes Les albums à ne pas rater

L’islam défantasmé de Norédine Allam

Dialogue, tome 1, Norédine Allam. Editions Muslim show. 48 pages, 12 euros.

Après le succès de la série Muslim’show dans laquelle on suivait le quotidien, empreint d’humour et de respect, des musulmans de France pendant le mois sacré du ramadan, l’auteur amiénois Norédine Allam fait son retour avec son nouveau bébé baptisé Dialogue, fruit d’une campagne participative qui a convaincu 1000 personnes originaires d’une vingtaine de pays. Un album à connotation pédagogique, qui sonne comme un appel à l’échange, à la discussion, entre le musulman « normal », comme il l’écrit avec des guillemets et l’autre, le non-musulman.

Comme souvent avec Allam, on entre assez rapidement dans le vif du sujet. Cette fois, pas de strips comme il le faisait dans Muslim’show sous le crayon du talentueux Greg Blondin. Dès les premières pages, une histoire s’amorce entre un musulman pratiquant, bien au fait des préceptes de sa religion, et un homme qui ne connaît pas grand-chose de l’islam ce qui ne l’empêche pas, pour autant, d’être très méfiant à son égard. Le ton est sérieux, parfois un peu trop professoral quand le musulman s’exprime mais il est visiblement nécessaire. Car il s’agit de démonter, de déconstruire les idées reçues sur la deuxième religion de France, voire les fantasmes parfois véhiculés sciemment sur des plateaux de télévision ou dans la presse. Jihad, attentats terroristes, désinformation, racisme… les thèmes abordés sont graves mais traités avec une légèreté, une prise de hauteur et un humour qui mettent le lecteur à l’aise. On sourit pas mal. Illustration lorsqu’on voit un livreur de pizzas apostrophé par un musulman qui lui demande s’il se désolidarise des attentats de la mafia italienne.

Rien de mieux que l’absurde pour faire passer un message ou mettre en exergue un raccourci. Norédine Allam l’a bien compris et en use avec parcimonie. A l’inverse, il rétablit des vérités sur les comportements des musulmans, notamment en temps de guerre, aux antipodes des exactions et des massacres commis par les terroristes de Daech. Dont les victimes, rappelle-t-il, à juste titre, sont à 90% des civils musulmans. Une évidence pour qui s’intéresse à ce fléau mais pas pour tout le monde. En particulier ceux qui alimentent le racisme et l’islamophobie ces dernières années, dénonce-t-il en filigrane. Une relation de confiance se noue donc entre les deux personnages tout au long de l’album, elle se renforce encore plus lors de la visite d’une mosquée d’où le non-musulman ressort apaisé, comme par miracle… Mais cette relation frise parfois l’angélisme (rien par exemple sur les tensions entre sunnites et chiites ou sur l’envie affiché par certains musulmans français de se libérer du carcan religieux).

Reste qu’après Muslim’show, conçu par et pour les musulmans, Dialogue s’adresse cette fois aux non-musulmans. Sans prosélytisme, à mon sens, même si les dernières pages sont consacrées à plusieurs citations de sourates du Coran, en lien avec les thèmes évoqués dans l’album. Pas un problème pour Norédine Allam qui assume pleinement sa religiosité, persuadé qu’elle n’empêche pas le dialogue.

Côté graphique, ses dessins peuvent être déroutants au premier abord, l’auteur ayant décidé, il y a quelques années, par conviction religieuse, de ne dessiner que des silhouettes noires et sans yeux. Un choix personnel qui peut surprendre mais qui lui appartient et qui ne gêne pas vraiment la lecture de ce premier tome. Le travail est soigné, avec ce tour de force de faire passer des émotions ou des expressions sur des visages a priori vides. Les mauvaises langues ne pourront s’empêcher de penser que l’islam dénigre les dessins ou les images. Qu’ils se rassurent, il reste les Dialogue(s)…

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Littérature

Les croisades, quelle aventure !

Avec « Belle d’amour », Franz-Olivier Giesbert nous donne à lire un délicieux roman foisonnant, généreux et original.

