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Mon enfance repose sous la neige

    Mon ami Yann Moix m’a demandé, il y a peu, si je souhaitais collaborer à Année Zéro, la revue qu’il est en train de lancer. J’ai bien sûr accepté avec beaucoup de plaisir. Le premier numéro sera consacré à l’un de ses écrivains préférés: André Gide. Je ne suis pas un spécialiste d’André Gide. Tant s’en faut. En revanche, je me suis souvenu qu’adolescent, en classe de cinquième ou de quatrième, j’avais lu avec beaucoup de plaisir La Symphonie pastorale. Notre professeur de français (Mlle Mon voisin ou Mme Dupré; je ne sais plus) avait dû l’inscrire au programme. Comme je le raconte dans le court récit que j’ai soumis à Yann, dès que je mis mon museau de jeune adolescent dans ce roman, j’éprouvais l’impression de fouler un terrain conquis. Un effort de mémoire me ramena une petite dizaine d’années en arrière. J’étais enfant; je devais voir quatre ou cinq ans. Instituteurs à Marizelle, hameau de Bichancourt (Aisne), mes tante et oncle, Paulette et Pierrot, nous avaient invités, mes parents, ma sœur et moi, à déjeuner. C’était l’automne ou le début de l’hiver. Entre deux bouchées, Pierrot ne cessait de tirer sur la Gitane maïs qu’il ne quittait jamais. Après le repas, il nous invita à le suivre afin d’admirer ses Géants des Flandres, des lapins phénoménaux, à la robe rousse et fauve, avec lesquels il raflait tous les concours régionaux. Habituellement, la visite à Marizelle donnait lieu à une traditionnelle partie de pétanque; la saison ne s’y prêtait guère. Alors, vers 16h45, nous nous rassemblâmes dans le salon où, sur une table haute, trônait un énorme poste de télévision. Pierrot l’alluma afin que nous assistassions à la diffusion du film de 5 heures. À l’époque, je n’avais pas retenu le titre de l’œuvre; le nom de son auteur non plus. Je n’en étais pas moins fasciné par les paysages recouverts de neige épaisse, presque gluante et par ce chalet encerclé par une tempête immaculée. Toute cette blancheur contrastait avec la noirceur définitive, inquiétante de la nuit qui s’était abattue sur Marizelle. Et il y avait ce regard perdu, translucide, beau mais inquiétant lui aussi de Gertrude, la jeune aveugle abandonnée qu’un pasteur protestant avait pris sous sa protection pour lui éviter l’asile. Mes yeux d’enfant ne savaient pas que ce film n’était autre que La Symphonie pastorale, de Jean Delannoy, d’après le roman d’André Gide. Gertrude était interprétée par Michèle Morgan; le pasteur, par Pierre Blanchar; Jacques, le fils de ce dernier, par Jean Desailly. La littérature de l’adolescence m’avait ramené vers le cinéma télévisé de l’enfance. Quelques années plus tard, se produira presque la même chose. Serge Boulard, éclairé professeur de français dont j’eus le plaisir de bénéficier des cours en classe de troisième, nous avait invités à livre Le Grand Meaulnes, d’Alain-Fournier. Avec Tintin au Tibet (lu sur mon lit de souffrance, à l’hôpital de Chauny, à la faveur d’une opération de l’appendicite), ce fut là mon deuxième grand coup de foudre littéraire. Un coup de foudre aussi puissant que celui d’Augustin Meaulnes pour Yvonne de Galais. Ce fut au cours de l’été que je me rendis au cinéma de Tergnier, Le Casino, pour assister à la projection du film éponyme, œuvre de Jean-Gabriel Albicocco. Impression étrange. Ce long-métrage avait des relents de substances interdites et des couleurs psychédéliques. Ou, peut-être n’était-ce qu’une impression car je venais de découvrir Sgt. Pepper’s, l’album culte des Beatles, plus imbibé d’acide qu’un buvard de Jerry Garcia. Mais ceci est une autre histoire…

PHILIPPE LACOCHE

 

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Ils vont nous manquer

La carte du fan club de Scorpions que m’avait fait signer Herman Rarebell. (Photos : Philippe Lacoche.)

