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Mobilisation pour “la chaîne du livre confinée”

Reconduit pour 15 jours au minimum, le confinement se traduit notamment par la fermeture des librairies et la réduction de l’accès aux livres – et aux bandes dessinées, s’agissant de ce qui est traité ici. Une mesure qui fait réagir les premiers concernés, auteurs ou journalistes spécialisés.

Un dessin de Riad Sattouf pour la réouverture des librairies.

Le reconfinement continue donc au moins pour quinze jours. Et avec lui notamment la fermeture de l’accès aux librairies (sans parler de l’interdiction d’accès aux rayonnages dans les supermarchés ou autres grandes surfaces). Alors, certes, la mise en place du “click and collect”, c’est-à-dire l’achat en ligne et le retrait en boutique permet d’offrir un petit chemin de traverse à l’autoroute ouverte à Amazon.

Le “clic and collect”, pas la panacée

Reste que, comme l’ont déjà pointé plusieurs auteurs ou libraires spécialisés, cela revient, sur le fond, à privilégier encore un peu plus les “best sellers”, ceux qui se vendent tout seuls, sans l’appui des conseils des libraires ou des critiques de la presse. Pour les autres, petits éditeurs ou auteurs émergents, il ne faut donc compter que sur une curiosité plus grande des lecteurs, notamment pour les “prescriptions” pouvant être faites par les magazines ou sites de presse spécialisée BD – et cela au-delà de tout plaidoyer pro domo… Autant dire que ce n’est pas gagné.

A cela s’ajoute les difficultés accrues des auteurs qui avaient déjà vus les sorties déprogrammées ou reculées au printemps et qui subissent aujourd’hui un second contrecoup d’éditeurs pas trop chauds à envoyer leurs nouveautés dans des librairies fermées.

Un dessin de Catherine Meurisse
un dessin d’Alexis Dormal.

…………………………………………………………………………Les auteurs s’expriment

Depuis le début du confinement, divers auteurs ont d’ailleurs fait part de leur colère et de leur mécontentement. Plusieurs l’ont exprimé par des dessins mis en ligne (repris ici et là dans ce texte).

Plus symboliquement encore quatre parrains et marraines de l’année « BD 20-21», l’opération de promotion de la bande dessinée initiée par le ministère de la Culture ont collectivement démissionné de l’opération.

Par ce geste fort, Florence Cestac, Jul, Régis Loisel et Catherine Meurisse entendaient protester contre cette fermeture des librairies et ils dénoncent “l’incohérence et les contradictions des choix politiques à l’égard de la culture et des métiers du livre en ce temps de pandémie de démissionner immédiatement de cette responsabilité ».

L’ACBD affirme son soutien au monde du livre

Une « indifférence impardonnable envers ce qui fait battre le cœur de notre société », également pointée, ce vendredi 13 novembre, par l’Association des critiques de bande dessinée (ACBD), qui dans un communiqué, “apporte son soutien à la chaîne du livre confinée“.

L’ACBD voit dans les mesures gouvernementales prises “la conséquence directe d’une politique publique qui ne considère pas les livres comme des biens essentiels“. Et l’association, “qui promeut l’information sur le 9e art dans les médias, se sent particulièrement concernée par la situation puisque les lecteurs ne peuvent plus acheter les livres que ses 96 membres prescrivent dans l’ensemble des media audiovisuels, radiophoniques, internet, etc., qu’ils soient généralistes ou spécialisés.
L’ACBD appelle donc le gouvernement à considérer les répercussions de la crise sanitaire
actuelle sur la chaîne entière du livre, et à l’aider en conséquence.”

Deux dessins de Joan Sfar, exprimant son incompréhension face aux mesures prises pour le secteur du livre

 

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La Chanson de Renart revue façon Donjons par Joan Sfar

 La chanson de Renart, tome 1: Le Seigneur des entourloupes, Joann Sfar. Edition Gallimard, 56 pages, 16 euros

L’aventure commence sur une place de village provençal au moyen âge. Deux pèlerins, Blaise et Poron (sous forme de chiens), chantent devant un public ébahi les aventures de Renart, un animal rusé, menteur, chapardeur et égoïste doublé d’un bon parleur. Il cherche à mythifier tout le monde avec ses histoires invraisemblables, et en premier lieu son meilleur (et seul) ami le brave loup Ysengrin. Mais ses mensonges et mauvaises manières lassent le bon roi  (sous la peau d’un lion) qui ne sachant pas quoi en faire le chasse en enfer. Renart découvre qu’un grave complot fomenté par la Mort et le Diable menace le monde.

