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Centenaire 14-18 Presse & Médias

Le Courrier picard mobilise Charlie pour le centenaire de la bataille de la Somme

A l’occasion du centenaire de la bataille de la Somme, le Courrier picard publie dans son édition spéciale de ce 1er juillet, les quatre premières planches de la Grande Guerre de Charlie. Occasion de faire découvrir, pour ceux qui ne le connaîtrait pas, un pendant britannique à Jacques Tardi.

Sans titreAu-delà des livres d’histoire, la bande dessinée a su faire partager l’horreur de la Grande Guerre. En France, le nom de Jacques Tardi s’est imposé. Ses poilus agonisants, les boyaux à l’air, ses soldats dans la boue des tranchées demeurent des images marquantes. Le ton est rageur, mais C’était la guerre des tranchées (Casterman, 1993) ou Putain de guerre (Casterman, 2008 à 2013) sont entrés dans le patrimoine. Si les poilus ont acquis cette reconnaissance du 9e art, c’est moins le cas pour les « tommies ». Pourtant, une série pourrait prétendre être le pendant le Tardi : Charley’s War – La Grande Guerre de Charlie – de Pat Mills et Joe Colqhoun. Sans aucune volonté de copier, ces deux auteurs partagent avec le père d’Adèle Blanc-Sec le ton antimilitariste et l’attention particulière aux détails et à la véracité historique.

La saga a été publiée de 1979 à1988 – avec succès – dans un magazine populaire de bande dessinée de guerre, Battle. En 2011, un éditeur français, Laurent Lerner s’est lancé dans l’aventure d’éditer l’intégrale de la série en français. Achevée au printemps, la collection comprend dix tomes, grand format, dos cartonné, papier glacé et copieux dossiers complémentaires.

On a déjà dit ici avec enthousiasme tout le bien que l’on pensait de cette série. On saluera, en plus son éditeur français, qui a gracieusement accepté de faire partager aux lecteurs du Courrier picard le premier épisode des aventures de Charlie. Un épisode de circonstances puisqu’il montre le jeune anglais tricher sur son âge pour pouvoir s’engager dans l’armée de volontaires de Kitchener et passer son baptême du feu pendant la bataille de la Somme !

Et avec ces quatre planches, il est déjà possible de saisir les qualités de l’œuvre et le talent de ses deux auteurs.

Bref une édition spéciale, vraiment spéciale du Courrier aujourd’hui.

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Charley’s War a pris ses quartiers au musée de Meaux

Charley’s War (La Grande Guerre de Charlie) a donc fait son entrée au musée. Pour la première fois en France, au Musée de la Grande Guerre à Meaux. Visite guidée avec Pat Mills, le scénariste, jeudi.

Charley-afficheAlors que le tome 7 de la traduction française (éditée grâce à la passion de Laurent Lerner sous forme de beaux albums, grand format, cartonnés) vient de sortir, Charley’s War entre au musée. Pour la première fois en France, une vingtaine de planches originales du dessinateur Joe Colqhoun sont exposées, depuis le milieu de la semaine, au Musée de la Grande Guerre, à Meaux.

Une “première” qui touche le scénariste de la série, Pat Mills, présent jeudi 16 octobre, lors de la journée presse. Comme il s’en explique dans la présentation des épisodes du tome 7, “diverses tentatives pour faire exposer des planches originales de Charley’s War dans des musées britanniques consacrés à la guerre (ont eu lieu), dont l’Imperial War Museum, mais jusqu’ici sans succès”. Il s’avouait donc très “excité” à l’idée de cette expo temporaire à Meaux. Hommage au travail réalisé par le dessinateur Joe Colquhoun, décédé en 2007 et qui, dans Charlie, dans une approche au départ moins “artistique” ou “auteurisante”, se révèle comme un pendant de Tardi, par le soin apporté au réalisme de ses descriptions de la guerre, basées sur une forte documentation. Tardi lui rend d’ailleurs hommage dans la préface à l’édition du tome 7, soulignant que “le dessin de Joe Colquhoun nous raconte la guerre d’en bas, celle des pauvres, celle qui me va droit au coeur. Il la montre, documentation copieuse à l’appui“.

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“La Grande Guerre de Charlie” :”C’est avant tout un coup de coeur”

En complément de la présentation de l’album La Guerre de Charlie, Laurent Lerner, de la société 360 Media Perspective, à qui on la doit, m’a précisé la genèse du projet. Un vrai coup de coeur.

Au départ, c’est parti d’un coup de coeur. Je travaillais dans l’audiovisuel et, il y a quelques années, je suis tombé sur Charley’s War… et je me suis pris une vraie giffle. J’ai essayé de la trouver pour l’offrir à des amis mais je me suis rendu compte qu’elle n’était pas disponible en français. Je me suis dit que ce serait un beau projet de travailler là-dessus et que cela me plairait de le faire.

Ce que vous avez finalement fait…

Quand j’ai quitté la dernière société audiovisuelle dans laquelle j’étais, je me suis dit que c’était le moment. J’ai acquis les droits de la série. Mais je n’avais aucune expérience dans le monde de la bande dessinée. J’en ai parlé à un ami, Serge Ewenczyk, des éditions ça et là, et je lui ait proposé de travailler dessus si ça l’intéressait. Du coup, on a pu avancer pour réaliser un beau livre.

Au-delà des planches, l’ouvrage s’accompagne aussi d’un joli dossier thématique. Comment vous y êtes vous pris ?

J’ai fait appel à Jean-Paul Jennequin, qui est un grand spécialiste de la bande dessinée anglo-saxonne. C’est lui qui a traduit et ré-adapté les textes pour les rendre compréhensibles à un public français qui n’a aucune connaissance de la série.

Combien d’albums sont prévus ?

La série devrait compter une dizaine d’albums, qui s’échelonneront jusqu’en 2018. A priori à un rythme de deux par an. Le prochain, le tome 2, est prévu pour sortir au mois de mai 2012. Il faut savoir que Charley’s War ne se content pas de raconter uniquement les deux années de guerre de Charlie, mais s’enrichit de rencontres permettant d’évoquer beaucoup d’autres épisodes de la Grande Guerre.

Patt Mills a-t-il vu cette édition française ?

Il est très heureux de voir que sa bande dessinée arrive en France. La dernière fois que je l’ai rencontré, c’était cet été, à l’Imperial War Museum à Londres. Et j’ai vu à cette occasion des planches originales en grand format, très impressionnantes… Elles se prêteraient bien à une expo, idée sur laquelle je commence à travailler.

Vous avez d’autres projets d’édition sous le label Délirium ?

On va pouvoir en annoncer quelques uns dans les semaines à venir. On va continuer à explorer ainsi la bande dessinée de genre. Mais le but n’est pas de publier 15 livres par an ! On se concentrera sur des albums qui nous font plaisir et qui peuvent toucher des amateurs de BD.