       L’époque n’est guère réjouissante. Je viens d’apprendre avec peine le décès d’Anne-Marie Adda, talentueuse illustratrice, notamment des couvertures des livres des éditions du Dilettante, l’un de mes tout premiers éditeurs. C’était au début des années 1990. Nous étions quelques jeunes Turcs, soutenus par cette belle maison : le regretté Eric Holder, Vincent Ravalec, Marc-Edouard Nabe, etc. Un peu plus tard, Anna Gavalda nous rejoignit, hissant le Dilettante vers le succès. Grâce à ses couvertures originales, singulières, Anne-Marie rendait nos livres attrayants. Je me souviens que pour mon roman Le Pêcheur de nuages, elle dessina avec une infinie précision des cuillers destinées à capturer les carnassiers. Lorsque je m’étonnais qu’elle connût si bien ce petit matériel très particulier, elle m’avoua tout de go qu’elle adorait s’adonner, elle aussi, à la pêche à la ligne. Repose en paix, chère illustratrice des nuages. Si le décès d’Anne-Marie Adda n’est pas dû au coronavirus, il n’en est pas de même pour celui de Nicky Fasquelle, ancienne directrice du Magazine littéraire. Collaborateur régulier de cette revue au cours des années 1990, je l’ai souvent côtoyée à cette époque. C’était une femme vive, d’une intelligence rare, franche, très directe, folle de littérature. Elle ne mâchait pas ses mots. Et, souvent, son rire étincelant résonnait dans les locaux de la revue, rue des Saints-Pères. Nicky – à l’instar du regretté Jean-Jacques Brochier, rédacteur en chef – rencontra des écrivains majeurs : Roger Vailland, Kléber Haedens, Michel Déon, Jacques Laurent, tous les hussards, et bien d’autres. Dans la dernière livraison de la revue La Règle du Jeu, Yann Moix lui rend un hommage magnifique et très juste. Nicky va nous manquer. Autre victime de cette saleté de coronavirus : le chanteur Christophe. Il incarnait l’élégance même. Contrairement à ce que certains pensent, même ses chansons de l’époque Yé-Yé et des années 1970 («Aline», «Les Mots bleus», «Les Paradis perdus», etc.) n’étaient rien d’autres que de petits bijoux. Leurs mélodies ont marqué à jamais nos mémoires. Dès le début des années 1990, il avait fait montre de son immense talent. En compagnie de mon amie Susie, je l’avais rencontré dans les loges de la Maison de la culture d’Amiens lors d’un de ces concerts. Il s’était montré d’une infinie délicatesse et d’une grande élégance. Tout au long de sa prestation, il n’avait cessé de rendre hommage à son ami Bashung qui nous avait quittés peu de temps avant. Cette pandémie m’en rappelle une autre : celle du VIH dans les années 1980. Nombreux furent les proches, les amis, les connaissances, les collègues qui furent fauchés par ce terrible virus. Je me souviens du critique de rock Claude P., qui, alors travaillait comme attaché de presse dans une maison de disques. Il m’avait accompagné à Strasbourg où je devais interviewer le groupe Scorpions. C’était un garçon discret, cultivé, passionné. Quelques années plus tard, il décédait après avoir contracté le sida. Je pense à lui car j’ai retrouvé, il y a quelques jours, à l’intérieur de mon exemplaire du livre La Dentellière, de Pascal Lainé, la carte de membre du fan club de Scorpions que m’avait fait signer le batteur et chanteur du groupe : Herman Rarebell. Lorsque ce dernier remplissait le document, Claude P. devait se trouver à mes côtés. Il n’avait pas trente ans.

Dimanche 19 avril 2020.

La carte retrouvée à l’intérieur de l’exemplaire de “la dentellière”, roman de Pascal Lainé.
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Lecture confinée : sélection subjective

 

Vous êtes confiné? Profitez-en pour lire. Ci-dessous, une sélection furieusement subjective de mes livres préférés. Nul doute que la guerre terminée, ils vous auront transformé.

* Les particules élementaires, de Michel Houellebecq; J’ai lu. Vous n’avez cessé d’en dire du mal et vous ne l’aviez même pas lu? Grâce au coronavirus, jetez-vous sur ce roman jubilatoire, triste comme une dépression, hérissé d’un humour cynique et charnu comme les fesses des jeunes Allemandes sur les plages nudistes. Un must.

*Adios, de Kléber Haedens; coll. Les Cahiers Rouge; Grasset. Il adorait la corrida, la bonne bouffe, l’alcool et affichait des idées monarchistes. Il détestait le Nouveau Roman. Tout pour plaire. Si Robbe-Grillet et Claude Simon vous sont tombés de mains, lisez ce roman qui fut aussi son dernier, écrit juste après le décès du grand amour de sa vie. C’est terriblement français, déchirant et savoureux comme un bourgueil frais.

* Les poneys sauvages, de Michel Déon; Folio.L’un des plus beaux romans de la littérature française du XXe siècle. La plume délicate du regretté Michel Déon nous prend par la main et ne nous la lâche plus. La deuxième guerre y est omniprésente; l’amitié et l’amour aussi. Un grand et gros roman qui vous fera regretter le monde d’avant.