Euphémisme de dire

Franz-Olivier Giesbert : une passion pour le Moyen-Age et la chevalerie.
Franz-Olivier Giesbert, écrivain, journaliste. En Juin 2013, lors d’une séance de dédicaces à la librairie Martelle, à Amiens.

que Franz-Olivier Giesbert ne manque pas d’imagination. Son imaginaire romanesque coule à profusion. C’est torrentiel, délicieux. Il nous conte ici les pérégrinations de Tiphanie, dite Belle d’amour, une jolie jeune femme du XIIIe siècle. Elle sert dans une pâtisserie, devient aide bourreau dans un Paris moyenâgeux magnifiquement décrit ; elle suit Louis IX dans sa croisade en terre sainte. On ne lâche pas ce roman d’une générosité épatante. L’écrivain a répondu à nos questions.

Qu’est-ce qui vous a conduit vers ce thème du Moyen Age au temps des croisades ?

Je suis fasciné depuis longtemps par le Moyen-Age et les croisades où se côtoient le pire et le meilleur, l’inquisition et la chevalerie, sans parler de l’amour courtois. J’ai toujours eu envie de raconter une histoire qui se passerait pendant cette période où la confrontation entre l’islam et le christianisme reste toujours actuelle. Quand me sont apparus le visage et le personnage de Tiphanie, j’ai su que je pouvais commencer mon roman.

Tiphanie, dite Belle d’amour, a-t-elle existé, ou est-elle un personnage de fiction ?

Le romancier que je suis, a du mal à répondre à cette question. Historiquement, « Belle d’amour » n’a pas existé mais j’ai le sentiment qu’elle est vivante, comme tous les personnages de mes romans précédents, Rose de La cuisinière d’Himmler comme Lucile de L’arracheuse de dents. Quitte à passer pour fou, la vérité m’oblige à dire que Tiphanie m’a dicté son histoire, au petit matin, quand j’écrivais, comme si elle était le véritable auteur du livre : elle parle à travers moi.

Comment avez-vous travaillé pour élaborer ce roman (recherches dans les archives, lectures nombreuses, films, etc.), et combien de temps vous a pris la rédaction ?

J’ai travaillé comme un chien. J’ai amassé la documentation pendant plusieurs années. Après quoi, j’ai mis un an pour écrire Belle d’amour. J’écris toujours dans la joie, j’allais dire dans une forme d’extase, mais là, j’ai plus souffert que d’habitude, j’en ai même bavé ! Il y a eu trois versions de Belle d’amour.

Vous avez truffé vos dialogues de mots d’ancien français. C’est délicieux. Aviez-vous, avant « Belle d’amour », des notions de cette langue qui fut la nôtre ?

J’aime la langue française et ses mots anciens, si gourmands, qui ont trop souvent disparu. J’en truffe mes romans pour les faire renaître. Tenez, pourquoi n’utilise-t-on plus le mot « fruition » qui veut dire la montée du désir ? Avec le Moyen-Age, période très inventive, j’espère que les lecteurs se régaleront !

Vous faites aussi des incursions dans notre époque. Et vous émettez des idées, notamment sur l’islam. Quel message – si message il y a – avez-vous souhaité faire passer ?

 Belle d’amour est un roman d’aventures, avec des rebondissements et des personnages puissants. Ce n’est pas un essai. Je ne l’ai pas écrit pour délivrer un message, sinon un message de tolérance. Mais je reconnais que j’éprouve une certaine méfiance vis-à-vis du politiquement correct qui nous fait raconter à l’envers une Histoire que j’essaie de remettre à l’endroit : l’Occident n’avait pas tous les torts quand il a lancé les croisades, c’est une contre-vérité de l’affirmer. Il y avait des raisons objectives : la destruction par les musulmans du tombeau du Christ à Jérusalem ; l’interdiction faite aux pèlerins chrétiens de se recueillir devant ses ruines ; enfin, les incessantes incursions ou invasions sarrasines depuis l’Espagne : elles nous ont empoisonné la vie pendant des siècles. On oublie toujours, par exemple, qu’une ville Narbonne fut longtemps un califat !

Souvent, vous rendez hommage à la chevalerie et à son esprit. Comment définiriez-vous ceux-ci et qu’est-ce qui vous séduit chez eux ?

Je suis fasciné par la chevalerie. Il y a dedans quelque chose de résolument moderne, l’exaltation de valeurs qui sont plus que jamais d’actualité : la justice, l’équité, la fraternité, l’amour, l’honneur, etc. Certes, la chevalerie a souvent été pervertie mais, dans l’ensemble, elle a beaucoup apporté.