Renart et son ami Ysengrin, venu à son secours, rencontrent alors Takka, un jeune garçon à la force sur-humaine et une jolie nymphe du nom de Marie de France (une poétesse de la Renaissance, ayant réellement existé), amie de Merlin l’Enchanteur transformé en statue. Ensemble ils combattront la horde de morts-vivants venus détruire l’humanité.

Avec La chanson de Renart, le prolifique auteur de bande dessinée Joann Sfar (Donjons, Le Chat du Rabbin, Petit vampire, etc.) réinvente Le Roman de Renart, ce récit médiéval devenu légendaire, issu de la tradition orale. Dans cette chanson en vers, l’animal est antipathique et s’amuse à faire souffrir les autres animaux, dont le loup Ysengrin, son meilleur souffre-douleur.

Un héros peu recommandable, dans la lignée de Scapin ou de Sganarelle, qui inspire depuis longtemps Joann Sfar, déclarant en postface de l’album « l’avoir eu dans la tête depuis toujours » et « sans lequel le Chat du rabbin n’aurait probablement jamais existé ». Il est d’ailleurs assez troublant de voir une similitude graphique et d’esprit entre son Chat (dont le tome 10 vient se sortir chez Dargaud) et Renart, dotés tous deux d’une intelligence hors pair sachant décrypter le monde dans lequel ils vivent (l’Algérie coloniale pour l’un, le Moyen âge pour l’autre).

Passionné de cette période, qu’il avait déjà allègrement illustrée dans la série Donjons avec Lewis Trondheim, Joann Sfar réadapte cette fable où animaux et humains apprennent à vivre ensemble dans une version heroïc fantasy digne de Tolkien (le titre Le Seigneur des entourloupes pouvant d’ailleurs être un clin d’oeil à l’autre seigneur, celui des anneaux).

Dans ce récit épique et comique, où Merlin a des allures de hipster bobo et Ysengrin est transformé en sorte de Conan le barbare,  Sfar envoie ses personnages, armés de haches, d’épées à deux mains ou baguettes de sorciers, sur son nouveau terrain de jeux où tout peut arriver d’une case à l’autre, comme dans les jeux de rôle de Donjon et Dragon ou dans les livres dont vous êtes le héros (succès littéraire des années 80-90).

Lui-même fan de ces univers, Joann Sfar traite ces histoires, de guerriers et morts vivants, sorciers et troubadours, en prenant le partie d’en rire sur fond de réflexions philosophiques, sociales et politiques, qui parsèment déjà l’ensemble de son œuvre.

On sent aussi et surtout que l’auteur trouve un plaisir enfantin à animer ce nouveau personnage, dont les entourloupes ne font que commencer.

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Bulles Picardes heroïc fantasy Les albums à ne pas rater science-Fiction

Donjon, l’avenir du futur de Rubéus Khan

 Donjon Antipodes + 10 000: Rubéus Khan, Joan Sfar et Lewis Trondheim (scénario), Vince (dessin), Walter (couleurs). Editions Delcourt, 48 pages, 11,95 euros.

L’horizon du Donjon s’est encore élargi depuis la relance de la série. Après nous avoir ramené aux origines lointaines de Terra Amata, avec la réjouissante Armée du Crâne, c’est cette fois une projection vers un futur tout aussi éloigné, bien au-delà du “crépuscule”.

Plus de “donjon”, de château ou de chevalier. Mais les Vaucanson sont toujours là. Stanislas de Vaucanson est un patron tout-puissant, gérant une usine de robots géants destinés à combattre les démons surgis des entrailles de la planète. Son neveu, Robert de Vaucanson, est plus modestement veilleur de nuit dans l’usine. Une planque jusqu’à la nuit où des malfaiteurs s’introduisent dans la société. Robert parvient à les faire fuir, mais pas à empêcher l’explosion d’une partie de l’usine. Mais la pire déception est d’apprendre que l’attaque avait été montée par Stanislas, pour arnaquer l’assurance et masquer ses faiblesses technologiques. Sans pitié et pour masquer ses méfaits, l’oncle fait alors emprisonner son neveu pour trente ans et fait disparaître le fils de ce dernier.

En prison, Robert se forge un caractère de guerriers à travers des combats clandestins. Avec une seule idée en tête: retrouver son enfant et se venger. L’intrusion surprise d’un robot géant va lui offrir l’opportunité de s’évader. Et de se transformer en Rubéus Khan, marchant ainsi, de nombreux siècle plus tard, dans le sillage du destin de son lointain ancêtre Herbert.

