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Delirium récidive avec succès avec Richard Corben et son Murky World

Un nouveau projet unique lancé par les éditions Delirium avec Richard Corben.

Voilà deux ans, l’excellente label Delirium s’était lancée dans une opération un peu folle de financement participatif d’une édition limitée de la nouvelle série d’alors de Richard Corben, Grave les contes du cimetière. Contre toute attente, ou en tout cas avec une certaine suprise, l’initiative avait remporté un vrai triomphe, avec… un dépassement de 700% de l’objectif financier initial

Deux ans plus tard, presque jour pour jour, Delirium récidive donc avec le Grand prix du Festival d’Angoulême 2018, dont la maison d’édition de Laurent Lerner a publié, sous forme de “beaux livres”, une bonne partie de son oeuvre.

Cette fois, il s’agit d’un nouveau coffret en édition limitée de Murky World, série d’heroïc fantasy en cours de publication jusqu’à cet automne dans le magazine Heavy Metal (US). Un “sombre monde” dans lequel un brave guerrier, Tugat, va se voir entraîné dans une quête dont il ne saisit pas véritablement le but… (petite idée de l’ambiance dans l’extrait ci-dessous).

L’idée est donc d’en offrir une version complète en avant-première, en tirage limité, numéroté et enrichi de nombreux bonus. Parmi ces derniers, des cartes postales, des marque-pages, la première version (également inédite) de Murky World en noir et blanc, un carnet de croquis, mais aussi des créations exclusives réalisés par l’auteur lui-même: une illustration originale destinée à un tiré-à-part exclusif pour tous les contributeurs (dont 125 exemplaires signés) et une couverture originale pour cette édition.

Et les amateurs de Richard Corben semblent avoir été au rendez-vous. Lancé ce 9 avril, le projet a déjà eu 236 contributeurs et atteint… 314 % de l’objectif initial (de 8 000 euros).

Mieux, encore, les cinq exemplaires de la version “ultra-rare” (pour 650 € de contribution) ont déjà trouvé preneurs. Spécial bibliophiles, grand format (environ 30x40cm) celle-ci – tirée en 20 exemplaires au total – aura une couverture cartonnée imprimée aux encres pigmentaires, un dos toilé avec marquage à chaud et l’intérieur sera imprimé aux encres pigmentaires sur du papier 100% coton et les pages protégées avec du papier cristal (pressage et la reliure effectués à la main).

Mais il reste encore plusieurs autres “packs” proposés (de 15 à 210 euros). Et 46 jours pour y souscrire.

 

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Grave succès pour le coffret Corben de Delirium

Gros succès pour un coffret inédit d’histoires de Richard Corben que se propose d’éditer le label Delirium.

Apparemment, Richard Corben, Grand Prix du festival d’Angoulême 2018 compte encore de nombreux fans. Et pas du genre à mégoter leur soutien financier.

Après des mois à travailler sur le projet, l’éditeur Laurent Lerner a lancé ce 28 février sa campagne de financement participatif de Grave Les Contes du Cimetière, une nouvelle série inédite de Richard Corben, publiée aux Etats-Unis en 2017. Dès le lendemain, l’objectif de départ (8000 €) était déjà atteint à… 225 % !

Avant une sortie du recueil en librairies prévue pour la fin de l’année, au format des précédents livres publiés chez Delirium, cette campagne avait pour but de proposer une édition “très limitée”, dans une sous coffret et avec des contenus additionnels exclusifs et des certificats signés de la main même de l’auteur.  L’objet évoquera les recueils de magazines d’horreur et de fantastique d’antan, en hommage aux grands classiques du genre comme les Contes de la Crypte ou encore Creepy ou Eerie.

