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L’heure de la relève pour les Tuniques bleues

Un an avant la parution du tome 64, Jose Luis Munuera et le duo Beka publieront cet automne le tome 65 des Tuniques Bleues: l’Envoyé spécial.

Ce sont les éditions Dupuis, éditeur historique de la série non moins historique qui ont donné l’info, voilà quelques jours: Les vénérables Tuniques bleues (ou plutôt leurs auteurs) vont bientôt passer la main.

En effet, en livrant le scénario du prochain tome (opus… 64 !) à Willy Lambil, le scénariste Raoul Cauvin lui a annoncé qu’il souhaitait prendre sa retraite. Le dessinateur, en revanche, entend bien rester encore un moment en selle.

Avec cela, la traditionnelle parution de l’album annuel ne pourra être maintenu (et cela sans même les impondérables de calendrier liés au Covid-19) en cette année 2020. Mais les éditions Dupuis, “en concertation avec Lambil” ont décidé de publier donc le tome 65 (avant le tome 64). Un album signé par Jose Luis Munuera et le duo Beka (Bertrand Escaich et Caroline Roque).

Ces trois auteurs avaient été sollicités il y a quelque temps pour réfléchir à une histoire des Tuniques Bleues en prévision du départ de Cauvin. Selon Dupuis, “reprenant les codes et l’humour du tandem culte composé du caporal Blutch et du sergent Chesterfield, les auteurs ont tenu à coller à l’identité de la série en conjuguant l’aventure trépidante avec une peinture de l’Histoire américaine capable de faire écho aux problématiques modernes“.  Quant au dessin, le story-board de Jose Luis Munuera (à qui l’on doit plusieurs Spirou ou Nävis) était tellement abouti que le dessin de l’album lui a finalement été confié.

Cet album de la nouvelle équipe met en scène le premier correspondant de guerre de la presse, l’Anglais William Howard Russell. Son périple durant la Guerre de sécession permettant d’évoquer l’éternelle tentation d’instrumentalisation de la presse par le pouvoir et la difficulté pour elle de rester objective.

Ce tome 65, titré L’Envoyé spécial, paraîtra le 30 octobre 2020. Tiré à 105 000 exemplaires, il contiendra aussi une interview des Beka et de Munuera ainsi qu’un extrait du tome 64 qui paraîtra, lui, à l’automne 2021, toujours dessiné par Willy Lambil et scénarisé, pour la dernière fois, par Raoul Cauvin

Créée en 1968 dans Spirou, par Raoul Cauvin au scénario et le dessinateur Louis Salvérius, les Tuniques bleues ont connu une première mue en 1972, lorsque Willy Lambil a été appelé pour remplacer au pied levé – et au milieu du tome 4: Outlaw – Salvérius, brutalement décédé. Avec son dessin moins caricatural, plus semi-réaliste, c’est Lambil qui a ancré véritablement la série dans sa dimension de mythe de la bande dessinée franco-belge. Au scénario, Raoul Cauvin a su avec un incontestable brio se renouveler depuis plus d’un demi-siècle, devenant au fil des ans, sans doute l’un des meilleurs spécialistes – en tout cas son vulgarisateur – de la Guerre de sécession américaine.

Et même si, ces dernières années, la série accusait un certain coup de mou du côté des scénarios, les tous derniers albums avaient retrouvé une bonne tenue, à l’image du dernier paru, La Bataille du Cratère, ou du précédent avec l’émouvant chien-soldat Sallie.

Quant au succès public, les Tuniques bleues ont su fidéliser incontestablement leurs fans. Et la série s’est vendue à plus de 20 millions d’albums en langue française et a été traduite en 15 langues.

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De nouvelles recrues pour les Tuniques bleues

tuniques-bleues_collectif_couvLes Tuniques bleues, des histoires courtes par..., collectif. Editions Dupuis, 120 pages, 19 euros.

En écho à la sortie du soixantième tome des Tuniques bleues, une vingtaine d’auteurs rendent hommage à la série mythique de Salvérius, Lambil et Cauvin. Du sang neuf pour les Bleus et un hommage réussi, témoignant de l’imprégnation de la série chez tous ces auteurs.

Etrangement – ou assez logiquement, en fait – ces histoires diverses tendent vers deux bords très différents : un humour caricatural, poussant encore le style initial de la série, telle que l’avait créée et dessinée Louis Salvérius et, à l’inverse, une veine plus réaliste en écho à l’arrière-fond souvent tragique de la plupart des aventures des Tuniques bleues et à l’approche documentariste développée par Lambil. Reflet assez juste de l’ambivalence qui fait la richesse incontestable des Tuniques bleues: de la veine humoristique “gros nez” au style semi-réaliste… et aller-retours…