C’est un prolongement assez déroutant de leur univers foisonnant que proposent Sfar et Trondheim avec ce Rubéus Khan. Avec un aspect dur et sombre, sans la fantaisie qui allège les albums de Donjon. Ici, la première partie relève du récit de prison et la seconde d’un combat d’un père pour retrouver son fils, acceptant de devenir un champion de combats clandestins pour un boss de la mafia.  Sans oublier un contexte et un sous-texte plus social, avec ces politiciens véreux ou ce système où les hommes se voient privés de leur boulot par des robots… dont ils sont, comme Robert, contraint, de surveiller l’usine qui les fabrique. Une distorsion qui est encore renforcée par le dessin de Vince, avec un Robert de Vaucanson à la tête lorgnant fortement vers le Donald de Disney, des personnages plus anthopomorphes et, globalement, une ambiance nettement plus musclée, voire “badass”.

Ceci dit, la dernière partie de l’album – qui n’est pas la fin de l’histoire – avec son combat épique contre les démons ramène vers l’ambiance plus habituelle, et paradoxalement, un brin plus délurée de la série. Et, au-delà de l’étrangeté première ressentie, Rubéus Khan est vite attachant, par le dynamisme insufflé à sa quête et par les seconds rôles qui parsèment l’histoire, comme l’ourse Mimi ou le finalement paternaliste “Don” de la mafia.

Et puis, décalant l’aspect sérieux, Vince s’amuse à multiplier les clins d’oeil graphiques. En plus de Donald, donc, on découvre Diabolo (l’acolyte de Satanas du dessin animé Hanna-Barbera) parmi les malfaiteurs du début ou un clone de Goldorak parmi les robots protégeant l’humanité des démons.

Bref, un nouveau ton pour une nouvelle époque. Et la confirmation que Donjon est toujours apte à évoluer et à se perpétuer.

Et, comme pour la plupart des albums récents de chez Delcourt, Rubéus Khan a aussi sa “réalité augmentée”. En l’occurence, ici, le storyboard de toutes les planches. Un “bonus” pas indispensable, mais incontestablement intéressant.

Une des premières planches…

 

Et son premier story-board, à découvrir en réalité augmentée sur son smartphone (en téléchargeant l’appli Delcourt-Soleil)
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Bulles Picardes fantastique Les albums à ne pas rater

Crise d’ado et dents pointues

Aspirine, Joann Sfar. Editions Rue de Sèvres, 130 pages, 16 euros.x 

Aspirine (oui, c’est bien son prénom) est une jeune fille de 17 ans en pleine crise d’adolescence. Cheveux rouges, look gothique, piercing, elle étudie la philosophie à la Sorbonne (ou fait semblant), mais elle reste à l’écart de ses camarades et semble en savoir plus que son professeur. Faut dire qu’Aspirine est plus vieille qu’elle ne paraît. Cela fait 300 ans que ça dure pour cette jeune vampire qui avec sa sœur Josacine (de six ans son aînée) doit porter ce lourd secret. Donc quand quelqu’un lui fait la leçon ou tente de l’importuner, son sang ne fait qu’un tour qui s’y frotte, s’y pique ! Elle en fait une bouchée ne laissant que les os. Même si sa sœur aînée, plus paisible, essaie en vain de tarir cette soif de violence. Jusqu’au jour où Aspirine se lie d’amitié avec Ydgor, un ado balourd et binocleux, assez geek sur les bords et fan de Jdr (Jeux de rôle pour les non initiés) où réalité et fantastique se mélangent. Entre les deux une relation de maître à serviteurs va se nouer… Pour le meilleur et le pire !

Après Vampire, puis Petit Vampire, Joann Sfar poursuit dans sa veine vampiresque avec cette nouvelle héroïne Aspirine, une jeune fille aux dents pointues qui a la rage de vivre. A la différence de ses autres personnages, au tempérament bon enfant, Aspirine est une ado insolente et furibarde pouvant se transformer en bête redoutable, adepte de la scarification et du désossage de ses victimes réduites en charpie. Bain d’hémoglobine dans les cases !
Ici on est plus proche d’un film gore que des contes pour enfants avec de gentils vampires. Mais la tendresse et l’empathie de Joann Sfar pour ses personnages font aussi d’Aspirine une jeune fille bien de notre époque, dans laquelle devraient se reconnaître les filles de son âge (nonobstant les canines acérées..). Se montrant violente, elle est surtout profondément tourmentée et révèle une âme plus romantique que son appétit (au sens propre) pour les hommes (présentés pour beaucoup comme des harceleurs) ne le laisserait supposer. Pas étonnant d’ailleurs qu’elle se lie d’amitié avec le seul garçon de sa classe, solitaire comme elle et rejeté par les autres.