Vous décrivez très bien le Paris du Moyen Age. Comment êtes-vous parvenu restituer les atmosphères, les ambiances, les odeurs, et même parfois les sons ?

Pendant des années, j’ai acheté des livres anciens sur l’histoire de Paris. Il m’a suffi de me plonger dedans. C’était une ville très bruyante et très sale, où l’on jetait ses ordures ou ses rebuts dans les rues, envahies de cochons. Elle devenait brusquement noire et silencieuse quand la nuit tombait : il était alors interdit de travailler à cause des risques d’incendie, causé par les bougies. Ce qui a laissé la formule de « travail au moi. ».

Après « La Cuisinière d’Himmler » et « L’Arracheuse de dents », c’est encore un portrait de femme que vous nous proposez. C’est aussi un bel hommage que vous rendez à la féminité.

Je ne me lasserai jamais de rendre hommage aux femmes. Je dis souvent que je suis une femme et c’est vrai que dans mon entourage le plus proche, il n’y a pratiquement que des femmes. Sans oublier que je suis reine des confitures d’abricots ou des salades de pâtes. Et puis que serait la vie sans femme ? On ne peut pas vivre sans amour…

                              Propos recueillis par PHILIPPE LACOCHE

Belle d’amour, Franz-Olivier Giesbert ; Gallimard ; 373 p. ; 21 €.

 

 

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Non classé

Norédine Allam, “Muslim” plus vraiment comique

Le visuel - sans ambiguïté - qui illustre l'exposé de Norédine Allam
Le visuel – sans ambiguïté – qui illustre l’exposé de Norédine Allam

Les comics sont-ils dangereux pour la jeunesse ? La critique est sans doute aussi vieille que l’apparition des premières publications, avant guerre. Cette fois, c’est la jeunesse musulmane à qui est adressée plus précisément cet appel à la vigilance. Et particularité, c’est un (ex)-dessinateur de bande dessinée lui même qui se fait le procureur : l’Amiénois Norédine Allam, auteur de la trilogie du Muslim Show.

Son blog du BDouin, qui sert habituellement de vitrine à ses productions ou à des strips gentiment moralisateurs promouvant les préceptes de l’islam, s’enrichit depuis le 26 avril d’un “modeste exposé” sur le danger représenté par ces “nouvelles idoles des temps modernes”. Mais ici, aucune fascination dans ce titre. Et c’est au sens propre, au sens religieux et au premier degré qu’il faut entendre le terme “idole”…

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aventure historique Les albums à ne pas rater uchronie

L’Amérique inconquise

Jour J, tome 13. Colomb Pacha, Fred Duval,  Jean-Pierre Pécau,  Fred Blanchard et Emem. Editions Delcourt, 56 pages, 14,30 euros.

La Reconquista est un échec total. Outre leur trône, les rois catholiques  ont perdu la vie et Portugal et Espagne sont totalement aux mains des Maures.   Partant du principe que la Terre est ronde, Christophe Colomb, un navigateur génois offre au roi de France de rejoindre la Chine par l’ouest. Mais (comme d’habitude) les caisses sont vides et il refuse. Pour réaliser son rêve, Christophe Colomb va se convertir à l’Islam. Dès lors Abdel Colomb peut monter son expédition en s’associant avec  des marchands juifs, musulmans et chrétiens. Après un mois de mer, ponctué de conflits religieux et idéologiques, les deux qarib (caravelles) abordent une terre inconnue. Si ce n’est pas Cathay c’est peut être une sorte de paradis terrestre. Pourtant…

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historique légendes Les albums à ne pas rater

Mahomet en BD et sans excès

La vie de Mahomet, tome 1: les débuts d’un prophète. Charb, Zineb, Editions Charlie Hebdo / Les Echappés, 65 pages, 6 euros.

Si l’objectif de Charlie hebdo était de montrer la “banalité” de l’islam comparé aux autres religions monothéistes, le résultat est réussi. S’il s’agissait de faire un coup marketing, rebondissant sur la dernière polémique en date, l’objectif est nettement moins sûr. Ce premier hors-série sur La vie de Mahomet, consacrée aux “débuts d’un prophète“, se laisse en tout cas lire sans émotions particulières.