* Anissa Corto, de Yann Moix; Livre de poche.Même réflexions qu’à propos de Houellebecq. Yann Moix est un provocateur, un bretteur. C’est aussi un garçon sensible, un amoureux éternel et surtout, surtout, un sacré romancier. Annisa Corto est certainement ce qu’il a réussi de mieux. C’est rare, un type qui sait si bien dire «je t’aime» à une fille.PHILIPPE LACOCHE

 

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Une araignée au plafond des toilettes du confiné

J’en entends déjà d’ici qui rigolent: «Le marquis, il voit tellement d’araignées qu’il les met en photo! Il doit aussi en avoir une au plafond. Il faudrait qu’il arrête d’aller au Bistrot Saint-Germain et de descendre des verres de Cadette…» Les gens sont méchants. Au Saint-Germain, à mon grand dam, je n’y vais plus, confinement oblige. Oui, lectrice adorée, convoitée, soumise et possédée, je suis confiné à cause de cette saloperie de coronavirus. Mon cher Courrier picard a pitié des vieux comme moi; alors, il a eu l’amabilité de m’initier au télétravail. Quel bonheur! Je suis en train taper cette chronique dans ma cuisine, en face d’un meuble en pin contenant mes livres de cuisine et un vieux faitout dans lequel je continue à cuisiner le pot-au-feu du dimanche à ma petite fiancée. C’est bon de bosser chez soi. Le journaliste que je suis a la curieuse impression de redevenir l’écrivain que je suis quelques fois.

Mon cher et regretté chat Wi-Fi. Photo : Philippe Lacoche.
Blaise Cendrars.
Roger Vailland.
Le faucheux. Photo : Philippe Lacoche.

Il ne manque plus qu’un chat ronronnant à mes côtés. Un chat: je pense à mon cher Wi-Fi qui m’a quitté il y a quelques années et qui aurait été de faire chauffer sa douce panse de matou sur le système d’aération de mon ordinateur. Confiné, oui, je suis. À cause de mon grand âge. De l’usure aussi. Je ne plains pas. À vouloir faire le jeune homme dans les clubs enfumés jusque pas d’heure, à courir après les poulettes qui courent bien plus vite que moi, voilà ce qui arrive… Un vieux qui a vécu, c’est fragile. C’est la vie. Confiné, je lis; je relis. (Je me replonge dans mes auteurs préférés: Blaise Cendrars, Roger Vailland, Pierre Mac Orlan, Patrick Modiano, Kléber Haedens, Michel Houellebecq, Patrick Besson, Éric Neuhoff, Jean-Marie Rouart, Yann Moix, etc.) Je téléphone aux amis que je n’ai jamais le temps d’appeler. J’observe mon jardin, les fleurs et les oiseaux qui le peuplent. Et je contemple les bestioles qui résident dans ma maison. Exemple: ce faucheux (opiliones pour les érudits) qui avait établi, il y a peu, son domicile dans mes toilettes. Tous les matins, quand j’allais pisser, je lui disais bonjour. J’avais la curieuse impression qu’il me répondait. En tout cas qu’il s’était habitué à moi car, le jour de notre première rencontre, il tremblait de tous ces frêles membres. Et au fur et à mesure de mes visites, il ne tremblait plus du tout. Je crois même qu’il me regardait avec ses petits yeux malicieux. Depuis deux jours, je ne le vois plus. Je m’inquiète. Aurait-il été victime du conoravirus? Avec l’âge, je deviens bouddhiste. Il m’est impossible d’écraser une bestiole. Même les moins agréables. Les grosses araignées poilues, je les laisse tomber dans un verre (ou je les attrape délicatement avec un morceau de Sopalin – Société du papier-linge) et je les remets dans le jardin. Enfin, je tiens à prévenir les pangolins et les chauves-souris qu’ils ne sont pas forcément les bienvenus dans ma maison. Ce serait à cause d’eux, paraît-il, que le monde entier est emmerdé. Il ne faut pas exagérer quand même…

Dimanche 22 mars 2020.

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Les mauvais coups

Laissons les polémiques. « Orléans », de Yann Moix, est un livre sublime.

Yann Moix. Paris. Octobre 2019. Photo : Philippe Lacoche.

Le père me regarda longuement, haussa les épaules et referma la lourde porte sur moi sans prononcer un mot. La gifle fut immense; je me promis qu’un jour, quand je saurais écrire la vérité dans sa simplicité nue, je la dirais dans un roman d’humiliation comme il existe des romans d’initiation.» C’est chose faite. Laissons là, quelques instants les polémiques, les jugements à l’emporte-pièce, hâtifs comme des éjaculations sans joie, pour nous consacrer à l’oeuvre. A l’oeuvre brute; au roman. Car, avec Orléans, c’est bien un roman qu’a écrit Yann Moix. Et ce roman, d’un point de vue purement littéraire, développe une force inouïe d’écriture, d’intensité. Il est bouleversant.

«L’enfant soigne ses plaies aux onguents de la littératureil dévore les livres de Péguy et de Gide.»