Les quatre premiers paliers de financement (8 000 €, 10 000 €, 12 000 € et 15 000 €) étant déjà pulverisés, l’éditeur a annoncé son intention d’ajouter deux histoires inédites au coffret. Et en cas de dépassement du prochain pallier, de 20 000 €, une troisième histoire inédite viendra encore étoffer l’édition.
Ce qui pourrait bien se faire, vu qu’il reste encore 34 jours pour participer à l’opération.

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Richard Corben, Grand Prix d’Angoulême d’un autre genre

Richard Corben a été désigné ce soir Grand Prix d’Angoulême 2018, pour l’ensemble de son oeuvre.

Ce n’est donc pas encore cette année que Chris Ware fera son entrée dans l’Académie des Grands Prix d’Angoulême.
A l’auteur indé’ américain à qui beaucoup de critiques et de lecteurs vouent un vrai culte (et a l’auteur français Emmanuel Guibert, qui faisait partie aussi de la “short list”) a été donc préféré un autre de ses compatriotes: Richard Corben. Figure également du 9e art des années, notamment de la contre-culture US des années 1960-1970, mais dans un autre registre, celui de l’heroïc-fantasy et de l’horreur.

Désigné par un vote des professionnels de la bande dessinée, la nomination de Richard Corben sonne aussi comme une forme de reconnaissance pour un genre trop souvent méprisé. Avec l’auteur de Ragemoor ou Mondes mutants, c’est tout un monde effectivement très étrange qui surgit, avec ses zombies, ses spectres, ses guerriers et ses jeunes femmes avantageuses.

L’inventeur de “la BD en 3” pour Dionnet

Richard Corben, Grand Prix 2018 d’Angoulême (photo Dona Corben)

Styliste dans son genre, et au style en tout cas bien reconnaissable, flamboyant et parfois bien psychédélique, avec ses figures expressives et une mise en couleur explosive souvent réalisés à l’aérographe (devenu une de ses caractéristiques), l’auteur né à Anderson (Missouri) a fait ses premières armes dans Creepy et Eerie avant d’élargir sa gamme en mettant en images – souvent avec une belle réussite – des récits d’Alan Edgar Poe. Il publie notamment la saga Den, mais aussi Vic & Blood. Il collabore aujourd’hui avec des groupes tels DC/Vertigo, Marvel ou Dark Horse pour The Punisher, Hulk ou encore Hellboy.

Le choix a été apprécié par certains, notamment ceux qui le suivent ou l’ont fait connaître en France, tel Jean-Pierre Dionnet, qui lui avait ouvert les portes de Métal Hurlant. Sollicité pour réagir par le site “pop” du Point, Dionnet estime cette récompense amplement méritée : “Corben, c’est génial, et ça arrive même un peu tard. À l’époque, avec Dionnet, on était comme des fous devant ses planches. Il a inventé la bande dessinée en 3D”. Et sans oublier qu’il est “l’un des derniers survivants de la douce folie qui a envahi la bande dessinée américaine dans les années 1970-1980.”

Un auteur qui nous a fait rêver pour Laurent Lerner (Delirium)

Quant à Laurent Lerner, qui mène une belle politique de réédition d’oeuvres de Corben sous son label Délirium – notamment Esprits des morts avec les histoires de Poe que sa plus récente oeuvre Ragemoor –  il rappelle que  “depuis le début des années 1970, Richard Corben est un auteur qui nous fait rêver et dont l’œuvre, désormais immense, recèle des merveilles qui ont marqué plusieurs générations de lecteurs. Artiste indépendant, sa longue carrière à été ponctuée de nombreux succès critiques et de réalisations devenues cultes.” Et l’éditeur se réjouit de “cette reconnaissance par ses pairs auteurs scénaristes et dessinateurs, merveilleuse  récompense qui couronne une carrière et un talent hors normes, celle d’un artiste indépendant de la bande dessinée.”

Déjà lauréat du Prix du dessinateur étranger à Angoulême en 1976, Richard Corben est désormais le cinquième auteur américain à être récompensé de la sorte au FIBD, après Will Eisner en 1975, Robert Crumb en 1999, Art Spiegelman en 2011 et Bill Watterson en 2014.

