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Lecture-spectacle du texte de Charb empêchée à Lille : certains donnent de la voix

L’annonce de la déprogrammation du spectacle tiré de l’ouvrage de Charb Lettre aux escrocs de l’islamophobie qui font le jeu des racistes à Lille le 21 mars fait des vagues. Et Xavier Bertrand se pose en défenseur de la liberté d’expression de la pensée du directeur assassiné de Charlie Hebdo.

Autoportrait de Charb

La Voix du Nord avait en révélé, samedi dernier, que la soirée-lecture avait été annulée par crainte de débordements présumés par la présidence de l’université de Lille. Depuis, les réactions se sont multipliées. C’est ainsi que Raphaël Glucksman, Caroline Fourest, Bernard-Henri Lévy ou l’hebdomadaire Marianne se sont indignés d’une telle censure par couardise. De son côté, la Ligue des droits de l’homme nationale s’est désolidarisée de sa section lilloise (qui s’était opposée à une autre représentation en mai). Des réactions qui, pour certaines, ont pu aussi faire se retourner à plusieurs reprises l’ex-directeur de Charlie hebdo dans sa tombe…

Ce mercredi, nos confrères annoncent que Xavier Bertrand a écrit au président de Lille 2, lui rappelant que « le choix doit être celui du renforcement de la sécurité et pas de la déprogrammation ». Et le président de Région se dit prêt à appuyer toute demande auprès de l’Etat en matière de renforcement de ces mesures de sécurité. De plus, si l’université maintenait sa décision d’annulation, la Région est prête, elle, à mettre à disposition une des salles appartenant à la Région pour que cette pièce puisse être jouée…

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Les albums à ne pas rater livre illustré Non classé

Un “éloge” de la bande dessinée qui laisse sans voix…

L’enfer est pavé de bonnes intentions, c’est connu. Et le Nord célèbre pour les siens (de pavés) en rajoute quelques uns, dans l’édition de ce matin de La Voix du Nord.

Au détour d’un dossier sur les prix littéraires, notre confrère consacre un petit article à l’entame très positive, au nouveau Prix Médicis Essais, attribué cette année à l’auteur, dessinateur et éditeur Frédéric Pajak pour le troisième tome de son Manifeste incertain. Un singulier ouvrage, en effet, ou, poursuivant son évocation de Walter Benjamin, Pajak y entrecroise une évocation du poète américain Ezra Pound, à l’inclination fasciste ; deux être individualistes bousculés par la bourrasque de leur temps et restitués ici, notamment, par des illustrations sombres et expressives de l’auteur.

lavoixdunord-coverNotant ce choix de ces “pairs littéraires”, La Voix du Nord salue donc “une petite révolution sur le chemin vers la reconnaissance, qui va de pair avec une certaine évolution du genre“… Mais il y a apparemment encore du chemin à faire, à lire le quotidien nordiste, qui cite Marjane Satrapi ou le dernier ouvrage de Riad Sattouf (l’autobiographique Arabe du futur... drôle et intéressant mais pas forcément très novateur) : “Autant de thèmes et de styles graphiques qui ont séduit à la fois le grand public et une critique qui réservait la BD au rayon divertissement, quand ce n’était pas à celui des enfants…“. Et ça se termine en apothéose: “La récompense décrochée par Pajak prouve que le dessin n’infantilise pas l’écriture...”
Aussi paternaliste que maladroit éloge, qui laisse quand même un peu sans voix en 2014, après – pour ne citer qu’eux – la description de la Shoah par Art Spiegelman, le travail de BD-reporter d’un Joe Sacco, où les fulgurances créatives de Druillet réinterprétant Salambô.

A tout prendre, ce matin, on préférera l’évocation de la BD par Jean-Luc Mélenchon (à 07:53:36 dans l’interview). Au détour d’une argumentation sur sa dénonciation (idéologique) du jeu Assassin’s creed, l’élu du Parti de Gauche parle des jeux vidéo tels une “forme d’expression artistique, comme l’a été la bande dessinée, autrefois méprisée et aujourd’hui devenu un art”.