Réalité? Exagération? Fiction? Là n’est pas l’important. Les polémiques passeront; restera l’oeuvre, cet objet de mots, de sentiments, de sensibilité immense, de blessures, de souillures. Orléans restera pour longtemps (pour toujours?) un sublime roman. Aussi puissant que Le voyage au bout de la nuit de cette vieille crapule sans coeur de Céline.

Le narrateur, un très jeune garçon, raconte les sévices, les coups, les humiliations que lui infligent ses parents; il en prend pour son grade. Le père est violent; la mère, injurieuse, rapporteuse, se borne à ne croire que les versions du petit frère. «Je rentrai tout couvert de nuit. J’avais pleuré sur le trajet dangereux. Ma mère finissait de faire le ménage, de nettoyer la buanderie, de remplir le lave-vaisselle. Mon père, dont je m’enquérais régulièrement auprès de sa femme de la date à laquelle il consentirait enfin à mourir, était encore au travail – son cabinet était si à quelques mètres de notre domicile.» Un peu plus loin, le gamin prend une monstrueuse raclée parce qu’il a renversé son yaourt sur le carrelage. Un carrelage, ça se nettoie; la sensibilité d’un enfant tabassé, ça garde à jamais des taches de tristesse. On le tire par les cheveux. Du père, il revoit «nettement sa bave écumante et son poing levé à la façon d’un singe. Une fois seul et absorbé par l’obscurité de ma chambre, j’imaginai que les deux abominables créatures qui me nourrissaient et m’emmenaient à l’école flottaient dans une mare de sang violet. Puis je pensais à des voiliers.» Pour le punir, on l’abandonne en forêt; il y a aussi les coups de rallonge électrique. L’enfant soigne ses plaies aux onguents de la littérature; il dévore les livres de Péguy et de Gide. Le géniteur traite ce dernier de pédé. Le petit animal craintif ne comprend pas.

Des détails de ce genre, ce roman en contient des dizaines. Des plus horribles aussi, sordides, scatologiques. La beauté de l’écriture du romancier Yann Moix, au final, les feraient presque oublier. On est pris, emporté, ému aux larmes. Ce livre est aussi beau que les tortures endurées par le petit narrateur sont laides. Ce roman est essentiel comme ces phrases : «J’aimais le soleil. J’aimais la pluie. J’aimais chaque nuage. J’aimais les arbres et les buissons de la cour. Mes «parents» m’eussent tué sur le coup s’ils l’avaient appris : mais je crois bien que j’aimais la vie.»

Yann Moix, il y a un an, à Paris, à la faveur de l’interview accordée au Courrier picard et à L’Express. Photo : Philippe Lacoche.

PHILIPPE LACOCHE

Orléans, Yann Moix, Grasset, 262 p. ; 19 €.

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   Michel Houellebecq se renouvelle

Et son «Sérotonine» est carrément génial. On vous explique pourquoi.

Michel Houellebecq. Photo : Philippe Matsas.

Il y a trois romanciers, en France, dont on attend toujours les derniers livres avec une brûlante impatience: Patrick Modiano, Yann Moix et Michel Houellebecq. Autre point commun: ils engendrent la discussion, nourrissent le débat. Bref: on les aime ou on les déteste.

«Le talent procure

du plaisir, du désir

et  fait jouir; le génie invite à la réflexion,

à la discussion.»

On leur pardonne tout; ou ils agacent. Au premier, il est reproché, depuis La Place de l’Étoile, d’écrire toujours le même livre. Au deuxième, la vox populi conspue sa liberté de langage et ses engagements jugés provocateurs. Chez le troisième, ce sont sa dépression, sa réaction lucide et ses propos non politiquement corrects qui peuvent révulser. Bref: Modiano, Moix et Houellebecq font autant de bruit dans les couloirs littéraires que leurs prestigieux aînés Céline, Léon Bloy et Jean-Paul Sartre. Comme eux, ils n’ont pas seulement du talent; ils détiennent du génie. Le talent procure du plaisir, du désir et fait jouir; le génie invite à la réflexion, à la discussion. Parfois à la révolte. Toute la différence est là.

