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Bulles Picardes heroïc fantasy Les albums à ne pas rater

Le grand jeu continue dans les 5 Terres

  Les 5 terres, tome 3 : l’amour d’un imbécile, David Chauvel (idée originale), Didier Poli (direction artistique), Lewelyn – alias Andoryss, Chauvel, Wong (scénario), Jérôme Lereculey (dessin), Dimitris Martinos (couleurs). Editions Delcourt, 56 pages, 14,95 euros.

Angleon, la terre des félins, est de nouveau plongée dans le chaos. Après la mort du vieux roi tigre Cyrus, c’est le tout nouveau roi, Hirus, qui est décédé à son tour, tué lors d’une querelle avec son frère Moron, sous les yeux du cadet, le jeune Mederion. Profitant de cette instabilité politique, les lions entendent retrouver la primauté de leur pouvoir passé et reprendre le trône, profitant aussi du fait que Mederion est encore trop jeune, durant quelques semaines, pour pouvoir accéder au trône, laissé en régence à l’Ombre du roi. Tandis que les lions fomentent des troubles, This, le jeune cadet, meurtrier malheureux d’un camarade lors d’un duel se rapproche de Mederion et lui avoue le concours de circonstances qui a fait de lui un cadet.

Pendant ce temps, d’autres complots – plus inoffensifs – se mettent aussi en place. Astrelia, la fille de Cyrus, enceinte d’un garde lion, s’est enfuie. Et les jeunes adolescents retenus sur Angleon pour symboliser la concorde entre les espèces cherchent eux aussi à quitter la principauté.

Parvenue au mitan de ce premier cycle des “5 Terres”, la saga imaginée par David Chauvel et produite par un vrai studio d’auteurs conserve tout son rythme. Et ce troisième épisode parvient encore à accentuer les rebondissements tortueux et le machiavélisme des personnages – surtout ceux portant sur eux une innocence angélique et juvénile. En cela, ce récit d’heroïc-fantasy politique (anthropomorphisme à part) s’inscrit bien toujours dans le sillage de Game of Thrones. Et comme dans la fameuse saga de J.R.R. Martin, l’équipe parvient brillamment à mener en parallèle les différentes lignes du récit, sans jamais perdre le lecteur, ni faire baisser l’intensité de l’histoire.

Le dessin de Jérôme Lereculey, lui, malgré la rapidité de publication, demeure toujours aussi splendide et majestueux. Bref, une super-saga – par son ambition et le nombre de volumes envisagés – mais déjà par la qualité et la perfection de ces brillants débuts.

Vivement septembre et l’arrivée annoncée, déjà, du quatrième volume.

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Le brillant jeu de massacre continue dans les 5 terres

 Les 5 terres, tome 2: Quelqu’un de vivantLewelyn – alias Andoryss, Chauvel, Wong (scénario), Didier Poli (direction artistique), Jérôme Lereculey (dessin), Lucyd et Diane Fayolle (encrage), Martinos (couleurs). Editions Delcourt, 56 pages, 14,95 euros.

Trois mois à peine après le choc de la découverte de ce nouvel univers bluffant et enthousiasmant, voilà déjà le deuxième tome des 5 terres, confirmant la volonté feuilletonesque de cette saga.

Le récit est toujours centré, pour ce premier cycle, sur Angleon, “la terre des félins”. Le royaume est sous le choc (attention “spoiler” pour ceux qui n’auraient pas lu l’épisode précédent), après le décès simultané du vieux roi Cyrus et de sa fille Mileria, seule à même peut être d’éviter une nouvelle guerre. Comme il était à craindre, c’est le neveu du roi qui est arrivé au pouvoir, l’ambitieux et belliqueux Hirus. Avec lui, ses deux frères font leur entrée au palais, Moron, empli de frustration et le jeune et intelligent Mederion. Mais Hirus voit aussi revenir, sans plaisir, sa mère, que Cyrus avait fait enfermé à la suite de la bataille de Dhakenor – référence mythique de la victoire des félins contre les ours dont on va découvrir aussi les coulisses nettement moins reluisantes. Une famille encombrante qui annonce, une fois encore, un avenir chaotique et violent.
Pendant ce temps, marginalisée et inquiète des conséquences de sa grossesse et de son amour pour un garde du palais, Astrelia, soeur de Miléria, cherche elle à s’enfuir. Et This, le jeune aspirant garde royal va être confronté, lui aussi, à de dures épreuves.

Ce deuxième album confirme la réussite et la bonne surprise du premier tome, séduisante variation zoomorphique dans l’ambiance de Game of Thrones (une proximité encore déclinée cette fois avec l’apparition de “l’ombre” du roi – son proche conseiller, similaire à la “main du roi” dans l’oeuvre de George R.R. Martin – au physique et au style faisant incontestablement songer à l’onctueux Petyr “littefinger” Baelish).