Entre Twilight et #meetoo, Aspirine peut être vu comme un manifeste féministe à destination des jeunes générations mais aussi une ode à la différence et à la tolérance. Avec toujours la touche d’humour propre à l’auteur du Chat du Rabbin qui montre qu’il n’a pas fini de nous surprendre avec ses histoires de vampire.

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Bulles Picardes Presse & Médias

La Revue du Crieur pique un Sfar

La Revue du Crieur, dans son neuvième numéro, qui vient de paraître en ce mois de février, consacre son premier article à la bande dessinée. Ou, plus précisément à Joan Sfar “le BHL de la BD” comme elle le présente en titre. Une “figure emblématique de la nouvelle bande dessinée française” pour qui, “entre hyperactivité autopromotionnelle et polémique en cent quarante signes, le temps consacré à la création se réduit, exposant Joan Sfar aux critiques de plus en plus répétées et sévères lui reprochant de ne pas soigner son travail“.

Si la présentation du “chapo” donne également l’impression d’un portrait à charge du créateur du Chat du Rabin, l’article du journaliste Daniel Garcia est plus contrasté.
Dans ce long papier d’une quinzaine de pages, fortement étayé de témoignages, toute la vie de Sfar est passé en revue, depuis sa jeunesse niçoise jusqu’à ses premiers pas en bande dessinée à l’Association et à l’atelier Nawak jusqu’à sa consécration dans le neuvième art et ses tentatives dans le cinéma (plutôt méchamment étrillées). Sans oublier la récente polémique – en grande partie montée lui-même en épingle – que l’auteur a pu avoir, lors de la campagne présidentielle, avec des “Insoumis” sur Twitter.
Ce qui étonne le plus, finalement, est encore la description de l’omerta décrétée – selon Garcia – par Joan Sfar pour interdire à toutes ses relations de répondre aux questions du journaliste. Une volonté qui explique aussi, bien sûr, l’absence de l’auteur dans ce portrait en contrejour.

Au-delà de Sfar, on pourra voir au moins dans cette publication la prise en compte de la bande dessinée comme “sujet” suffisamment concernant pour la revue, co-éditée par Médiapart et les Editions de la Découverte, qui ambitionne d’enquêter sur la culture et les idées.

Au moins un point à mettre au crédit de Joan Sfar, dans la légitimation culturelle de la bande dessinée.

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Bulles Picardes fantastique jeunesse Les albums à ne pas rater

Dur, dur d’être un mort vivant quand on est un Petit Vampire

Petit Vampire, Acte 2 : la maison de la terreur qui fait peur, Joann Sfar. Rue de Sèvres, 13 euros

Petit Vampire a bien du souci. Il veut jouer avec son nouveau copain, Michel, un petit garçon bien vivant, ce qui le change de ses amis zombies. Cependant la mère de petit vampire, la belle Pandora, ne voit pas cette relation d’un bon œil. Finalement, elle y consent à condition que cet humain soit amené dans leur univers, « la maison de la Terreur qui fait peur »…. Bien loin d’être horrifié, le petit Michel prendra goût aux jeux morbides et dangereux proposés par les créatures monstrueuses vivant dans cette maison. De quoi donner encore plus de soucis à Petit Vampire qui veut que son seul ami du monde des vivants le reste… vivant ! Comme quoi ce n’est pas toujours facile d’avoir un bon copain quand on est un mort vivant.

Avec ce deuxième tome de Petit Vampire, Joann Sfar poursuit sa trilogie qui devrait faire l’objet d’une adaptation sur le grand écran. Après avoir évoqué dans l’album précédent la rencontre entre Michel et Petit Vampire, venus de mondes si différents, il s’attache dans ce deuxième album à raconter concrètement les difficultés d’une telle amitié. Ne voyant pas le danger, Michel est prêt à participer à tous les jeux dangereux (comme être découpé à l’aide d’une tronçonneuse). C’est finalement Petit Vampire qui lui évitera un sort funeste… et douloureux. On rit des situations cocasses et des dialogues improbables entre les personnages avec moult considérations philosophiques (et références à des séries américaines), nés de l’imagination fertile de l’auteur. Avec ses couleurs vives et son dessin volontairement naïf, dans un découpage quasi cinématographique, l’album plaira surtout à un public jeune qui pourra être séduit par la poésie narrative comportant un beau message de tolérance.