Différent

Cette longue introduction pour affirmer haut et fort que Sérotonine, le dernier opus de Michel Houellebecq, est carrément génial. D’abord, au niveau du style, il se paie le luxe d’être différent. Jusqu’ici, le créateur d’Extension du domaine de la lutte nous avait habitué à une écriture terriblement efficace mais relativement blanche. Phrases courtes. Point; point virgule. Peu de relatives. Ici, comme s’il se fut trouvé sous l’effet de la sérotonine, cette molécule du bonheur, il donne dans le presque baroque: longues phrases quasi proustiennes, répétitions voulues dignes d’Eugène Green ou des thèmes musicaux du rock progressif des seventies (Van der Graaf Generator, King Crimson, Backdenkel). Nous sommes loin des tonalités à la Simenon ou à la Bove. Autre nouveauté: l’humour (qu’il a toujours eu) est ici décuplé, tout comme est décuplée la désespérance. Il nous avait habitués au gris; le voici qui trempe sa plume dans le noir soulagien cafardeux et dans le blanc franc hilarant. Seuls ses thèmes de prédilection, ici, ne varient pas. L’histoire qu’il nous contre s’inscrit en grande partie dans la Manche où Michel Thomas (son vrai nom) passa son enfance, élevé par grand-mère, Mme Houellebecq (il reprit son nom de famille pour lui rendre hommage). Il y conte, lui l’ancien étudiant d’Agro (après avoir suivi une prépa scientifique), les souffrances du monde agricole et des agriculteurs «propres», broyés par un capitalisme furieux, putride, indéfendable. Les imbéciles, qui ont vu en Houellebecq un écrivain de droite, se sont mis le doigt dans l’œil. Ses analyses, souvent, frôlent le marxisme. En tout cas, elles dénoncent et bousillent l’infect ultralibéralisme. La colère de son copain agriculteur qui, avec sa bande de vaincus, bloquent l’autoroute A 13 (comme eussent pu le faire nos chers Gilets jaunes) est salvatrice; elle – la colère – est terrible, atroce, brutale, violente, mais elle fait un bien fou. Ce que les Gilets ruraux de Houellebecq bloquent ce n’est pas seulement une autoroute, c’est aussi et surtout un type de société. Oui, ils pensent que le capitalisme ne génère qu’inquiétude, angoisse et incertitude. Oui, pensent-ils (et Michel avec eux): ça suffit! Au chapitre de la nouveauté, il y a aussi cette volonté de mettre en avant l’action commune, et de louer les bienfaits de l’amitié, même si celle-ci, tout comme l’amour (mais à cela il nous avait habitués), conduit au malheur, aux larmes, à la peine. On n’allait tout de même pas demander à Houellebecq de chanter les mélodies du rossignol chauve et moine bouddhiste Matthieu Ricard.

PHILIPPE LACOCHE

Sérotonine, Michel Houellebecq; Flammarion; 348 p.; 22 €.

 

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La rupture est une malédiction

 Dans «Rompre», brûlot plein de soufre et de souffrance, Yann Moix ne cesse de le répéter.

Yann Moix, photographié à Pars il y a quelques mois. Photo : Philippe Lacoche.

Mais quand finira-t-on, une bonne fois pour toutes, par ficher la paix à Yann Moix? Ici, la Vox populi l’accuse d’être responsable de la mort épouvantable et regrettable d’une fonctionnaire de police exemplaire et courageuse, au bout du rouleau, maltraitée par des gouvernants qui préfèrent enrichir les plus riches plutôt que de donner des moyens et des effectifs suffisants à leurs services publics.

«Ces ayatollahs

du féminisme desservent la cause d’un féminisme authentique

et salvateur»

Un peu plus, tard, des féministes hystériques, manières de Kate Millet du XXIe siècle, qui lui reprochent d’avoir reconnu qu’il préférait les jeunes femmes aux dames un peu plus mûres. En quoi cela est-il répréhensible, honteux, dégueulasse? Il n’a insulté personne. Ça n’engage que lui; il a le droit de le penser, de le dire, merde à la fin! Foutez-lui la paix! Les dames de plus de cinquante ans, épanouies, charmantes, délicieuses, sensuelles comme des pêches de vigne, délurées et pleines d’expérience se sont tues; elles ont bien rigolé, elles, les comblées, respectant ce que le citoyen Moix disait. Elles se marraient en contemplant les autres harpies vociférer, s’énerver, s’exciter. Ces ayatollahs du féminisme desservent la cause d’un féminisme authentique et salvateur qui, pourtant, mérite, en ces terribles époques, de mener ses combats à bon port. Voilà, c’est dit. Point barre. Qu’on fiche la paix à Yann Moix! De plus, c’est l’un de nos meilleurs écrivains, si ce n’est le meilleur. En tout cas, l’un des plus sincères, les plus précis, les plus libres. Son Rompre, brûlot plein de soufre, de souffrance et de charme, est, avec Sérotonine, de Michel Houellebecq, le meilleur roman de ce début d’année. Sa construction d’abord. Yann Moix invente le journaliste Gaspard Lenoir qui a pour mission de l’interviewer. Il déroulera son roman sous forme d’une longue interview questions-réponses. La première question du Gaspard résume bien l’esprit de l’opus: «Ça n’a pas l’air d’aller.» C’est peu de le dire. Yann s’est fait larguer le samedi 16 septembre 2017, vers 15 heures. Elle est partie avec son professeur de yoga. Et comme il l’écrit: «(…) il existe trois types d’hommes qui excluent que vous récupériez un jour la femme que vous aimez: les chefs opérateurs, les psychanalystes et les yogis.» Il sait donc que c’est plié. Et il souffre. Il n’avait pas besoin de ça. En matière de souffrance, enfant, il a donné, martyrisé par des parents qui, c’eût été aujourd’hui, se seraient retrouvés devant un tribunal de grande instance. Il ne mâche pas ses mots; page 80: «La rupture est une malédiction.» Ça ne l’empêche pas d’être drôle et d’écrire comme un prince. Exemple, cette phrase: «Être séparés pour toujours reste une manière d’être ensemble à jamais.» Une phrase comme ça, ce n’est pas seulement une formule; c’est celle d’un immense écrivain. Alors oui, ils sont assez rares les immenses écrivains, pour, qu’une bonne fois pour toutes, on leur fiche la paix. PHILIPPE LACOCHE

