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L’Argentine, de mal en vampires

LaCrampe-couvLa Crampe, Angel Mosquito. Editions Rackham, 80 pages, 17 euros.

Pas facile de survivre dans la banlieue de Buenos Aires en pleine crise financière, en ce début des années 2000. Surtout lorsqu’on est un vampire. Et a fortiori un vampire qui tente de réfréner ses instincts de suceurs de sang en mâchonnant du boudin, au risques de souffrir de méchantes crampes d’estomac.

C’est le cas de Larry, vieux vampire décrépi, qui survit en ramassant des cartons, accompagné de son fils adoptif, Mogul, recueilli lorsqu’il n’était encore qu’un bébé abandonné et qui a fait de lui un vampire. Leur volonté d’intégration à la société humaine va se compliquer lorsque leur acheteur de cartons les largue et qu’ils tentent d’entamer une carrière de voleurs de voitures, réorientation qui, à la suite de diverses mésaventures va les confronter à des flics ripoux, des travelos aguichants, un autre bébé kidnappé par erreur et un grand maître vampire prisonnier du corps d’un ado frustré… Au risque de manquer parfois de sang froid…

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Cost killers en série au Parc Zombillénium

Zombillénium, tome 3 : Control Freaks, Arthur de Pins, éditions Dupuis, 48 pages, 14,50 euros.

Tous ses protagonistes ont beau être morts, les temps changent au parc Zombillénium. Et même le slogan (repris en quatrième de couverture) : “Ici on embauche… pour l’éternité“, est remis en cause. Les gentils résultats obtenus par Francis Von Bloodt, le paternaliste directeur du parc de loisirs monstrueux situé à 10 kilomètres de Valenciennes, ne suffisent plus à Béhémoth, le grand patron. C’est l’heure des restructurations, des cost killers (à prendre ici au sens littéral du terme) avec l’arrivée d’un consultant, un vrai vampire (au sens littéral, là encore), Bohemond Jaggar de Rochambeau, en provenance d’Amérique. Cette fois, il ne suffit plus de faire du chiffre d’affaires, mais de récupérer aussi son lot d’âmes pour le démon. Fini les sentiments, les ambitions de réinsertion sociale, voire de ressources humaines, place au cash, à la pompe à fric…

De quoi casser encore un peu plus l’ambiance parmi un personnel déprimé. La petite sorcière Gretchen désespère de pouvoir retrouver sa mère, expédiée en enfer ; Sirius, le squelette syndicaliste ronge son frein ; Aton, la momie se fait licencier ; Francis est contraint de courber l’échine, sur le point de démissionner et surtout Aurélien, le diable ailé déprime de sa condition de mort-vivant. Et un burn-out chez un démon, ça peut faire du mal.

Arthur de Pins continue à dézinguer joyeusement le monde de l’entreprise et ses clichés avec son allégorie monstrueuse. Ici, il illustre, en paraissant ne pas y toucher, le passage du capitalisme familial d’hier à l’entreprise déshumanisé du capitalisme financier. Il force le trait, de façon jubilatoire, dans ce troisième épisode, avec des dialogues ciselés, jouant sur les mots et le double sens du vocabulaire économique. Et le décalage est toujours aussi réussi entre le style graphique, informatisé et velouté, et ce qu’il décrit. Mais, heureusement, même si les temps sont durs, Zombillénium continue de prodiguer son humour ravageur et de jouer son rôle de divertissement de haute volée !

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Lord Baltimore, un nouveau chasseur de vampires

Lord Baltimore, tome 1: quarantaine, de Mike Mignola, Ben Stenbeck, editions Delcourt, 146 pages, 14,95 euros.

Depuis Van Helsing, les chasseurs de vampires ne manquent pas dans la littérature fantastique. Mais avec Lord Baltimore, Mike Mignola crée un héros résolument singulier.

Alors qu’un étrange fléau – dont on verra qu’il n’est pas totalement étranger – a mis fin à la Première Guerre mondiale, cet ancien officier britannique, rescapé des tranchées, se lance dans une guerre contre les vampires, qui envahissent désormais l’Europe. Une guerre à mort doublée d’une vengeance très personnelle…

Adaptée d’un roman de Mike Mignola, l’oeuvre initiale a subi quelques modifications dans cette adaptation française – dont l’anoblissement du personnage dans le titre. Mais, ignorant de celle-ci, j’ai pris beaucoup de plaisir à celle-là. Sans arrières pensées. Le créateur de HellBoy donne naissance à un personnage à la mythologie forte, avec sa jambe en bois et ses tourments intérieurs. Et le mélange de l’univers gothique originel, (parsemé d’une horde de zombies) avec l’arrière-fond du premier conflit mondial, crée un climat aussi original que séduisant.

La première entrée en scène de Lord Baltimore. Et un bon climax de la série.