Au final, cette bande dessinée de bonne facture ne surprendra pas ceux qui suivent l’auteur du Chat du rabbin et de Pascin, entre autres œuvres. Si on peut cependant parfois regretter les bavardages sans fin qui prennent parfois le pas sur l’action, on se laisse néanmoins embarquer avec plaisir par Petit Vampire et ses amis au pays des monstres gentils.

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événements BD

Paris – 13 novembre 2015 : la réponse de Joann Sfar aux attentats

jesuisparisOnze mois après, de nouveau le choc, l’horreur, le dégoût. Après les dessinateurs de presse et les personnes de confession juive, cette autre vague d’attentats à Paris cible des lieux de loisirs, culturel, sportif ou juste festif. Pas un hasard, sans doute.
Et dans les premières vagues de réactions, une belle réponse, graphique, de Joann Sfar sur son fil instagram, dès cette nuit, avec une série d’une douzaine de dessins qui ont valeur d’éditorial : contre le terrorisme, contre les récupérations, et pour la vie.

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Non classé Presse & Médias

“Libé” fait toujours des bulles

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Si sa nouvelle formule (déjà largement abandonnée d’ailleurs) peine à masquer la pénurie de ressources et l’hémorragie de “signatures”, il faut constater que Libération continue quand même à plutôt bien traiter le 9e art. Comme un art, justement, et au-delà des “marronniers” incontournables (type Festival d’Angoulême ou sortie du prochain Astérix – encore que ce dernier exemple ne soit peut être pas forcément pertinent pour la vision très avant-garde du quotidien de la rue Béranger).

Et en cette fin de semaine, le quotidien au losange fait très fort en la matière, avec coup sur coup un portrait de Marion Montaigne, drôlement – et finement – disséquée – vendredi, puis ce samedi, un autre joli portrait d’un drôle d’animal de la BD, Joan Sfar.

Dans ce même numéro de ce 10 octobre, on compte aussi une double page sur Chilsakobé, un manga du japonais Minetaro Mochizuki et Mathieu Lindon consacre sa chronique “Comment ça s’écrit” au nouvel arrivage du Chat de Geluck.

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Sfar dans Le Soir

Edition spéciale du quotidien Le Soir, de Bruxelles, aujourd’hui, illustré par Joann Sfar.

Le_Soir_sfarPour conclure la pré-publication estivale du nouveau tome des aventures du Chat du rabbin, qui ont accompagné les lecteurs du Soir durant tout l’été, le quotidien de Bruxelles (du groupe Rossel-La Voix, dont fait aussi partie le Courrier picard) propose ce vendredi une édition spéciale en partie illustrée par Joann Sfar.

Le dessinateur s’est fortement investi et a produit quelques 55 dessins, dans toutes les séquences du journal. Le titre consacrant un large dossier aux réfugiés et à la “crise de l’asile”, Sfar revient notamment sur l’histoire du jeune Aylan – ce petit kurde dont l’image du cadavre sur une plage turque émeut toute la planète depuis deux jours – avec un très beau dessin hommage émouvant (voir ci-dessous). Sur ce même thème, il en décline d’autres, plus grinçants, mais tout aussi forts. Il se lance aussi dans quelques caricatures de personnalités, de Poutine à Donald Trump ou François Hollande, en passant par un portrait, plus détaillé de Mario Draghi.

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Klezmer, la fin du grand feuilleton slave de Sfar

Klezmer-couvKlezmer V, Kishinev-des-fous, Joann Sfar. Editions Gallimard, 128 pages, 19,90 euros.

Suite et fin des aventures de Yaacov, Vincenzo, Hava, le Baron, Tchokola. A leurs côtés, nous avons chanté, ri, aimé, songé, tué, volé, voyagé. Transportés par la légèreté dansante de l’aquarelle de Joann Sfar. Toutefois, dans ce cinquième et ultime volet de la série Klezmer, l’ambiance n’est nullement à la fête. Nous sommes en 1903 et à Kishinev, en Moldavie, on y empêche les Juifs d’enterrer leurs morts. Il faut d’abord qu’ils soient photographiés et que les images du pire massacre de juifs jamais commis soient diffusées à travers le monde.
Yaacov, Vincenzo, Hava, le Baron, Tchokola sont réquisitionnés pour conduire un train remplit d’hommes armés jusqu’à Kishinev. Tchokola emmène le plus grand poète juif pour qu’il témoigne sur cette “Ville du Massacre”…