Rompre, Yann Moix, Grasset; 108 p.; 13 €.

 

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Yann Moix estime que Gérard Collomb lui a décerné la Légion d’honneur

Photo : Philippe Lacoche
Yann Moix photographie à la terrasse à Paris en octobre 2018.

L’écrivain estime qu’en portant plainte contre lui, le ministre lui décerne une sorte de Légion d’Honneur. Il s’en explique.

Jeudi, Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur, a porté plainte contre vous. Que pensez-vous de cela?

Je le remercie de m’offrir une célébrité nationale, car je crois que la dernière fois qu’un ministre a porté plainte contre un écrivain, ça remonte à très loin. Il a parfaitement droit de le faire, mais dans un état de droit, dans cet état de droit, j’eusse aimé que le ministère de l’Intérieur ne donne pas des ordres de frapper des enfants (je parle des exilés, à Calais), de les laisser matraquer et gazer, alors que ce sont des gens innocents et inoffensifs. Donc, je trouve parfaitement légitime qu’un ministre porte plainte contre un écrivain; par ce fait, il me décerne une sorte de Légion d’honneur. Cette plainte, je la respecte. Mais j’aimerais que lui, dans cet état de droit, respecte les conventions internationales et, surtout, ce qui fait la fierté de la France: les droits de l’Homme. Or, en tant que témoin, j’ai vu qu’à Calais, envers les migrants, ces droits de l’Homme ne sont pas respectés, et je l’en tiens pour entièrement responsable.

«Je me suis énormément déçu en employant cette formule.»

Regrettez-vous vos propos?

Je n’aime pas les gros mots. Je me suis énormément déçu en employant cette formule… Enfin, il y a eu des précédents; quand Houellebecq dit que «l’Islam est la religion la plus conne du monde», ou que «les féministes sont de gentilles connes». La grossièreté, paradoxalement, fait partie du langage des écrivains. Mais, c’est quelque chose que, personnellement, je n’aime pas: ni proférer, ni entendre. Je trouve que la nuance (on assiste tous les jours, dans notre société, à la mort de la nuance) s’exprime moins bien par des insanités. La toute première chose que je regrette dans cette histoire (il y en a d’autres que je peux regretter), c’est la formulation ordurière des propos. Ça me déçoit. Là, c’est sur la forme. On peut avoir tort sur la forme et ne pas avoir complètement tort sur le fond. Là, j’ai voulu dire plusieurs choses. D’abord, ce n’est pas moi qui suis venu dire que les policiers avaient peur; c’est un journaliste qui a écrit un livre sur le sujet, La Peur a changé de camp (de Frédéric Ploquin, chez Albin Michel, septembre 2018). Je n’ai fait que reprendre ce qu’une policière était venue dire sur le plateau: «Nous avons peur.» Ce qui m’a gêné c’est la chose suivante: d’abord, je trouve que, stratégiquement, c’est contre-productif de venir dire à la télévision, quand on est policier, qu’on a peur des banlieues. Parce que le message qu’on envoie aux banlieues, c’est un message de faiblesse. Je repense à la phrase de Nietzsche: «La faiblesse attise la haine.» Donc pour attiser la haine dans les banlieues, il suffit de dire on a peur; ce n’est pas bien de dire ça. La deuxième chose que je voulais dire – et c’est là que je n’aurais pas dû généraliser; mais je ne sais même pas si j’ai généralisé dans le débat; je ne parlais qu’à une seule femme – nous avons tous assisté en France à des répressions de faits mineurs (quatre ou cinq policiers autour d’une personne totalement inoffensive; je trouve disproportionné), et parfois, on assiste à des situations un petit peu dangereuses devant lesquelles on ne peut pas dire que la police fait preuve de beaucoup de zèle. C’est cela que j’ai voulu dénoncer. Mon tort est dans la forme mais aussi dans le fond car la généralisation n’apporte jamais d’intelligence à un propos. Et je sais très bien que beaucoup de policiers font très bien leur travail. J’ai parmi mes amis de très grands flics. Mais on vit dans une société où la moindre phrase est arrachée de son contexte. Elle est passée dans la lessiveuse médiatique; il y a un effet de feedback qui fait que la machine s’auto-entretient; et ce qu’on essaie de faire, c’est de tuer quelqu’un qui a une exposition médiatique trop importante. On veut faire taire un type qu’on a trop vu. Un écrivain qu’on jalouse. Quelqu’un de libre. En fait, ce qu’on m’envie le plus, c’est ma liberté. Je n’ai pas peur de perdre mes boulots; je suis viscéralement un écrivain. Quand je veux visiter un pays, j’y vais; quand je veux rencontrer quelqu’un, je le rencontre. La seule chose qui me fasse peur dans la vie, ce sont la mort et les chagrins d’amour.