Comme le veut la tradition, c’est donc à lui que reviendra le soin de réaliser l’affiche du festival d’Angoulême 2019. Cela promet.

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Corben, Guibert et Ware: le dernier trio en lice pour le Grand prix 2018 d’Angoulême

A l’issu du premier tour de l’élection du Grand Prix 2018 d’Angoulême, qui s’est déroulé du 8 au 13 janvier, trois auteurs ont été retenus, dans la “short list” au sein de laquelle sera désigné le lauréat 2018. Liste éclectique, encore, avec Richard Corben, Chris Ware et Emmanuel Guibert.

Sans polémique pour l’instant – ce qui est étonnant, mais il reste encore une dizaine de jours… – la préparation du prochain Festival international de la bande dessinée d’Angoulême poursuit son cours. Notamment en ce qui concerne sa plus prestigieuse récompense: le Grand prix, saluant l’oeuvre d’un auteur.

Ayant réuni la participation de 1230 autrices et auteurs, le premier tour de scrutin (entre le 8 et le 13 janvier) a vu émerger trois auteurs appelés à concourir au second tour. Un trio incontestablement de qualité, marquant une certaine diversité et à dominante américaine.
Par ordre alphabétique, comme les classe le communiqué du FIBD diffusé cet après-midi, on trouve donc tout d’abord…

Richard Corben.

Né en 1940 dans le Missouri, Corben est la figure la plus “patrimoniale”, à sa manière, du trio.
Ayant débuté dans des magazines underground avant d’être engagé chez Warren Publishing, il va devenir célèbre pour ses illustrations horrifiques et de science-fiction, notamment au sein des magazines Creepy, Eerie et Vampirella.
Son style ultra-réaliste, ses héros musculeux et ses héroïnes pulpeuses ainsi que son utilisation de la couleur à l’aérographe le rendent emblématique de la nouvelle génération d’auteurs indépendants de la scène américaine.  En France, c’est Métal Hurlant qui va le rendre populaire et lui conférer un statut et une aura qui se maintiennent jusqu’à nos jours.
A noter que le label Délirium a ces dernières années réédité une bonne partie de ses oeuvres emblématiques, dans Creepy, Eerie, ses adaptations d’Edgar Poe ou d’autres oeuvres moins connues, comme Ragemoor. Corben collabore aujourd’hui au sommaire de Luke Cage, the Punisher, Hulk ou encore Hellboy.

Emmanuel Guibert

Né en 1964 à Paris, Emmanuel Guibert s’est fait connaître d’entrée par une oeuvre exigeante, Brune, sur la montée du nazisme. Autre oeuvre et série marquante, entre 2000 et 2008, ses albums inspirés par les souvenirs de son ami Alan Ingram Cope, La Guerre d’Alan, l’Enfance d’Alan, Martha et Alan (ed. L’Association). Il poursuit dans cette veine “biographique” avec Le Photographe, d’après des entretiens avec Didier Lefèvre, primé en 2007 à Angoulême.
Auteur à part entière, Emmanuel Guibert est également un scénariste prolifique dans des genres très divers. Il crée avec Joann Sfar Les Olives noires, la délicieuse Fille du professeur mais aussi dans un registre jeunesse (et délirant) la série Sardine de l’espace, ainsi qu’Ariol, avec Marc Boutavant, duquel il a tiré un spectacle pour enfants des plus réjouissants (que l’on avait pu voir l’an passé lors du Festival d’Amiens). Il a été récompensé du prix Goscinny du scénariste en 2017.
Auteur estimable et apprécié, ce n’est pas lui manquer de respect que de noter qu’il apparait un peu en retrait par rapport à ces deux confrères américains de cette année.