Autre emprunt à la série, le rythme impressionnant et frénétique des parutions (le tome 3 est annoncé pour avril 2020 et le tome 4 pour septembre !). Des sorties rapprochées qui répondent, certes, à l’impatience des lecteurs actuels, supportant de moins en moins d’attendre un ou deux ans la suite de leurs aventures ou tout simplement plus distraits car sollicités de mille manières. Mais, pour 5 terres, ce rythme permet de ne pas perdre le fil des différents fils narratifs de l’intrigue et des rapports complexes développés entre les personnages. Des personnages qui, ici aussi, sont volontiers sacrifiés à la progression de l’histoire. Et à des rebondissements réellement surprenants – comme pour la fin de ce deuxième épisode – et superbement mis en scène. Un travail d’équipe et de “studio” qui ne sacrifie en rien à la singularité de cette série vraiment captivante et qui a, jusqu’ici, le potentiel pour devenir rapidement un classique du genre.

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Le brillant jeu des trônes des 5 terres

 Les 5 terres, Cycle 1-Angleon, tome 1: De toutes mes forces, Lewelyn – alias Andoryss, Chauvel, Wong (scénario), Didier Poli (direction artistique), Jérôme Lerculey (dessin), Lucyd (encrage), Martinos (couleurs). Editions Delcourt, 64 pages, 15,50 euros ; édition noir et blanc, 23,95 euros.

Une civilisation féodale déchirée en différents territoires rivaux, un roi qui se meurt, des intrigues de palais qui n’épargnent personne, des familles qui se haïssent, des amours aux enjeux tactiques et géopolitiques, des morts violentes voire choquantes et un péril de destruction qui menace… Ces 5 Terres ont un petit air de Game of Thrones, mais transposé dans un magnifique univers animalier anthropomorphe assez bluffant.

Ce premier tome se concentre sur l’île d’Angleon, royaume des félins, ou le vieux roi Cyrus, héros de la bataille de Drakhenor, se meurt. Sans descendant masculin, sa succession s’annonce compliquée. Et ce n’est pas la cérémonie rituelle du pacte de paix et de sang, qui réunit un jeune représentant de chacune des cinq races de ce monde (ours, reptiles, singes, cervidés et félins) qui pourra suffire à ramener le calme. Le neveu Hirus s’affirme comme successeur désigné. Mais brutal et ambitieux, le jeune tigre pourrait lancer le royaume dans une guerre générale pour assoir son pouvoir. C’est ce que craint Miléria, fille aînée du roi qui, pour contrer cela, s’apprête à lier une alliance contre-nature avec l’héritier des ours d’Arnor.

Et pendant ce temps, d’autres histoires plus individuelles suivent leur cours. Astrelia, la fille cadette de Cyrus va être confrontée à une décision déchirante et This, un jeune félin désargenté tente de se faire enrôler dans la garde royale… dirigée par un capitaine du palais qui semble cacher une profonde névrose.

Dense, ce premier tome happe pourtant d’entrée. Et l’intrigue, pourtant complexe, se déroule de façon particulièrement limpide, chaque intrigue parallèle venant progressivement étoffer la compréhension de cet univers foisonnant mais, pour l’heure, d’une impeccable rigueur. Et cette maîtrise narrative se double d’un traitement graphique éblouissant, avec une grande finesse de trait et une mise en scène très dynamique.

De quoi justifier pleinement le “studio” mis en place pour ce projet coordonné par David Chauvel (scénariste éprouvé et éclectique, auteur entre autre d’Arthur et 7 Voleurs avec déjà Lereculey ou de l’étonnant Pretty Little Nightmares). Un projet qui impressionne d’autant plus qu’il ne s’agit pas seulement d’arriver au bout des six albums formant ce “cycle d’Angleon”… mais d’une saga de cinq cycles avec autant d’albums ! Il faudra voir si la qualité se maintient. Mais, en tout cas, ce premier album met la barre très haut. Et la franchit de jolie manière.

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aventure fantastique heroïc fantasy Les albums à ne pas rater Non classé

Un vrai peplum

Golias, tome 1 : Le roi perdu, Le Tendre et Lereculey. Editions Le Lombard, 48 pages, 14,45 eurosAlors que le roi d’Ankinoë, faute d’héritier, voit arriver sa prochaine destitution au bénéfice de son frère, un sorcier nubien débarque sur son île et le fait bénéficier de ses talents. Golias, un fils d’abord puis une fille viennent égayer la cour royale au désespoir de Polynos, le frère du roi. Seize années plus tard,  Varon, le fils de Polynos, amoureux de sa cousine Aeréna, est brutalement éconduit. Sa condamnation par le roi à servir dans une lointaine garnison  déclenche une machination ourdie par Polynos. Celui-ci empoisonne son frère et tente de faire porter le crime sur Golias…  Celui-ci décide alors de ramener la fleur du souvenir qui pousse sur l’arbre de Cronos, le seul médicament qui peut ramener son père à la conscience. Mais c’est compter sans l’infâme Polynos…

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heroïc fantasy historique

La BD transforme la fiction en réalité…