Dans la présentation de l’ouvrage et dans un entretien avant la sortie de ce premier petit album, Charb, directeur de Charlie Hebdo et dessinateur de La vie de Mahomet, se justifie et explique le but de ce hors série, en rappelant, notamment, qu’en occident, “tout le monde peut citer des épisodes de la vie de Jésus, mais qui peut citer un épisode de la vie de Mahomet ? Est-ce normal dans un pays comme la France, où l’islam est présenté comme la deuxième religion ?” Ce qui n’est, bien sûr, pas faux.

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humour Les albums à ne pas rater Non classé

Un mariage musulman pour le meilleur et pour le rire

MUSLIM SHOW, t.2 : Mariage, Noredine Allam et Greg Blondin, ed. du BDouin, 48 p., 10,45 euros. Sortie le 18 juin.

Tout juste un an après leur premier album, les deux Amienois Noredine Allam (au scénario) et Greg Blondin (au dessin) avec un nouvel épisode de cette “chronique drôle et légère de la vie quotidienne des musulmans en occident”, qu’ils entendent livrer. Un second “muslim show” consacré, après le ramadan, au mariage. De la demande auprès des beaux-parents au voyage de noces final, en une quarantaine de planches, on aura tout vu, pas mal appris et beaucoup souri sur le mariage à l’orientale. Gestion de la famille, des amis, henné party, choix de la neggafa (l’habilleuse – chef d’orchestre du mariage), défilé en mairie, cérémonie et soirée finale, tout est prétexte à un regard drôle et empathique.

Nettement plus dans le partage que dans le prosélytisme, cet album se moque gentiment des travers et des galères vécues par son jeune (futur) couple. Mais tout est traité avec la légèreté et l’humour qui s’imposent.

Allam et Blondin épinglent parfois de façon aiguisée, mais jamais méchante des ridicules de chacun. Une approche et un ton qui sonnent toujours aussi justes, renforcés par le dessin rond et chaleureux de Greg Blondin, allant parfois vers le cartoon “gros nez”, mais capable d’une belle finesse de trait dans la description, par exemples, des différentes robes traditionnelles.

Même s’il vise un  public ouvertement musulman, possédant toutes les clés des situations décrites ici, ce Muslim show n’a rien de communautariste. Une fois encore, on ne rit pas des musulmans, ici, mais bien avec eux. Par les temps qui courent et les tentatives politiques récurrentes d’exacerber faussement les clivages, cet album n’en devient que plus recommandable. Et cette approche, sans prétention, de l’islam en France vaut beaucoup de “grands débats” sur la question.

A lire, ce dimanche 5 juin dans le Courrier picard, un entretien avec les deux auteurs autour de la sortie de cet album.
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humour Les albums à ne pas rater

Après l’humour juif, la bd d’humour musulman

MUSLIM’SHOW, t.1 : le mois sacré du ramadan, Noredine Allam et Greg Blondin, ed. du BDouin (Dargaud), 48 p., 9,95 euros. Sortie le 11 juin. 
L’humour juif, on connaissait. Avec Muslim’Show, l’humour islamique, lui, gagne à être connu.
 
Né sur un blog d’internet, le “Muslim’Show” passe le cap de l’édition en album cette semaine. Et, graphiquement et dans le ton, le pari des Amienois Noredine Allam et Greg Blondin est largement gagné. 

Noredine Allam, par ailleurs responsable du studio de coloristes 2HB et juste scénariste pour l’occasion, borne son sujet : pas de grossièretés, d’évocation tendancieuse de l’islam ou, bien sûr, de représentation du prophète.

Mais cela n’empêche pas les deux jeunes auteurs de pratiquer la dérision, non sur la religion, mais sur la manière dont certains la pratiquent.

Ce premier tome, qui raconte plus particulièrement le quotidien des musulmans pendant le ramadan, offre ainsi de savoureux portraits et dépasse avec talent les clichés. On y voit des jeunes faire des kilomètres afin de pouvoir manger, d’autres fantasmer sur la nourriture,  une jeune fille renvoyer les questionnements sur sa pratique à une interrogation plus fondamentale, etc.

Voulant s’adresser aux musulmans d’occident, l’album permet aussi de faire prendre conscience avec humour à ceux qui ne le sont pas… des similitudes de la pratique de l’Islam avec les autres cultes… Au premier rang desquelles la religion catholique.

Bref, ici, on ne rit pas de l’Islam, mais on peut rire avec les musulmans.