Face à la plainte de Gérard Collomb, allez-vous contre-attaquer?

Non, je ne vais rien faire. J’ai fait un film pour montrer quelles étaient les violences policières. Tout le monde me dit que ça ne prouve rien: mais ils sont fous! On s’habitue tellement à la violence… Les images contenues dans mon film je les juge IN-SOU-TE-NABLES. Sachant que l’on voit des jeunes se faire gazer et ce ne sont pas eux qui se sont gazés tous seuls. J’ai écrit un livre qui s’appelle Dehors, dans lequel je montre en quelle manière l’État français est inique et brutal dans ce dossier. L’impuissance par laquelle j’ai du mal à faire passer le message que l’État français est un état inique, brutal, violent auprès de ces jeunes… L’impuissance littéraire, l’impuissance cinématographique font que cette impuissance est passée par l’épisode de colère chez Ardisson. Cette virulence, cet excès et même ce côté injuste que j’ai utilisés, tout cela était le fruit d’une colère sourde qui n’arrive pas à se faire entendre.

Comment est né votre engagement total, presque viscéral, aux côtés des migrants?

J’étais à Séoul pour faire un film que je tourne depuis six ans sur la Corée du Sud et la Corée du Nord; je rencontre là-bas un producteur qui me dit: «Ça me plairait bien de produire ton film sur la Corée.Oui, mais est-ce que ça t’intéresserait également d’aller voir un ailleurs qui se situe en France?» Il me dit que c’est Calais. Je lui dis que comme la jungle a été démantelée, c’est trop tard. Il me dit: «Tu te trompes; c’est maintenant que la jungle est démantelée que tout commence parce qu’à l’époque de la jungle, ils avaient un endroit où aller; aujourd’hui, à chaque fois qu’ils se posent dans un coin, on les oblige à dégager. Et la manière dont on les fait aller d’un point A à un point B, est une violence hallucinante.» Je dois dire qu’en y allant, j’avais confiance dans les forces de l’ordre; j’avoue qu’après avoir passé non pas quinze jours comme je l’entends, mais un an sur le terrain à Calais, je peux dire que les violences policières que j’ai vues, je ne les ai pas inventées. Je les ai vues et je les ai filmées. J’ai, avec moi, des témoignages que j’ai enregistrés, que je n’ai pas utilisés, notamment des conversations téléphoniques en off, conversations avec policiers, des CRS, qui font vraiment état de violences policières qui, personnellement, m’ont traumatisé, et me sont insupportables en tant que citoyen. Pour moi la République française n’est pas habilitée à frapper de manière disproportionnée sur des gens qui ne peuvent pas se défendre.

Avez-vous l’impression que cette violence s’est accrue depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron, ou cela n’a-t-il rien à voir?

Oui. Il y a une dégradation des conditions depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron. C’est plus violent que cela n’était sous la présidence de son prédécesseur.

Propos recueillis par PHILIPPE LACOCHE

 

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Littérature

Les coups de coeur du marquis…

Une nouvelle lecture de Yann Moix

Euphémisme de dire que Virginie Le Gallo (née le 24 juin 1978; libraire depuis douze ans, actuellement responsable du rayon littérature française de la Fnac Montparnasse) aime Yann Moix. Elle l’adore: il la fascine. Ce n’est pas forcément bon quand on se risque à écrire un essai sur l’objet de son désir. Il arrive que l’adorateur tombe dans l’hagiographie béate. Là: point de cela. Virginie Le Gallo joue le jeu; elle dit tout le bien qu’elle pense de l’œuvre, détient assez de goût pour défendre l’un des livres majeurs du grand romancier, Anissa Corto, dévoile sa fascination pour le personnage. Et la magie littéraire opère. Au final, en parlant d’elle, de son cheminement, de ses attentes de fan énamourée, de ses rendez-vous manqués avec l’Orléanais, elle ne se ménage pas. (Comme Moix ne se ménage jamais.) Elle remporte ainsi la partie et nous donne un texte vif, très bien écrit, amusant et personnel. Vivement recommandé. PHILIPPE LACOCHE

Yann Moix, Virginie Le Gallo; Nouvelles Lectures (www.nouvellelectures.fr); coll. Duetto. 24 p.