Chris Ware

Né en 1967 à Omaha (États-Unis), Chris Ware est devenu un habitué du dernier “tiercé” du Grand Prix d’Angoulême, sans jamais décrocher le prix final !
Publié très jeune dans Raw, l’emblématique revue d’avant-garde d’Art Spiegelman et Françoise Mouly, il entame au début des années 1990 une œuvre d’envergure avec sa série des Acme Novelty, vraie-fausse revue qui va installer les personnages bientôt fameux de l’auteur : Quimby the Mouse, Rusty Brown et surtout Jimmy Corrigan… Depuis vingt-cinq ans, il bâtit une œuvre originale d’auteur, que l’on peut considérer avant-gardiste, qui oscille entre une mélancolie et tristesse et qui a conquis une réputation incontestable auprès bon nombre de professionnels et de critiques de bande dessinée.
Une oeuvre qui, dans la forme aussi, est singulière et innovante. Par son graphisme très reconnaissable, la fabrication soignée de ses albums et leur format atypique, comme l’impressionnant Building Stories, en 2012, coffret regroupant une quinzaine de petits livres de divers formats, tous rattachés entre eux mais pouvant se lire dans n’importe quel ordre.
Déjà récompensé par 28 Harvey Awards et 22 Eisner Awards, Chris Ware est aussi un habitué de ces listes préparatoires au Grand prix d’Angoulême et même du “tiercé final” (comme l’an passé encore). Souvent nommé, jamais gagnant. Cette année encore ?

Le deuxième tour de scrutin s’ouvre ce mercredi 17 janvier (jusqu’au dimanche 21 janvier à minuit), avec les même électeurs potentiels, c’est-à-dire “tout auteur ou autrice de bande dessinée professionnel, quelle que soit sa nationalité, dont les oeuvres sont traduites, en français et diffusées dans l’espace francophone et ayant participé au premier tour“.
Le nom du nouveau Grand Prix sera annoncé le mercredi 24 janvier 2018 lors de la cérémonie d’ouverture de la 45e édition du Festival.
Rappel : les votes plébiscitants des artistes ayant déclaré publiquement leur refus de participer à l’élection des Grands Prix n’ont pas été comptabilisés.

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fantastique Les albums à ne pas rater

Ragemoor, le château fort de Corben

Ragemoor, Richard Corben, Label Delirium, 120 pages, 20 euros.

Le label Délirium de Laurent Lerner poursuit son intelligente et méritoire entreprise d’exhumation de bande dessinée anglo-saxonne. Après avoir débuté par l’excellente Guerre de Charlie (dont le tome 6 arrive en ce mois d’avril), et dans le même style de comics de guerre, le pas mauvais du tout Johnny Red, il a fait redécouvrir les magazines Eerie et Creepy et consacré un volume spécifique aux contributions de Richard Corben à ceux-ci.

Dans la foulée, Delirum sort cette fois une histoire complète et récente de Corben: Ragemoor (toujours dans un grand format, sur un beau papier glacé et assorti d’un dossier comprenant une préface de François Truchaud – directeur éditorial des éditions NéO qui a assuré la traduction –  et un entretien avec l’auteur).

Paru en quatre fascicules chez Dark Horse Comics voilà deux ans, ce récit est un huis-clos enfiévré dans un vieux château, Ragemoor, perché sur une falaise. Herbert, le maître des lieux y vit seul avec son père – devenu fou et errant nu dans les couloirs de la forteresse – et son majordome Bodrick. Lorsque l’oncle d’Herbert et celle qu’il fait passer pour sa fille, Anoria, passent la nuit au château, le fragile équilibre qui régit ce lieu maudit va s’effondrer. Car plus qu’une simple bâtisse, Ragemoor est un être vivant, issu d’une lointaine origine extra-terrestre, édifié au fil de rites païens et désormais peuplé d’une faune de babouins-gardiens et de serviteurs insectoïdes. Herbert, maître mais surtout serviteur du château va être amené à connaître l’indicible dans les tréfonds de l’édifice…