 

Angle droit

Margaux Chikaoui, 21 ans, étudiante en droit, secrétaire générale de Terra Nova Étudiants, chroniqueuse pour une web radio étudiante, signe, avec Au nom de la mère, non pas un premier roman (genre fortement médiatisé depuis une dizaine d’années), mais un premier récit (genre qui l’est beaucoup moins, donc prise de risques). Car, normalement, le genre récit implique de coller à la réalité d’une expérience, d’une vie. Point de fiction: des faits. Que nous confie-t-elle? Margaux est une fille sans père, résultat d’une aventure extraconjugale entre une jeune femme de milieu populaire et un procureur influent. Au cours de l’adolescence, elle finira par faire la connaissance de son père. L’enfant illégitime deviendra adorée. Elle se construira au sein de l’univers judiciaire parternel et entreprendra des études de droit. «Un récit d’une candeur explosée, à la limite de l’autofiction», estime l’éditeur. Intéressant. Ph.L.

Au nom de la mère, Margaux Chikaoui; Michalon; 160 p.; 15 €.

Yann Moix.

 

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Dessous chics Non classé

La page 112 des Liaisons dangereuses

      Le Prix de la page 112 est une distinction littéraire qui ne manque pas d’originalité. Créé par l’éditrice, traductrice et critique littéraire Claire Debru, et dénommé ainsi pour rendre hommage à une réplique de Woody Allen dans Hannah et ses sœurs, il a été remis, il y a quelques jours, au primo-romancier de 70 ans Dominique Rameau pour son roman Sanglier, paru en janvier aux éditions José Corti. Il faisait doux. La soirée était belle; la lumière aussi. Je me suis dirigé vers la gare SNCF pour assister à la remise de cette cinquième édition; elle se déroulait au restaurant Roger la grenouille, 28, rue des Grands-Augustins, dans le XIe arrondissement, à Paris. Je répondais ainsi à l’invitation de mon ami Alain Paucard qui devait, lui aussi, s’y rendre. Et parmi les dix livres sélectionnés se trouvaient ceux de mes copains Jérôme Leroy (pour Un peu tard dans la saison, La Table ronde) et Yann Moix (Terreur, Grasset) avec lesquels je comptais bien trinquer. Jérôme – qui manqua le fameux prix d’une voix: 6 pour Rameau contre 5 pour lui) n’était pas présent; Yann non plus. En revanche, l’ensemble du jury avait fait le déplacement, dont le juré mystère, Bernard Cerquiglini, linguiste éminent, invité par Marcel Bénabou, écrivain et historien, membre de l’Ouvroir de littérature potentielle (OuLiPo). Dominique Rameau s’est vu remettre un chèque de 1200 €, un magnum de Bourgogne et la page 112 de son ouvrage encadrée. Tout cela ne manque pas de panache. Selon les jurés conquis, son roman non plus. Il raconte la vie de Sybille qui, un beau jour, se retrouve dans le Morvan. Elle est seule, paumée, et finit par s’établir dans une maison qui lui a été prêtée. Elle découvrira une nature qui, jusqu’ici, lui était méconnue, et des personnages hauts en couleur. Au cours de la remise du prix, l’ambiance était conviviale et bon enfant. Je discutai avec François Taillandier, croisai Dominique Noguez, m’enthousiasmai avec un ancien collaborateur de notre chère et regrettée revue Immédiatement, si folle, si libre, si impertinente dans laquelle j’écrivais avec un immense plaisir, évoquai quelques souvenirs du Dilettante (éditeur chez lequel nous avions effectué nos premiers pas), avec l’écrivain Bruno Tessarech. Et fis la connaissance de la charmante Claire Debru. Nous trinquâmes fraternellement avec Alain Paucard et avec son pote Francis, talentueux saxophoniste qui a accompagné les plus grands: de Claude Nougaro et Cab Calloway. L’ambiance n’eût pas déplu à Pierre Choderlos de Laclos. Ses Liaisons dangereuses ont justement été lues par Elsa Lepoivre et Denis Podalydès, de la Comédie française, et Marcel Bozonnet, à la Maison de la culture d’Amiens, à l’occasion des 60 ans de la librairie Martelle. Quel bonheur ce fut de (re)découvrir la langue superbe de L

De gauche à droite : Françoise Gaudefroy, Gilbert Fillinger, Denis Podalydès, Elsa Lepoivre, Marcel Bozonnet et Anne Martelle.

aclos, écrivain exceptionnel! Nombreux furent ceux, ce soir-là, qui se demandèrent pourquoi Amiens, où il est né en 1741, ne lui a jamais rendu un hommage digne de son talent. Mystère.

                                                 Dimanche 9 avril 2017.